Bilan

Travail.Suisse demande quatre semaines de congé paternité

Pour correspondre à l'évolution de la société, Travail.Suisse exige l'instauration d'un congé paternité de quatre semaines en Suisse.

"Les pères sont de plus en plus conscients de la nécessité d'être présents dès la naissance" de leur enfant, a rappelé jeudi devant les médias Matthias Kuert Killer, en charge de la politique sociale chez Travail.Suisse.

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Travail.Suisse exige l'instauration d'un congé paternité de quatre semaines en Suisse. Selon l'organisation faîtière syndicale, les quelques jours très variables accordés actuellement au gré des employeurs privés et publics ne correspondent plus à l'évolution de la société.

"Les pères sont de plus en plus conscients de la nécessité d'être présents dès la naissance" de leur enfant, a rappelé jeudi devant les médias Matthias Kuert Killer, en charge de la politique sociale chez Travail.Suisse. Actuellement, ceux qui choisissent de rester quelque temps à la maison "doivent puiser dans leurs vacances ou, en cas de congé non payé, dans leur budget familial".

Dans les faits, une étude menée par la faîtière montre que le secteur public accorde aux jeunes pères un congé payé oscillant entre deux et dix jours, le secteur privé un à deux jours. La proposition présentée jeudi prévoit de le faire passer à 20 jours, qui pourraient être répartis sur l'année suivant la naissance.

UN TREMPLIN VERS LE TEMPS PARTIEL

Il serait par exemple possible aux papas de réduire durant 20 semaines leur temps de travail de 20%. "Cela soulagerait aussi les mères durant la période transitoire qui suit leur congé maternité", a précisé M. Kuert Killer. Et d'évoquer le poids que constitue le retour à la vie professionnelle et le placement progressif de l'enfant dans une crèche.

Selon Travail.Suisse, la solution des 20% répartis sur 20 semaines est d'autant plus judicieuse qu'elle pourrait convertir davantage d'hommes au temps partiel. "Aujourd'hui, il existe encore un certain blocage - des pères et des entreprises - face à cette forme de travail", a souligné le syndicaliste.

Afin que toutes les sociétés, et en particulier les PME (petites et moyennes entreprises), puissent se permettre d'accorder un congé paternité, celui-ci doit être financé par les allocations pour perte de gain (APG), affirme Travail.Suisse. Comme c'est le cas pour le congé maternité, un taux de remplacement de salaire de 80% serait appliqué.

DES REVENUS EN HAUSSE

L'automne dernier, le Conseil fédéral a fait étudier cette proposition. Bilan: il en coûterait 384 mio CHF par an. Travail.Suisse ne se laisse pas démonter par la somme. "Certes, cela n'est pas gratuit. Mais cela ne correspond qu'à 0,1 pour cent de la masse salariale en Suisse", note Matthias Kuert Killer.

La faîtière estime que l'introduction d'un congé paternité de 20 semaines n'engendrerait qu'une augmentation minime, voire aucune augmentation, des cotisations dues à l'APG. En effet, les comptes de ces dernières affichent actuellement un excédent (148 mio CHF en 2013). Par ailleurs, les APG disposent de fonds propres atteignant 800 mio CHF.

Troisième argument de Travail.Suisse: le nombre de jours de service militaire ayant fortement diminué, il faut compter avec des excédents en forte hausse ces prochaines années. D'après le scénario médian du Conseil fédéral, le capital des APG va ainsi grimper à 3,5 mrd CHF d'ici 2025. "Par conséquent, un congé paternité de quatre semaines est déjà financé en grande partie à moyen, voire à long terme", conclut le syndicaliste.

Les syndicalistes se battent depuis 2007 pour un congé paternité de 20 jours. Selon eux, l'idée fait son chemin dans les esprits et récolte de plus en plus d'opinions favorables. Au Parlement fédéral, deux textes relatifs à cette thématique ont d'ailleurs été déposés au cours de la session de printemps.

L'initiative présentée par le conseiller national grison Martin Candinas (PDC) est considéré par Travail.Suisse comme un pas dans la bonne direction. Elle préconise un congé paternité de deux semaines, financé par les APG.

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