Bilan

Regain de tensions autour de la dette américaine

Barack Obama et la Chambre des représentants n'ont pas encore trouvé d'accord sur le budget des Etats-Unis. Le pays risque un défaut de paiement à partir du 17 octobre.
  • A quelques jours du défaut de paiement, les sénateurs tentent de trouver une issue à la paralysie budgétaire. (13 octobre 2013) Crédits: Reuters
  • La tension monte aux Etats-Unis. Paralysé par la crise budgétaire, le pays risque le défaut de paiement. (12 octobre 2013) Crédits: Reuters
  • Plusieurs parcs nationaux ou monuments, comme le Grand Canyon ou la Statue de la Liberté, vont rouvrir leurs portes samedi malgré le «shutdown». (12 octobre 2013) Crédits: Reuters
  • Des sénateurs républicains ont rencontré Barack Obama à la Maison-Blanche sans pouvoir toutefois trouver un accord sur un relèvement du plafond de la dette américaine et une fin du «shutdown». (11 octobre 2013) Crédits: AFP
  • Après la proposition des républicains de retarder de plusieurs semaines l'échéance de la dette, Barack Obama a déclaré être «heureux» d'un apaisement apparent tout en réservant encore son jugement sur la proposition de ses adversaires, qui n'a pas été couchée sur le papier. (10 octobre 2013) Crédits: AFP
  • Depuis mardi 1er octobre à 0h01, le gouvernement fédéral américain est en procédure de shutdown, faute d'un accord sur le budget entre Démocrates et Républicains au Capitole. Crédits: Reuters
  • Les Républicains, majoritaires à la chambre des représentants, exigeaient un report de l'application de la réforme de santé voulue par Barack Obama, dite Obamacare. Une condition refusée par les Démocrates, majoritaires au sénat. Crédits: AFP
  • De ce fait, les bourses scrutent avec anxiété toute nouvelle sur ce front: l'impact sur l'économie pourrait être lourd. Crédits: AFP
  • Les introductions en bourse et la publication de statistiques devraient être repoussées. Crédits: AFP
  • La moitié des fonctionnaires civils du Pentagone seront mis au chômage d'office. Crédits: Reuters
  • Le National Zoo de Washington est fermé aux visiteurs depuis mardi matin 1er octobre 2013 Crédits: Reuters
  • Dans les parcs nationaux (ici Yosemite National Park), les touristes ont 48h pour quitter les lieux avant fermeture. Crédits: Reuters
  • Le personnel de justice sera réduit, d'abord modérément jusqu'au 15 octobre, puis de manière plus importante si le blocage persiste. Crédits: Reuters
  • Le personnel du Congrès a interdiction stricte de travailler, sur place ou à distance. Des sanctions sont prévues contre ceux qui travailleraient tout de même. Crédits: Reuters
  • Les services en charge de la délivrance des papiers, aussi bien pour les Américains que pour les étrangers voulant se rendre aux Etats-Unis, seront ralentis. Crédits: Reuters
  • L'importance symbolique de la réforme du système de santé pourrait pousser Barack Obama à faire preuve d'intransigeance dans ce dossier. Crédits: Reuters
  • Les marchés financiers craignent que le shutdown se prolonge: le précédent de 1995, d'une durée de 21 jours, avait eu un coût estimé à 0,01% de croissance du PIB américain. Crédits: Reuters
L'espoir de voir émerger une solution rapide à la crise budgétaire aux Etats-Unis se réduisait samedi en l'absence d'un terrain d'entente entre le président Barack Obama et les républicains de la Chambre des représentants. Les Etats-Unis risquent un défaut de paiement à partir du 17 octobre si le Congrès n'autorise pas ce relèvement.

«Je suis déçu que le président ait rejeté l'offre que nous avons mise sur la table», a déclaré samedi Eric Cantor, chef de la majorité républicaine de la Chambre des représentants. Une assertion qui contredit les propos rassurants des deux derniers jours, quand chaque camp affirmait que les «discussions» continuaient.

«Ces pourparlers et ces négociations avec le président ne sont pas sincères, et par conséquent nous ne sommes nulle part», a de son côté déploré le représentant de la Louisiane John Fleming. «Il n'y a pas d'accord, aucune négociation en cours», a renchéri le président républicain de la Chambre des représentants John Boehner.

«Un pistolet sur la tempe»

Dans son allocution hebdomadaire, Barack Obama a clairement rejeté samedi l'idée d'un compromis de court terme sur la dette et exhorté les républicains à accorder un répit prolongé à l'économie américaine.

Cette solution provisoire constituait le coeur d'une proposition républicaine, soumise à la Maison-Blanche jeudi lors d'une première rencontre. Relever le plafond pour un court délai aurait permis, selon les républicains, de négocier entre-temps un vaste accord de réforme des programmes sociaux, tout en maintenant la pression sur le président.

«Il ne serait pas avisé, comme certains le suggèrent, de repousser de deux mois le plafond de la dette et de flirter avec le premier défaut intentionnel au milieu de la saison commerciale de Noël», a déclaré M. Obama.

«Les dégâts à la réputation d'emprunteur sans tache des Etats-Unis ne provoqueraient pas seulement une chute des marchés. Ce serait plus cher d'emprunter pour tous les Américains», a-t-il souligné. Le chef d'Etat affirme depuis des semaines qu'il ne négocierait pas «avec un pistolet sur la tempe».

«Avec seulement cinq jours avant que l'Etat ne puisse plus emprunter, le Congrès doit avancer sur une solution qui mette fin à la paralysie du gouvernement et nous permette de payer nos factures», a de son côté estimé le porte-parole de la Maison-Blanche Jay Carney.

Relèvement sous conditions

La Maison-Blanche se tourne désormais vers la minorité républicaine au Sénat qui propose un relèvement sous conditions de la limite de la dette suffisant pour tenir un an.

Les républicains de la Chambre - où un sous-groupe de conservateurs affiliés au Tea Party exerce une forte influence - craignent que la Maison-Blanche tente de les court-circuiter en forgeant un accord avec les républicains du Sénat, réputés moins intransigeants.

L'hypothèse d'une suppression d'une taxe sur les appareils médicaux, instaurée par la réforme du système de santé, était évoquée avec insistance comme faisant partie d'un compromis crédible.

Or, aucune résolution n'était attendue ce week-end. Les élus de la Chambre des représentants ont été informés qu'ils pouvaient quitter la capitale samedi après-midi jusqu'à lundi soir.

Devant cette impasse à la Chambre des représentants, les regards se sont tournés samedi vers le Sénat, où les deux chefs de groupes, démocrate et républicain, tentaient de parvenir à un compromis. Mais ces contacts ont été qualifiés de «très préliminaires» par le chef de file des démocrates, Harry Reid.

Réouverture des parcs

Un autre dossier distinct empoisonnait également la situation: la paralysie des administrations fédérales déclenchée le 1er octobre, faute de vote sur les dépenses et les recettes au Congrès.

Des centaines de milliers de fonctionnaires ont reçu l'ordre de rester chez eux, provoquant une cascade de dysfonctionnements à travers tout le pays. Face à la fureur, plusieurs Etats (New York, Arizona, Colorado, Utah, Dakota du Sud) devaient rouvrir leurs parcs nationaux samedi.
Aurore Boullé

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