Bilan

Salaires des managers: tendance à la baisse confirmée

Les rémunérations des dirigeants des 20 plus grandes entreprises suisses cotées en bourse sont à la baisse. Le mouvement reflète les exigences accrues en matière de transparence mais aussi la pression plus forte de l'opinion publique.
Crédits: ARCHIVES / PHOTO D'ILLUSTRATION
La tendance à la baisse des salaires des dirigeants des 20 plus grandes entreprises suisses cotées en Bourse se confirme, estime PricewaterhouseCoopers (PwC).

Le mouvement reflète les exigences accrues en matière de transparence mais aussi la pression plus forte de l'opinion publique.

En l'espace de cinq ans, le salaire médian des patrons des 20 plus grandes capitalisations de la Bourse suisse est passé de 8,1 à 6,7 millions de francs, relève le cabinet d'audit comptable et de conseils dans son étude «Executive Compensation & Corporate Governance 2013» présentée jeudi à Zurich. Outre un montant moyen en repli, les experts de PwC notent aussi une diminution des excès en matière salariale.

Alors qu'en 2007 les rémunérations des directeurs généraux des entreprises intégrées dans l'indice des valeurs vedettes Swiss Market Index (SMI) évoluaient entre un peu moins de 2 et 22 millions de francs, cet écart s'est réduit l'an passé à des montants situés entre tout juste 2 millions et 13 millions. Sur cette période, notamment marquée par des phases de crises économiques, la publication des salaires des managers est également devenue plus détaillée, facilitant ainsi les comparaisons.

Un élément qui n'est probablement pas resté sans influence sur les salaires à l'intérieur même de ces entreprises, d'autant plus que la pression de l'opinion publique s'est accrue. Et la publicité négative de certaines rémunérations très élevées a aussi joué un rôle modérateur en la matière, a indiqué Robert Kuipers, partenaire chez PwC.

Difficultés à venir

Après l'acceptation par le peuple de l'initiative Minder contre les rémunérations abusives, laquelle donne plus de pouvoir en la matière aux actionnaires, rendront la pratique d'attribution plus difficile. Selon l'expert de PwC Remo Schmid, les entreprises devraient à l'avenir proposer à leurs propriétaires de se prononcer sur un budget salarial.

A ce titre, PwC entrevoit quelques difficultés pour l'attribution de la part variable de ces rémunérations, laquelle est partiellement constitué d'actions bloquées durant une certaine période. Comme la valeur de ces titres se modifie avec le temps, les actionnaires ne peuvent pas se prononcer sur un montant comme le prévoit le texte de l'initiative.

Cela rend la mise en oeuvre du texte de Thomas Minder très compliquée. L'ordonnance définitive du Parlement est attendue pour novembre ou décembre, selon PwC. A l'heure actuelle, il reste difficile de savoir si la mise en oeuvre de l'initiative aura un effet modérateur sur les salaires des managers.

Pour la septième édition de l'étude «Executive Compensation & Corporate Governance», PwC s'est penché sur les rapports de gestion des quelque 100 plus importantes sociétés suisses cotées en Bourse. Les prescriptions en matière de transparence en vigueur depuis 2007 permettent d«effectuer une comparaison directe des systèmes de rémunération de 2007 à 2012.
Jean-Claude Meier

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