Bilan

Travail.Suisse demande une augmentation des salaires

Le syndicat Travail.Suisse estime que les salariés ont aidé le pays à surmonter la crise. Le groupement observe une évolution favorable de la pandémie et une forte reprise économique permettant une augmentation des salaires.

Pour Travail.Suisse, les salariés méritent d'être récompensés pour "leur dévouement et flexibilité au prix de pertes de revenus" subies lors de la pandémie mondiale.

Crédits: AFP

Le groupement Travail.Suisse observe jeudi dans un communiqué que les salariés ont largement contribué à l'évolution favorable de la pandémie. Il explique que la baisse du nombre de cas d'infection et l'augmentation rapide du taux de vaccination ont permis ces derniers mois de mener une stratégie d'ouverture qui a nettement amélioré la situation économique.

En effet, les prévisions conjoncturelles du Seco tablent, pour l'année en cours, sur une croissance du PIB de 3,6%. Le fléchissement économique de l'année dernière dû à la pandémie serait ainsi plus que compensé.

"Grâce au dévouement exceptionnel et à la grande flexibilité dont ils ont fait preuve, mais au prix des pertes de revenus qu'ils ont subies, les salarié-e-s ont aidé le pays à surmonter la crise: il est temps de les faire participer à la reprise en augmentant leurs salaires", demande Gabriel Fischer, responsable de la politique économique auprès de l'organisation faîtière des travailleurs.

Pas de revendications générales

La situation économique est favorable, mais elle varie d'une branche et d'une entreprise à l'autre. Des revendications salariales générales ne sont pas indiquées et une vision différenciée s'impose plus que jamais. Pour les fédérations de Travail.Suisse, les négociations salariales de cet automne représentent un défi de taille.


Parmi les secteurs les plus atteints par les restrictions Covid : la restauration-hôtellerie. "Les augmentations de salaire seront rares ici. Nous ne pouvons qu'espérer que la branche sortira plus forte de la crise après l'assainissement structurel qui a lieu en ce moment, pour que graduellement les salaires et les conditions de travail puissent s'améliorer", explique Urs Masshardt, le directeur d'Hotel & Gastro Union.

Dans d'autres secteurs, en revanche, des hausses de salaires sont possibles et nécessaires. Celui de la construction est sorti largement indemne de la crise, et l'industrie a déjà en grande partie récupéré.

3 à 4% dans la santé et la vente

Cette reprise permettrait d'effectuer des ajustements structurels négligés dans certaines branches. "Dans le domaine de la santé, la pénurie de main-d'œuvre qualifiée est aiguë et les salaires stagnent trop depuis des années. Quant au commerce de détail, les salaires y sont chroniquement trop bas depuis longtemps", constate Mathias Regotz, responsable de la politique d'intérêts et contractuelle au syndicat Syna. "Des augmentations salariales de 3 à 4 % sont obligatoires dans ces secteurs", revendique-t-il.

Malgré un taux de chômage toujours supérieur de plus d'un tiers aux chiffres d'avant la crise, les pires scénarios ne se sont pas réalisés pour le marché du travail, constate Travail.Suisse. Cela représente près de 35'000 personnes sans emploi en plus.

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Déjà touchés par des réductions de revenus (presque un quart étaient au chômage partiel), le renchérissement actuel met d'autant plus en péril le pouvoir d'achat des salariés. Les prévisions annoncent un renchérissement de 0,4% cette année et 0,5% l'an prochain.

Dépasser la crise

Les augmentations de salaire sont donc également importantes pour pouvoir dépasser la crise plus rapidement. Selon Gabriel Fischer, "il y a lieu de compenser le renchérissement pour l'ensemble des salariés afin de maintenir le pouvoir d'achat et de soutenir la consommation privée".

Travail.Suisse souligne que la crise a clairement montré l'importance existentielle des prestations fournies par le service public. Les coupes y sont à proscrire. "Ce qu'il faut maintenant, c'est un renforcement et une meilleure reconnaissance par les milieux politiques", explique Albane Bochatay, responsable politique chez Transfair. Cette reconnaissance doit être financière et par des conditions de travail équitables.

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