Bilan

Reyl & Cie ne mise pas sur la clientèle offshore

Mise au cause dans l'affaire Cahuzac, son directeur général François Reyl réagit. L'établissement n'a en rien fondé sa «forte» croissance sur une clientèle française offshore, explique-t-il à L'Agefi.
«Depuis plus de dix ans, nous avons fondé notre développement sur la diversification de notre modèle d'affaires», relève jeudi François Reyl dans une interview. L'établissement s'est en premier lieu montré actif dans la gestion de fonds de placement pour le marché institutionnel, le conseil en banques d'affaires et la gestion d'actifs.

Ici, la clientèle est constituée d'entrepreneurs originaires de pays dits émergents, notamment en Asie et au Moyen-Orient, a précisé François Reyl. L'établissement bancaire genevois s'est également intéressé à la gestion d'une clientèle résidente en Suisse, en France et au Royaume-Uni, via des filiales réglementées.

Période difficile

Au-delà, François Reyl dit vivre une période «particulièrement éprouvante». La banque subit en effet une série de révélations, d'insinuations et de commentaires la mettant en cause dans l'affaire du ministre français démissionnaire du budget Jérôme Cahuzac, poursuivi par la justice pour détention en Suisse d'un compte non déclaré.



Toujours dans «L'Agefi», le directeur général de Reyl & Cie réfute le fait que Jérôme Cahuzac ait déposé 15 millions d'euros dans son établissement. «A aucun moment nous n'avons eu connaissance de ces 15 millions. Nous ne savons rien de leur existence et s'ils existent, ils n'ont en aucune façon été présentés à la banque.»



François Reyl a une nouvelle fois dénoncé les «très nombreuses contre-vérités (qui) ont été dites ou écrites» au sujet de son établissement et «les informations erronées, intentionnelles ou non» qui ont circulé dans les médias.

Locaux parisiens occupés

Dans ce contexte, le directeur général de Reyl & Cie a été entendu mardi à sa demande par le procureur genevois Yves Bertossa dans le cadre de l'affaire de blanchiment de fraude fiscale visant Jérôme Cahuzac. «Nous voulions clarifier différents points», après avoir «lu et entendu de telles énormités».



François Reyl rejette aussi les accusations formulées par certains d'avoir ouvert des comptes appelés «maîtres» ou «omnibus» auprès d'autres banques pour dissimuler l'identité de certains clients. La mention de ces notions «démontre une méconnaissance de l'environnement réglementaire bancaire».



Le directeur général de Reyl & Cie se déclare par ailleurs «scandalisé» par l'occupation survenue mercredi des bureaux parisiens de son établissement par des militants du collectif «Sauvons les riches». «Nous porterons plainte, bien entendu», a-t-il ajouté dans les colonnes du quotidien économique et financier.



L'ex-ministre socialiste du budget Jérôme Cahuzac a admis le 2 avril dernier détenir 600'000 euros (quelque 730'000 francs) sur un compte ouvert en Suisse, puis transféré en 2009 à Singapour. Yves Bertossa avait indirectement confirmé ce montant, le jugeant «réaliste».
François-Xavier Lanfray

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