Bilan

Qui Edward Snowden a-t-il épié à Genève, nid d'espions?

L'affaire Edward Snowden remet en lumière Genève en tant que plaque tournante de l'espionnage. Mais qui est ce banquier que l'Américain a surveillé? Des hypothèses non vérifiées, voire impossibles circulent.
Les années passent mais le constat reste le même: Genève était et reste un nid d'espions. La ville de Calvin additionne les spécificités que recherchent les services de renseignements: un aéroport, des frontières proches et une multitude d'organisations internationales, couverture idéale pour un foisonnement d'espions.

Que ce soit sous forme d'employés d'ambassade au bénéfice du statut diplomatique ou encore de journalistes dépêchés pour couvrir des sessions de la Genève internationale, les occasions ne manquent pas. Le Service de renseignement de la Confédération (SRC) est parfaitement conscient de la situation, lui qui juge dans son rapport 2013 que la Suisse est victime d’«activités de renseignement prohibé».

Le directeur du SRC, Markus Seiler, s'est toujours montré réticent à désigner des pays auteurs de ces actes. Mais aux activités de renseignement classique se calquent des demandes d'informations liées à la guerre économique, un secteur où Genève reste une proie intéressante avec ses banques et sièges européens ou mondiaux d'entreprises.

Logé à l'enseigne de la mission permanente des Etats-Unis

Edward Snowden a ainsi reconnu avoir travaillé à Genève entre 2007 et 2009 pour le compte de la Central Intelligence Agency (CIA, service de renseignement américain). Il était employé sous son propre nom en tant que responsable de la sécurité informatique. Comme l'a laissé transparaître le site Moneyhouse, le jeune homme y logeait à une adresse où la mission permanente des Etats-Unis dispose d'appartements pour ses employés. Il est d'ailleurs également référencé à l'adresse de la mission permanente des USA.

Dans ses confessions, le jeune américain raconte comment il a piégé un banquier suisse en le poussant à boire pour mieux le faire arrêter en état d'ivresse et libérer par la suite. La police genevoise se refuse à confirmer l'incident, qui aura créé un sentiment de gratitude chez le banquier et lui fera accepter de coopérer plus tard avec les autorités américaines.

Et si Edward Snowden avait espionné Bradley Birkenfeld?

L'identité du banquier suscite bien des interrogations. Pourrait-il s'agir de Bradley Birkenfeld, l'employé américain d'UBS qui a dénoncé la banque à la justice américaine? Il en a été récompensé par un versement de 104 millions de dollars en septembre 2012 de la part de l'Internal Revenue Service (IRS, le fisc américain), après trois ans d'incarcération.

Si Bradley Birkenfeld a bien travaillé à Genève pour UBS dès 2001, il a démissionné en octobre 2005. Il ne peut donc être le banquier retourné par Edward Snowden, qui a débarqué dans la Cité de Calvin en 2007. D'autres s'imaginent qu'il s'agit d'Hervé Falciani, qui avait dérobé chez HSBC Private Banking des fichiers contenant les noms de 130'000 clients. Mais là encore, rien ne permet d'établir le lien.

Des aveux dans un contexte de tension avec les USA

Ces aveux ont poussé le Conseil fédéral a demander des «éclaircissements» à l’ambassade des Etats-Unis. Surtout, ils interviennent alors que les chambres fédérales se cabrent contre la procédure d'urgence que le gouvernement cherche à imposer à la révision de la loi sur les banques. «Le scepticisme grandit toujours plus», avoue au Blick le conseiller national et ex-président du PLR Fulvio Pelli.

C'est également dans le Blick que le directeur de la chambre américano-suisse cherche à calmer la situation: «J'en appelle à la prudence. Il n'y a qu'une seule source d'information, dont le sérieux n'est pas garanti», souligne Martin Naville à propos d'Edward Snowden.
Pascal Schmuck

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