Bilan

Sombres perspectives pour les relations Suisse-Allemagne

Avec l'initiative contre l'immigration de masse et l'abandon du taux plancher par la BNS, de sombres nuages planent sur les relations entre l'Allemagne et la Suisse.

Les craintes sont liées à une possible pénurie de personnel en Suisse et au fait de ne pas pouvoir honorer les commandes, a déclaré le nouveau président Gottlieb Keller à Zurich.

Crédits: Keystone

Avec l'acceptation de l'initiative contre l'immigration de masse et l'abandon du taux plancher de l'euro par la Banque nationale suisse (BNS), de sombres nuages planent sur les relations entre l'Allemagne et la Suisse, selon la chambre de commerce des deux pays. Ces deux événements ont créé de grosses incertitudes.

Les craintes sont liées à une possible pénurie de personnel en Suisse et au fait de ne pas pouvoir honorer les commandes, a déclaré le nouveau président Gottlieb Keller lors de la 103e assemblée de la Chambre de commerce Suisse-Allemagne qui s'est tenue mardi à Zurich. Les entrepreneurs se demandent aussi s'ils doivent maintenir ou non les investissements prévus.

L'abandon du taux plancher de l'euro le 15 janvier a fait ralentir les échanges dans les deux sens. Dans les cinq premiers mois de 2015, les exportations vers l'Allemagne ont reculé de 9% et les importations à destination de la Suisse de 12%.

La situation s'est aggravée en mai. Le mois dernier, qui comptait toutefois deux jours ouvrables de moins que mai 2014, a vu les sorties vers l'Allemagne diminuer de 16% et les entrées en Suisse de 18%. "L'économie a été surprise de l'abandon de cette limite de change", explique Gottlieb Keller.

Un sondage de la chambre de commerce réalisé au printemps a montré que trois quarts des entreprises ont vu leur capacité concurrentielle s'amoindrir avec la suppression du taux plancher. Une firme sur deux s'attend à un recul des exportations à destination de l'Allemagne cette année ou l'an prochain, a ajouté Gottlieb Keller.

Selon lui, d'autres sondages réalisés dans l'industrie suisse confirment ces résultats. "Je pense que le choc en termes de coûts et la charge pour l'industrie suisse ont été sous-estimés dans certains cas". Le danger est grand que la faiblesse de l'euro perdure, ce qui pourrait provoquer une récession en Suisse. Cela n'est pas exclu que cela se passe déjà cette année.

Par ailleurs, le nouveau président a déclaré qu'une suppression des accords bilatéraux provoquerait des dommages considérables pour les relations économiques.

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