Bilan

Sortir de la culture «take, make, waste»

Des sociétés génèrent un impact positif et mesurable sur le monde. L’investisseur doit miser sur elles.

Aquafil, un exemple dans l’économie circulaire.

Crédits: Dr

Tant les gouvernements que les consommateurs ont pris conscience de la nécessité de «décarboner» l’économie. Cette mutation nécessite des investissements colossaux dont bénéficieront les entreprises qui s’emploient à relever les défis écologiques et sociétaux. Profiter du potentiel de croissance de ces sociétés dans les décennies à venir, c’est précisément l’intérêt de l’impact investing. Il s’agit de sélectionner les valeurs qui génèrent un impact positif et mesurable sur la société, tout en offrant un rendement attractif aux investisseurs.

«Ecosystèmes sains»

Mais comment identifier ces valeurs et évaluer leur impact? A la base des méthodologies de sélection existantes figurent les 17 objectifs de développement durable (ODD) de l’ONU comme feuille de route. L’Union Bancaire Privée a développé son propre dispositif de mesure, en collaboration avec le Cambridge Institute for Sustainable Leadership (CISL). Concrètement, quelle est la part de l’investissement allouée aux solutions générant un impact positif ou encore la part du chiffre d’affaires provenant exclusivement de ces activités?

Au sein du thème d’investissement «écosystèmes sains», Aquafil est un très bon exemple de société au potentiel attractif. Cette société italienne, cotée et active à l’international, est devenue un leader de l’industrie en développant des technologies qui contribuent à une économie circulaire. Son processus propriétaire «Econyl» permet de récupérer les déchets en nylon, comme les filets de pêche abandonnés dans les océans ou encore les chutes de tissus et de tapis, pour les recycler en fil nylon de haute qualité. Ce processus unique a déjà séduit de grands noms de la mode, comme Adidas, H&M, Stella McCartney ou encore Prada. Chaque million de dollars investi dans cette société permet de récupérer 1,3 tonne de filets de pêche et de régénérer 1,02 tonne de rebuts de tapis par an.

Comme Aquafil, des valeurs à impact positif contribuent à construire les bases d’une croissance durable et d’une économie circulaire, à l’opposé d’une culture de la consommation jetable qui épuise les ressources naturelles, ce que les Anglo-Saxons nomment le «take, make, waste». Mais il reste un long chemin à parcourir pour généraliser ces pratiques. Aujourd’hui, seulement 9,1% de l’économie mondiale est véritablement circulaire. C’est en cela que l’impact investing a un rôle majeur à jouer en termes d’approche d’investissement pour la sauvegarde de la planète.

* Head of impact investing, Union Bancaire Privée (UBP).

Victoria Leggett*

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