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The Giving Pledge: Hansjörg Wyss, seul Suisse avec Bill Gates, Warren Buffett

Le milliardaire et philanthrope suisse Hansjörg Wyss a rejoint l'initiative créée par Bill Gates et Warren Buffett, The Giving Pledge, en s'engageant à verser au moins la moitié de sa fortune à des oeuvres caritatives.

Hansjörg Wyss rejoint les milliardaires américains qui se sont engagés à faire don de la moitié de leur fortune au moins à des oeuvres caritatives, de leur vivant ou à leur décès.

Crédits: Keystone

C'est l'un des hommes les plus riches de Suisse. Mais aussi l'un des philanthropes les plus actifs du pays. Hansjörg Wyss, ancien dirigeant et principal actionnaire des laboratoires Synthes (revendus en 2007 à Johnson & Johnson pour 18,7 milliards de francs), a rejoint The Giving Pledge. Le choix n'est pas nouveau: le milliardaire suisse a envoyé dès le 19 novembre 2013 une lettre à Bill et Melinda Gates pour faire part de son intention. Mais, à l'instar de nombre de ses choix et engagements philanthropiques précédents, il est resté très discret à ce sujet depuis lors. C'est l'enquête 2017 menée par les rédactions de Bilan et Bilanz qui a permis de mettre en lumière ce ralliement, alors qu'une forte somme a d'ores et déjà été remise à des oeuvres de charité.

La lettre de Hansjörg Wyss à Bill et Melinda Gates pour rejoindre The Giving Pledge

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Le milliardaire bernois (et Vaudois d'adoption) va reverser à des organismes caritatifs la moitié au moins de sa fortune. Selon l'enquête annuelle de Bilan sur les 300 plus riches de Suisse (parution vendredi 24 novembre), la richesse du cofondateur du Campus Biotech de Genève s'élèverait à un montant compris entre 14 et 16 milliards de francs. Mais le fait d'avoir rejoint The Giving Pledge divise cette fortune de moitié (entre 7 et 8 milliards de francs). Une incertitude cependant: la charte de The Giving Pledge laisse chaque contributeur libre de la date de son don, entre le moment où il rejoint l'initiative et l'attribution de sa succession. Pour le Bernois, il semblerait qu'il ait d'ores et déjà remis un milliard de francs à des oeuvres caritatives.

De nombreuses actions pour l'éducation et la recherche

Le choix de Hansjörg Wyss de rallier des multimilliardaires comme Michael Bloomberg, Larry Ellison, George Lucas, Mark Zuckerberg ou encore David Rockefeller n'est pas surprenant: l'homme a de longue date été l'un des philanthropes les plus généreux et les plus actifs de Suisse. Et ses actions ont souvent ciblé l'éducation et la recherche. C'est ainsi que Harvard a vu naître le Wyss Institute sur son campus ou que l'ancien site Merck Serono à Genève est devenu le Campus Biotech, en collaboration avec Ernesto Bertarelli, l'EPFL et l'Université de Genève. L'homme est aussi connu pour soutenir la Clinique universitaire de Balgrist ou encore la Fondation Beyeler, près de Bâle. Un autre Wyss Institute a été fondé et soutenu par ses soins à Zurich. Pour les trois projets majeurs liés à la recherche (Harvard, Zurich et Genève), il aurait investi autour de 100 millions de francs à chaque fois.

A côté de ces choix philanthropiques, Hansjörg Wyss continue d'investir dans des jeunes sociétés. C'est ainsi que, sur les conseils d'Ernesto Bertarelli, il a pris part au tour de financement d'Amazentis, start-up issue de l'EPFL et spécialisée dans la lutte anti-âge. Il est aussi entré en début d'année 2017 au capital du groupe Lalique, dont l'actionnaire majoritaire est son compatriote Silvio Denz: pour 5,1 millions de francs, il détient 3,64% du groupe. Malgré cette activité, l'homme âgé de 83 ans reste toujours aussi discret sur la scène publique et médiatique: ses apparitions sont rares, et sa communication minimale. Contrairement à d'autres grandes fortunes (américaines ou asiatiques notamment), il n'a ainsi jamais communiqué sur son ralliement à The Giving Pledge. A ce jour et selon la liste publiée sur le site The Giving Pledge, Hansjörg Wyss est le seul ressortissant suisse ayant rallié l'initiative. Sur le portail web The Giving Pledge, le citoyen suisse est d'ailleurs répertorié dans les contributeurs américains et non parmi les européens. Sans doute car il passe une partie de l'année dans le Wyoming ou encore dans sa propriété de Martha's Vineyard, quand il ne réside pas à Gland.

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Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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