Bilan

Tout sur la chute des prix du pétrole en 10 points

Depuis juillet dernier, le pétrole a baissé de 40%. Bonne nouvelle pour les automobilistes car les prix de l'essence fondent. En revanche, les investisseurs pestent car les marchés dévissent dans le sillage des matières premières.
  • L’essence a retrouvé son niveau de 2010 avec le litre de sans-plomb 95 à 1,62 franc en moyenne et le diesel à 1,69, selon les indications du TCS. Les prix ont dégringolé de 15 centimes depuis juillet. Sur un plein à 60 litres, cette baisse représente une économie de 9 francs.

  • Le prix de 100 litres de mazout a plongé de 28% entre janvier et décembre chez Agrola, passant de 110 francs à 80 francs. Les taxes et charges incompressibles ne représentent que 25% du prix du mazout, contre 50% pour l’essence, un écart qui induit une baisse plus prononcée.

  • A la mi-décembre, le baril de pétrole a cloturé à New York sous les 60 dollars pour la première fois depuis 2009. Les prix de l'or noir ont perdu plus de 40% depuis leur pic de juin 2014.

  • Cette situation est le résultat de la nouvelle rivalité l’OPEP entre les producteurs de gaz de schiste des Etats-Unis, comme le résume la couverture de The Economist datée du 4 décembre 2014. L’OPEP se refuse à réduire son offre et déclare une guerre des prix.

  • L’exploitation des gaz de schistes octroie aux Etats-Unis une nouvelle position de force dans l’énergie. Cette technique permet d’extraire des hydrocarbures de couches géologiques profondes. De 2008 à aujourd’hui, laproduction pétrolière des Etats-Unis a progressé de 80%.

  • L'extraction du gaz de schiste particulièrement difficile nécessite le recours aux techniques combinées du forage dirigé et de la fracturation hydraulique à grands volumes. Des techniques très chères et lourdes de conséquences pour l'environnement. Le recours à cette méthode est très controversé.

  • Facteur agravant, la demande mondiale liée à la consommation s’inscrit également en baisse sous les effets cumulés du ralentissement de la croissance chinoise, de la crise au Japon et des problèmes économiques de la zone euro.

  • Actif financier très négocié, le pétrole entraîne dans sa chute les marchés financiers. Le Dow Jones a enregistré en décembre la baisse la plus conséquente sur une semaine depuis 2011. L’instabilité des prix de l’énergie incite les investisseurs à vendre actions et obligations.

  • La baisse des prix du pétrole est catastrophique pour la Russie, pays producteur déjà frappé par une fuite massive des capitaux en plus des sanctions infligées par l’Europe et les Etats-Unis. Le rouble ne cesse de chuter tandis que l’inflation est en hausse.

  • La baisse des prix du pétrole est néfaste pour les énergies renouvelables (solaire, éolien) qui renchérissent en comparaison des coûts des hydrocarbures. Les investissements dans ces techniques ralentissent également.

Les prix du pétrole sont revenus à leur niveau de 2009. Tout sur leur chute en 10 points. 

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

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Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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