Bilan

Sepp Blatter démissionne de la présidence de la FIFA

Une semaine après le début de la tempête qui s'abat sur la FIFA, le président Sepp Blatter a annoncé sa démission ce mardi 2 juin. Un congrès aura lieu dans les mois à venir pour désigner son successeur.
  • Une semaine après le début de la tempête au sommet de la FIFA, le président Sepp Blatter, à peine réélu vendredi dernier, démissionne de son poste.

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  • Sepp Blatter a été réélu vendredi pour un 5e mandat à la tête de la FIFA qu'il préside depuis 1998.

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  • Après avoir bénéficié du soutien de Michel Platini pendant de nombreuses années, Sepp Blatter et l'ancien joueur français se sont éloignés et le président de l'UEFA avait appelé le Valaisan à démissionner de son poste ou ne pas se représenter.

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La tempête a fini par avoir raison de l'insubmersible Joseph Blatter: le président de la Fifa a annoncé mardi qu'il renonçait à la présidence de l'instance, secouée par une série de scandales de corruption et qui devrait avoir un nouveau patron d'ici à mars 2016.

M. Blatter, 79 ans, en poste depuis 1998 et pourtant réélu vendredi pour un cinquième mandat, a indiqué qu'il allait convoquer un congrès extraordinaire au cours duquel son successeur sera désigné.

Au fil des ans et des affaires, le Suisse a souvent filé la métaphore du capitaine qui n'abandonne pas son navire, quelle que soit la violence des éléments contraires. Mais cette fois, c'en était trop.

Pas d'incidence sur la procédure pénale

"Même si un nouveau mandat m'a été confié, il semble que je ne sois pas soutenu par tous dans le monde du football, c'est pourquoi je vais convoquer un congrès extraordinaire et remettre mon mandat à disposition", a déclaré le Valaisan, au siège de la Fifa, à Zurich.

La démission de Joseph Blatter "n'a pas d'incidence sur la procédure pénale" en cours, a annoncé mardi le procureur général suisse, soulignant que M. Blatter n'avait à ce stade "pas le statut de prévenu".

"Le MPC (Ministère public de la Confédération) a ouvert une procédure pénale contre inconnu pour soupçon de gestion déloyale et de blanchiment d'argent", a-t-il indiqué dans un communiqué.

"Pour cette raison, Joseph S. Blatter n'a pas le statut de prévenu, sa démission annoncée n'a pas d'incidence sur la procédure pénale", a-t-il ajouté.

Le porte-parole du procureur, André Marty, a par ailleurs affirmé à l'AFP qu'à ce stade M. Blatter n'a pas été interrogé ou entendu par les autorités suisses mais qu'il pourrait l'être "à tout moment" si besoin est.

Le procureur général suisse mène une enquête pénale sur la désignation de la Russie et du Qatar pour accueillir respectivement la Coupe du monde 2018 et 2022.

Platini salue la décision de Blatter

La démission de Sepp Blatter de la présidence de la Fifa, annoncée mardi, est "une décision difficile, courageuse et c'est la bonne décision", a réagi dans un communiqué le président de l'UEFA, le Français Michel Platini, qui avait appelé à voter pour son adversaire, le prince jordanien Ali.

M. Blatter, 79 ans, en poste depuis 1998, a indiqué mardi qu'il convoquait un congrès extraordinaire où il remettra en jeu son mandat et au cours duquel son successeur sera élu, alors que la Fifa est confrontée à des scandales de corruption.

Michel Platini avait indiqué jeudi, à la veille de la réélection de M. Blatter, qu'il avait lui-même demandé au président de la Fifa de démissionner.

"Je lui ai demandé de démissionner, assez c'est assez. Sepp Blatter m'a écouté, mais il m'a dit non, c'est trop tard. C'est dommage", avait expliqué à la presse Platini, qui avait appelé à voter pour le challenger du président sortant, le Prince jordanien Ali bin Hussein.

Pas (encore?) de candidature Platini

Soutien de Sepp Blatter en 1998 lors de la première élection du Suisse à la présidence de la Fifa, Platini n'a pas accepté que son ancien mentor se présente cette année pour un 5e mandat.

Platini qui avait appelé à voter pour le Prince Ali, lequel a poussé vendredi Sepp Blatter à un inattendu deuxième tour avant de se retirer, pourrait désormais faire figure de candidat du renouveau pour prendre la tête d'une Fifa en grande souffrance.

Interrogé pour savoir si Michel Platini envisageait désormais de se porter candidat, le service de presse de l'UEFA a fait savoir qu'il n'y aurait "pas d'autres déclarations aujourd'hui (mardi)".

La démission mardi de Joseph Blatter et la perspective de nouvelles élections à la tête de la Fifa vont aiguiser les appétits; le prince jordanien Ali a déjà fait acte de candidature, en attendant la position de Michel Platini, le grand favori potentiel. 

L'évidence Michel Platini

Le président de l'UEFA est le premier nom qui revient quand il s'agit de dresser la liste des prétendants possibles au trône de la Fifa. Mais est-il prêt à laisser tomber la Confédération européenne où il fait l'unanimité et où il a entrepris de vastes réformes pour diriger une Fédération internationale devenue un lieu d'intrigues en tout genre?  

L'ancien capitaine de l'équipe de France, âgé de 59 ans, a incarné ces derniers mois l'opposition farouche à Sepp Blatter, qu'il avait aidé lors de sa première élection en 1998. Mais il avait finalement refusé de se porter candidat contre son ancien mentor, préférant briguer un troisième mandat à la tête de la Confédération européenne en mars avant de soutenir le prince jordanien Ali.

Peut-il tout d'un coup abandonner l'UEFA pour se lancer dans une entreprise périlleuse de conquête de la Fifa? Lui qui avait demandé la démission de Blatterjeudi sort assurément renforcé des derniers événements. Mais il devra avant tout tenir compte du rapport de forces au sein du congrès, le corps électoral, où l'Europe ne pèse que 53 voix sur 209.

Platini sait également que les autres confédérations, bénéficiaires de l'aide au développement de la Fifa, n'accepteront pas si facilement de voir la Fédération internationale dominée par un représentant de la richissime et toute puissante UEFA.

Prince Ali, le premier candidat

Inconnu au bataillon avant de mettre Blatter en ballottage vendredi, le prince jordanien Ali bin Al Hussein, demi-frère du roi Abdallah II, a été le premier à se déclarer de nouveau candidat à la succession de Blatter. A peine une demi-heure après la démission du Suisse.

Ali a pour lui d'avoir réuni 73 voix au premier tour et de bénéficier d'une très bonne image dans les milieux sportifs internationaux grâce à son rang de vice-président de la Fifa pour l'Asie (2011-2015) et de patron de la Fédération jordanienne de football.

Mais le prince Ali a aussi de sérieux handicaps. Son jeune âge (39 ans) est considéré par certains comme un signe d'inexpérience. La Confédération asiatique ne l'a en outre pas reconduit à son poste de vice-président de la Fifa et avait pris fait et cause pour Blatter jusque-là.

Les outsiders

On peut d'ores et déjà citer dans cette liste les deux autres candidats malheureux à la présidence, le patron de la Fédération néerlandaise Michael van Praag et l'ancienne légende portugaise Luis Figo, qui se sont retirés en faveur du prince Ali une semaine avant le scrutin. 

Quelle sera leur attitude alors que le Jordanien a de nouveau décidé de briguer le poste? "Je vais d'abord m'entretenir avec différentes parties prenantes la semaine prochaine à Berlin (lors du comité exécutif de l'UEFA en marge de la finale de la Ligue des champions, ndlr) puis j'envisagerai quels seront mes plans", a déclaré Van Praag aux sites des journaux Algemeen Dagblad et De Telegraaf.

Ne disposant que de peu de soutiens en dehors de leur pays ou manquant de vécu dans les instances (Figo), ils n'ont quasiment aucune chance et devraient logiquement former des tickets avec les postulants les plus sérieux. 

Il y aussi une piste menant au chef de la puissante Fédération allemande Wolfgang Niersbach. Mais nul doute que l'Europe voudra s'avancer unie derrière un seul homme lors du prochain congrès extraordinaire. Tout dépendra donc de l'attitude de Platini. 

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