Bilan

Tamedia veut que ses journaux romands économisent

Le groupe zurichois Tamedia, bien que bénéficiaire en 2012, désire effectuer des coupes de 18 millions de francs dans certains de ses titres romands. Les rédacteurs en chef des journaux concernés recherchent le dialogue avec la direction.
Le groupe de presse zurichois Tamedia désire effectuer des coupes de 18 millions de francs dans certains de ses titres romands, malgré un bénéfice net de 152 millions en 2012. Les rédacteurs en chef des journaux concernés recherchent le dialogue avec la direction.

L'information, diffusée par la RTS, a été confirmée mardi par Pierre Veya, rédacteur en chef du Temps. Contrairement au Matin, 24 Heures et la Tribune de Genève, son quotidien a déjà pris des mesures d'économies en automne dernier et n'est pas concerné par cette décision, a-t-il souligné.

Le Temps ne dépend pas exclusivement de Tamedia. Plus de 90% de son capital sont détenus à parts égales par Tamedia et Ringier, a précisé Pierre Veya.

Tamedia a inscrit un bénéfice net de 152 millions en 2012, inférieur de 15% à celui de l'année précédente. Bien que minoritaires dans le groupe, les titres romands concernés assumeraient plus de la moitié du total des économies, soit 18 des 34 millions prévus par la direction.

Les journalistes protestent

L’Association des journalistes suisses impressum dénonce une atteinte à la diversité de la presse et à la qualité de l’information. Le syndicat des médias syndicom juge cette mesure injustifiable du point de vue économique.

Le Matin, 24 heures et la Tribune de Genève sont particulièrement visés par les mesures d’économie prévues par Tamedia. De nombreux licenciements, voire la suppression ou la fusion de titres, découleraient inévitablement des coupes de 18 millions, a souligné mardi impressum dans un communiqué.

Cette mesure représenterait une grande débâcle pour la diversité et la qualité de la presse. Produire de l’information, ce n’est pas produire n’importe quelle marchandise, poursuit impressum. Les groupes de presse se doivent d’assumer leur responsabilité à l’égard de la société, selon elle. Un groupe en bonne santé financière

L’association des journalistes ne comprend pas la décision de Tamedia. Le groupe a inscrit en 2011 le meilleur résultat de son histoire. Les chiffres pour 2012 présentent également un bénéfice, bien que celui-ci soit inférieur à celui de l’année précédente. Tamedia est donc un groupe sain, souligne-t-elle.

Syndicom, le syndicat des médias et de la communication, se montre plus virulent. Il juge ce programme d’économies scandaleux et nuisible. Economiquement, cette restructuration ne se justifie pas de la part d’un groupe aussi rentable, a-t-il souligné dans un communiqué.

La marge de rentabilité avant amortissement a atteint 19,3% en 2012, ce qui est remarquable, estime le syndicat. Pietro Supino, le président du conseil d’administration de Tamedia, avait en outre qualifié l’exercice 2012 de «bon cru», a ajouté syndicom. Le syndicat appelle Tamedia à renoncer à ces coupes budgétaires.
Jean-Claude Meier

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