Bilan

Sauber devrait toucher 500 millions de ses amis russes

Le voile se déchire peu à peu sur les conditions de l'accord qui ont permis à Peter Sauber de sauver son écurie de Formule 1. On évoque la somme d'un demi-milliard de francs.
L'écurie Sauber a sauvé sa tête en Formule 1, mais les inconnues demeurent nombreuses, comme l'identité réelle des investisseurs russes ou encore le montant de l'investissement consenti, sans parler des conditions.

Derrière le Fonds international de coopération et d'investissement (ICIF), le Fonds d'Etat pour le Développement de la Fédération du Nord-Ouest de la Russie et l'Institut national des technologies de l'aviation (NIAT) pourrait bien opérer le géant Rostec, estime le quotidien russe Kommersant. Le conglomérat a par la suite démenti en affirmant «n'avoir aucun intérêt pour le moment à une coopération avec Sauber».

Parmi les contre-parties, les investisseurs ont exigé un volant pour le jeune pilote russe Sergey Sirotkin, 18 ans à peine dont le père est le directeur général de NIAT. Ils ont également réclamé la venue d'ingénieurs russes à Hinwil ainsi qu'un siège à la direction et donc le départ de la directrice Monisha Kaltenborn, à en croire la SonntagsZeitung. Une fin de parcours cruelle pour celle qui aurait surmonté toutes les résistances internes afin d'imposer la solution russe.

Un investissement d'un demi-milliard de francs?

Les ambitions de Moscou sont grandes, voulant faire de ce partenariat une véritable vitrine technologique. «Nous voulons fonder un consortium russo-suisse qui collabore techniquement et économiquement sur un large front», a déclaré au Tages-Anzeiger Nikolai Wetrov, un cadre de NIAT.

Des investisseurs qui ont les moyens de leurs ambitions - on articule le montant de 470 millions de francs suisses qui pourraient arriver dans les caisses de Sauber fin août. Un porte-parole d'ICIF n'a pas voulu confirmer les chiffres, rappelant que les négociations sont encore en cours mais qu'elles devraient être bouclées d'ici le 1er août.

Le Tages-Anzeiger précise que les points en suspens portent uniquement sur l'arrangement et non pas sur l'accord lui-même, qui ne peut donc pas échouer.

Connexions en Suisse orientale

Comment Sauber est-il parvenu à dénicher ces investisseurs russes? Urs Peter Koller, fondateur de l'entreprise de travaux HRS Real Estate avant d'en céder la majorité en 2008, affirme avoir joué le rôle crucial d'intermédiaire, avec le concours de Jurij Pinter, un investisseur slovène et ex-conseiller de l'équipementier automobile Magna.

Urs Peter Koller détient également Remi AG qui contrôle une part de 25% dans Refca Group, une agence de financement et de conseil russo-européenne basée à Maribor en Slovénie. L'actionnaire principale n'est autre que... le Fonds d'Etat pour le Développement de la Fédération du Nord-Ouest de la Russie.

L'entrepreneur raconte à la SonntagsZeitung avoir téléphoné fin janvier à Peter Sauber, qu'il ne connaît pas. Le patron de l'écurie de Formule 1 se montre réticent en raison des retours d'expérience négatifs qu'il a eus en Russie et certaines rumeurs prétendaient il y a quelques années que l'oligarque russe Viktor Vekselberg était très intéressé par l 'écurie helvétique. Peter Sauber aurait préféré une solution suisse mais les investisseurs contactés ne donnent pas suite. Le dos au mur et sous la pression des banques, il va accepter l'accord.

Des dettes dépassant 100 millions de francs?

L'argent russe sera d'autant le bienvenu que l'écurie Sauber voit rouge depuis 2012. Selon le quotidien Schweiz am Sonntag, l'écurie a inscrit pour l'exercice écoulé des dettes financières de 76 millions de francs et opérationnelles de 28,5 millions. Un montant qui a encore gonflé depuis.

Parmi les principaux créanciers figure la banque cantonale de Thurgovie ainsi que l'ex-sponsor de l'écurie, Credit Suisse, croit savoir la SonntagsZeitung. Le porte-parole de Sauber Hanspeter Brack n'a pas voulu commenter ces chiffres.
Pascal Schmuck

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