Bilan

Tokyo-2020: course contre la montre pour sortir le fauteuil roulant dernier cri

Les Jeux paralympiques de Tokyo approchent à grand pas. A 500 jours de l'événement, une entreprise croule sous les commandes, notamment pour ses fauteuils roulants qui ont équipé une centaine de médaillés.

A 500 jours des Jeux paralympiques, à Tokyo, des mécaniciens façonnent «la Porsche des fauteuils roulants», qui équipera les athlètes des Jeux paralympiques.

Crédits: AFP

Dans un petit atelier aux portes de Tokyo, des mécaniciens sont aux petits soins pour façonner "la Porsche des fauteuils roulants", la crème de la crème des engins qui équiperont les athlètes des Jeux paralympiques dans 500 jours à Tokyo. OX Engineering, une compagnie de la ville de Chiba, peut se targuer d'un impressionnant total de médailles glanées - 122 depuis 1996 - qui la place au sommet du palmarès des fabricants japonais.

Parmi les 40 employés, une petite équipe est dédiée à ces fauteuils de luxe, et elle ne chôme pas. Depuis l'attribution des JO à Tokyo en septembre 2013, les commandes ont explosé, augmentant de 20% chaque année: aujourd'hui l'entreprise conçoit environ 500 modèles sportifs par an pour des sportifs de 21 pays. «Nous avons la technologie pour fabriquer des fauteuils qui s'adaptent parfaitement à chacun et les aident à réaliser leurs meilleures performances», explique à l'AFP son président, Katsuyuki Ishii.

Comme une moto

OX Engineering a été fondé en 1988 par son père, Shigeyuki, un passionné de motos victime d'un accident qui l'a laissé paralysé. «Mon père voulait un fauteuil avec un design sympa, un peu comme une moto, mais il n'y avait rien de tel à l'époque», raconte Katsuyuki Ishii. «Alors il a décidé d'en faire un lui-même». Au fil des ans, la compagnie a perfectionné la forme de l'armature pour renforcer l'équipement. Elle a aussi personnalisé ses produits pour les adapter à chaque athlète, «en fonction de sa morphologie, de son handicap». «La manière de façonner l'armature, d'assembler les pièces, tout est fait sur mesure», insiste M. Ishii sans dévoiler les secrets de ce travail d'orfèvre.

Dans la gamme d'engins proposés, les fauteuils de tennis se distinguent par leurs larges roues inclinées, assurant la stabilité quand les joueurs changent de direction, avec deux petites roues pivotantes à l'avant et une à l'arrière. Pour la course, l'allure n'est pas la même: une roue avant est reliée aux grandes roues arrière par une longue tige.

Stabilité primordiale

Shingo Kunieda est une star au Japon. A 35 ans, ce tennisman a remporté 22 titres en Grand Chelem en simple (20 en double) et trois médailles d'or paralympiques (deux en simple, une en double). Pour lui, le fauteuil doit tout simplement être «le prolongement de son corps». «Remplacer mon fauteuil, c'est comme remplacer mes pieds», décrit-il. «Sa conception est si délicate. On a l'impression que quelque chose cloche si se produit un changement, ne serait-ce que d'un millimètre», dit-il. «J'aime en avoir le plein contrôle", ajoute le sportif qui recherche avant tout une assise solide.

Idem pour Masayuki Higuchi, un coureur qui a participé aux Jeux paralympiques de Rio en 2016. «On se déplace à une vitesse supérieure à 35 km/h, donc c'est important d'avoir de la stabilité», insiste l'homme de 40 ans, qui travaille depuis trois ans pour OX Engineering. Certaines de ces machines atteignent des prix astronomiques, comme celle conçue par Designworks, entité californienne du géant automobile allemand BMW, qui avait été utilisée par les sportifs américains au Brésil. On la surnommait «la plus rapide au monde». «Une telle chaise roulante peut valoir 3 millions de yens (24.000 euros), ce n'est pas à la portée de n'importe quel sportif», souligne M. Higuchi.

La sienne, qui contient de la fibre de carbone, lui a coûté un peu plus de 800.000 yens (6400 euros). OX Engineering essaie de proposer des prix plus bas encore, entre 200.000 et 500.000 yens (1600 à 4000 euros), pour étendre la popularité du sport paralympique. «Cela ne nous rapporte pas beaucoup d'argent, c'est vrai, mais notre mission est de fabriquer des fauteuils abordables» et capables d'accompagner les sportifs vers la victoire, estime son patron M. Ishii.

La victoire à Tokyo, le champion de tennis Kunieda en rêve. «Il y a de la pression, assurément, parce que les Jeux se tiennent dans mon pays, mais je veux saisir cette occasion pour montrer au public combien le tennis en fauteuil roulant peut être amusant».

Bilan vous recommande sur le même sujet

Les derniers Articles Economie

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."