Bilan

Santé au travail: les syndicats dénoncent une flexibilisation à sens unique

Les syndicats dénoncent en particulier une flexibilisation à sens unique des conditions de travail et mettent en garde contre de nouvelles velléités parlementaires de déréglementer.

Les centrales syndicales ont réagi comme un seul homme à la publication par le Seco de la 6e Enquête européenne sur les conditions de travail.

Crédits: Keystone

Les centrales syndicales ont réagi comme un seul homme lundi matin à la publication par le Seco de la 6e Enquête européenne sur les conditions de travail. Elles dénoncent en particulier une flexibilisation à sens unique et mettent en garde contre de nouvelles velléités parlementaires de déréglementer.

"Les travailleurs sont toujours plus le jouet d'intérêts économiques à court terme", dénonce l'Union syndicale suisse. A l'image de Travail.Suisse et d'Unia, l'USS constate qu'entre 2005 et 2015, la part de salariés pouvant décider de leurs horaires a clairement fondu, alors même que les exigences de flexibilité de la part des patrons a crû.

Alors qu'ils constatent un net recul de la participation et de l'autonomie des travailleurs, les syndicats relèvent que le Seco lui-même invite, dans son analyse, à ne pas confondre la liberté des employés d'aménager leurs horaires avec les exigences patronales en matière de flexibilité. Cela tout en sachant que les Suisses travaillent déjà en moyenne hebdomadaire trois heures de plus que leurs homologues européens, soit près de 42 heures.

Cette flexibilisation s'effectue unilatéralement aux dépens des salariés qui subissent en plus la pression de devoir être atteignables en permanence, écrit Unia. Et le syndicat de juger alarmant le taux d'épuisement des employés.

Ils sont en effet plus d'un tiers dans l'enquête à indiquer se sentir le plus souvent voire toujours épuisés en fin de journée. Or la santé des personnes ne parvenant pas à récupérer la nuit est sérieusement menacée, selon Unia.

Gros retard suisse

Ces tendances sont jugées "dangereuses" par l'USS. A fortiori parce que, selon une autre étude, seulement 42,5% des entreprises en Suisse évaluent régulièrement les risques, par exemple sur le stress au travail. Au Royaume-Uni ou au Danemark, elles sont plus de 90% à le faire, la moyenne européenne étant de 74%.

Conséquence, d'après les syndicats, de ce gros retard en Suisse, des mesures de prévention ne sont donc que très rarement prises pour, par exemple, prévenir des maladies dues au stress. Des exemples étrangers montrent pourtant que de telles mesures sont simples et efficaces: le groupe Volkswagen a notamment introduit l'interdiction d'envoyer des courriels durant la nuit, note l'USS.

Et les trois maisons syndicales d'attaquer les initiatives PDC et PLR aux Chambres fédérales visant notamment à abroger l'obligation d'enregistrer, et donc de contrôler, le temps de travail. Un véritable démontage de la protection des salariés qui relève du cynisme vu les chiffres alarmants relevés par l'enquête.

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