Bilan

Sion 2026: «Finis les J.O. dispendieux du passé»

Si sa candidature est retenue, le Valais peut inventer des JO de nouvelle génération, respectueux de l’environnement, affirme Romaine Jean, nommée directrice de la communication.

Pour Romaine Jean, le projet n’est pas uniquement valaisan mais suisse. Outre le Valais, il implique aussi Vaud, Fribourg et Berne et pourrait redynamiser nombre de secteurs.

Crédits: Keystone

Romaine Jean devient le nouveau visage de Sion2026, la candidature suisse pour les jeux d’hiver. Annoncé le 22 mars, son nouveau rôle de directrice de la communication de l’Association pour une candidature olympique suisse paraît naturel pour cette experte de la télévision et des médias. Ex-rédactrice en chef des magazines de la RTS, la journaliste, qui a œuvré comme correspondante au Palais fédéral, créé Infrarouge et produit nombre d’autres émissions, ne craint pas l’exposition médiatique. «En tant que valaisanne originaire d’une station (Anzère) qui vit du tourisme, je trouve que cette candidature est une opportunité sans précédent. La preuve est que Turin envisagerait de se porter candidate».

Un projet pour l'ensemble de la Suisse

Le projet n’est pas uniquement valaisan mais suisse, poursuit-elle. «Outre le Valais, il implique Vaud, Fribourg et Berne et pourrait redynamiser nombre de secteurs. Si la Suisse obtient ces jeux, ce sera la plus grande manifestation sportive jamais organisée en Suisse, qui profitera 8 années durant au volet touristique, avec 100 millions alloués à des projets «héritage», mais aussi à la mobilité et à l’emploi». La Confédération, rappelle l’ex-cadre de la RTS, dispose d’un milliard pour des projets importants. «Si le Valais et la Suisse romande ne le décrochent pas, ce milliard ira à d’autres initiatives, comme une expo nationale dans une grande ville comme Zurich ou Berne».

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Présidente de la Fondation Hirondelle, une organisation à but humanitaire qui crée des médias d’information rigoureuse dans les zones fragiles, elle souligne combien l’opposition entre JO et environnement est révolue. L’élément clé de cette candidature est que ces JO peuvent devenir un modèle d’une gestion saine, aux coûts bien maîtrisés, respectueux de l’environnement. «Rien ne sera construit, souligne-t-elle: autoroutes, voies de chemin de fer, patinoires: seules les infrastructures qui existent à Berne, Fribourg ou St Moritz seront utilisées. Finis les JO dispendieux et licencieux du passé».

Votation en juin 

Prochaine échéance, la votation valaisanne du 10 juin. « Si la réponse est non, le projet est enterré, craint Romaine Jean. Mais on sent renaître un bel enthousiasme, notamment grâce au très bel effort d’information fait par le Conseiller d’Etat Frédéric Favre qui est jeune, entrepreneur, avec une sensibilité environnementale». Pour Romaine Jean comme pour Fréderic Favre, par ailleurs vice-président de l’Association pour une candidature olympique suisse, le défi sera d’imposer ce nouvel agenda de Jeux Olympiques à effets durables.

Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN de 2014 à 2019

Lui écrire

En 1997, Myret Zaki fait ses débuts dans la banque privée genevoise Lombard Odier Darier Hentsch & Cie. Puis, dès 2001, elle dirige les pages et suppléments financiers du quotidien Le Temps. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage, "UBS, les dessous d'un scandale", qui raconte comment la banque suisse est mise en difficulté par les autorités américaines dans plusieurs affaires d'évasion fiscale aux États-Unis et surtout par la crise des subprimes. Elle obtient le prix de Journaliste Suisse 2008 de Schweizer Journalist. En janvier 2010, Myret devient rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan. Cette année-là, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale" où elle expose la guerre économique qui a mené la Suisse à abandonner son secret bancaire. En 2011, elle publie "La fin du dollar" qui prédit la fin de la monnaie américaine à cause de sa dévaluation prolongée et de la dérive monétaire de la Réserve fédérale. En 2014, Myret est nommée rédactrice en chef de Bilan. Elle quitte ce poste en mai 2019.

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