Bilan

Qui paiera pour les mensonges de Cahuzac?

Après de longs mois de démentis, l'ex-ministre du Budget français a avoué avoir détenu un compte en banque secret à Genève. Une onde de choc pour l'Elysée décryptée mercredi par la presse romande.
La presse romande s'est faite l'écho mercredi des aveux de l'ex-ministre du Budget français Jérôme Cahuzac.

Après l'avoir nié durant des mois, le pourfendeur de l'exil fiscal a reconnu mardi avoir lui-même détenu un compte caché en Suisse.

Alors que la presse française déchaîne sa colère, dénonçant un «mensonge» et une «trahison», les titres romands s'interrogent sur les conséquences du scandale.

«Comment éviter que le vent du soupçon n'atteigne peu à peu le sommet de l'Etat?», s'inquiète dans un commentaire La Liberté. Le quotidien basé à Fribourg estime que «le succès professionnel pour le moins tape-à-l'oeil» de Jérôme Cahuzac aurait dû éveiller le soupçon chez les personnes qui l'ont nommé au poste «ultrasensible» de ministre du Budget.

Celles-ci ont fait preuve d'«amateurisme» et restent selon le commentateur responsables de leurs actes. Quels autres Cahuzac se cachent encore «dans l'entourage immédiat du pouvoir»?, poursuit La Liberté.

Le Matin juge sévèrement le volte-face de celui qui passait pour un pilier du gouvernement français. «Jérôme Cahuzac mérite d'être lourdement sanctionné pour ses mensonges, mais bien plus encore pour le discrédit qu'il fait peser sur la classe politique», commente sa rédactrice en chef. Les «bobards» de l'ex-ministre a donné en spectacle une classe dirigeante aussi «pourrie» que prête à tout «pour conserver ses petits privilèges au détriment de la raison d'Etat».

«Roulé dans la farine»

Le constat est le même pour 24 heures et la Tribune de Genève. Dans un commentaire, leur correspondant à Paris regrette ainsi que l'ex-ministre ait ridiculisé dans sa spirale de mensonge le président socialiste, qui lui avait pourtant accordé toute sa confiance: «De quoi a l'air François Hollande après avoir été roulé dans la farine par son ancien responsable du fisc?».

Le camouflet ne sera pas sans conséquences, prévient encore l'analyste de la politique française des quotidiens vaudois et genevois. Si l'UMP reste trop empêtrée dans ses luttes internes et ses affaires judiciaires pour prendre l'avantage, le Front National de Marine Le Pen, lui, devrait par contre se profiler comme bénéficiaire direct du scandale. Et ce, «dès les élections municipales de 2014.»
Sandrine Perroud

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