Bilan

Ski: les stations à la conquête des jeunes

Les remontées mécaniques de nombreuses stations de ski en Suisse proposent des offres attractives pour attirer la nouvelle génération sur les pistes. Leur avenir est en jeu.

Les jeunes générations pratiquent moins le ski et les sports d'hiver que leurs aînés.

Crédits: Keystone

Le vieillissement démographique constitue un des défis principaux que doivent relever les stations helvétiques de sports d’hiver. Pour la première fois, le nombre de personnes âgées de moins de 20 ans sera moins élevé dans les années à venir que celui des adultes de plus de 65 ans. «C’est un défi majeur», insiste Dominique de Buman, conseiller national PDC et président des Remontées mécaniques suisses. «Pour assurer l’avenir de la branche et des stations, il faut absolument remettre la nouvelle génération sur les pistes», renchérit Eric Balet, administrateur-délégué de Téléverbier.

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La pratique du ski chez les enfants et les adolescents n’a cessé de reculé depuis de nombreuses années pour plusieurs raisons. D’abord, le nombre de camps de ski  -une tradition jadis historique entre janvier et mars-  a diminué. Pour des raisons budgétaires, les cantons et les communes ont réduit voire supprimé leur soutien financier. Ensuite, environ 85% des secondos, les immigrés de la deuxième génération, ne skient pas.

Le manque de neige dans les Préalpes décourage aussi la pratique du ski. Enfin, le coût de l’équipement et l’élargissement de la gamme des loisirs contribuent au désintérêt de la jeune génération. «C’est pourtant à cet âge-là que naît ou non le goût d’un sport», souligne Dominique de Buman. Un enfant qui ne skie pas est un client perdu pour les remontées mécaniques. Or, une grande majorité d’entre elles réalise plus de 80% de leur chiffre d’affaires annuel en hiver.

La clientèle de proximité visée en premier

Pour tenter d’inverser la tendance négative, les stations cherchent à séduire la jeune génération. Comme on apprend le plus souvent à skier à proximité de son domicile, elles visent d’abord une clientèle proche des pistes avec, parfois, la collaboration des collectivités locales. Entre Bulle et Fribourg, quelques communes octroient un montant forfaitaire par habitant aux remontées mécaniques de La Berra. En contrepartie, les enseignants du niveau primaire peuvent emmener gratuitement leurs classes sur les pentes pendant le temps d’école.

En Valais, Téléverbier propose un forfait annuel pour un prix de 60 francs aux élèves (jusqu’à la 8ème harmos) des communes environnantes. Comme les autorités prennent à leur charge un montant de 50 francs et que le solde est encaissé au début d’année par les enseignants, chaque écolier bénéficie d’un abonnement gratuit valable sur le secteur Verbier-Savoleyres-Bruson. Cette pratique est relativement répandue en Valais ainsi que dans d’autres régions. Ainsi, dans les Alpes vaudoises, les communes versent une contribution destinée aux enfants scolarisés s’ils acquièrent un abonnement de ski.

Dans la plupart des stations, les offres se multiplient. A Crans-Montana, la société des remontées mécaniques CMA cherche à attirer les camps d’école. Pendant les semaines de basse saison, les écoliers inscrits peuvent dévaler les pistes pour le prix d’un franc par jour dès deux jours consécutifs de ski.

82'000 Magic Pass déjà vendus

Dans le Haut-Valais, Aletsch Arena propose tous les samedis un forfait gratuit aux moins de 20 ans (il comprend aussi l’équipement et un cours d’une heure pour les débutants). Dans le canton de Vaud, la Société coopérative des remontées mécaniques du balcon du Jura vaudois a lancé pour le domaine Ste-Croix/Les Rasses un abonnement baptisé «T’es royé». Son prix: 99 francs pour un adulte et un enfant de moins de 12 ans.  

Mais la révolution, c’est le Magic Pass. Environ 82'000 personnes ont acquis cet abonnement valable dans 25 stations des cantons de Vaud, Fribourg, Neuchâtel, Berne et du Valais, dont le prix de lancement s’élevait à 359 francs par adulte et à 249 francs par enfant. «L’objectif est d’attirer toutes les générations confondues sur les pistes», souligne Pierre Besson, directeur de Télé Villars-Gryon-Diablerets et l’une des chevilles ouvrières de ce forfait. La participation des remontées mécaniques des Préalpes est jugée cruciale. «Les grandes stations sont très sensibles aux efforts que nous faisons pour promouvoir le ski. Ces dernières savent qu’elles en tirent aussi profit», relève Claude Brodard, président de la société des installations de La Berra. Encore faut-il que la neige et le soleil soient au rendez-vous!

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Jean Philippe Buchs
Jean-Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

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Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

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