Bilan

Swisscom reste roi sur le marché des télécommunications

Malgré de nouveaux tarifs et offres, la concurrence de Sunrise et Orange n'est pas suffisamment forte pour ébranler la suprématie de l'ancienne régie fédérale.

En fonction des diverses méthodes de calcul, le géant bleu détenait en 2013 entre 54 et 60% des parts de marché.

Crédits: Keystone

Le marché des télécommunications en Suisse n'a connu que peu de mouvements en termes de parts de marchés l'an dernier, en dépit de l'introduction de nouvelles grilles tarifaires. Les observateurs de la branche ne prévoient pas plus de bouleversements ces prochains temps et la concurrence ne devrait pas disposer des moyens pour faire trembler la domination de Swisscom.

Dans le domaine de la communication mobile, celui-ci a donné un coup de pied dans la fourmilière avec ses nouveaux abonnements à l'été 2012, mais les autres acteurs du marché ont rapidement réagi en proposant des solutions similaires.

L'ancienne régie fédérale des télécommunications a accusé un repli du volume d'affaires de 0,1% à 8,45 mrd CHF, tout comme Sunrise (-2,2% à 2,02 mrd CHF) et Orange (-2,4% à 1,29 mrd CHF). Les directions n'en affichent pas moins leur satisfaction au vu de l'environnement de marché. UPC Cablecom à l'inverse, qui ne dispose pas d'activités dans la téléphonie mobile, a vu ses ventes croître de 4,4% à 1,23 mrd CHF.

En fonction des diverses méthodes de calcul, le géant bleu détenait entre 54 et 60% des parts de marché, contre 24 à 28% pour Sunrise et 16 à 18% pour Orange. Leur marge opérationnelle est restée comparable, autour de 30%. Ralf Beyeler, de Comparis, relève que la domination de Swisscom ne s'exprime pas uniquement en nombre de clients, mais également sur le plan tarifaire.

EN DÉLICATESSE AVEC LE SERVICE CLIENTS

L'expert note également les soucis récurrents de Sunrise avec son service clients et encourage le nouveau directeur général (CEO) Libor Voncina à empoigner sérieusement ce problème, qu'il partage depuis peu avec Orange.

L'environnement de marché difficile ne prête en outre guère à une guerre pour les parts de marché, chacun des trois grands acteurs étant déjà bien affairé à assurer ses affaires existantes. Les tarifs concurrentiels de l'ancien monopole de même que la qualité de sa couverture réseau freinent les ardeurs de la concurrence, estime M. Beyeler.

L'an dernier, Sunrise et Orange ont augmenté sensiblement leurs investissements, de respectivement 25 et 19%, tandis que Swisscom n'a dépensé que 1,6% de plus en la matière. Ce dernier reste toutefois le plus généreux proportionnellement à son chiffre d'affaires. Il a de plus budgété pour cette année des investissements en nouvelle augmentation, alors qu'Orange a prévu de réduire la voilure.

Andreas Müller de la Banque cantonale de Zurich (ZKB) juge que les "petits acteurs" investissent ce qu'ils peuvent et que le fossé entre eux et Swisscom ne fera que croître au cours des prochaines années. A la lueur de cette domination outrancière, l'analyste ne s'étonne pas des rumeurs récurrentes de rapprochement entre Orange et UPC Cablecom.

 

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