Bilan

Quels sont les clubs de football les plus riches au monde?

En dépit des scandales, le football ne cesse de concentrer les capitaux. Les clubs en particulier attirent les investisseurs. Le cabinet Deloitte vient de publier son étude Money Football League 2017 et dévoile quels sont les équipes les plus riches au monde.
  • 1. Manchester United: les Red Devils retrouvent la première place du top 20 Deloitte cette année avec un chiffre d'affaires passé de 519,5 à 689 millions d'euros.

    Crédits: Image: AFP
  • Le détail des revenus de Manchester United.

    Crédits: Image: Deloitte
  • 2. FC Barcelone: le club catalan a vu son chiffre d'affaires passer de 560,8 à 620,2 millions d'euros.

    Crédits: Image: AFP
  • Les revenus du FC Barcelone.

    Crédits: Image: Deloitte
  • 3. Real Madrid: le champion d'Europe en titre a vu son chiffre d'affaires passer de 577 à 620,1 millions d'euros.

    Crédits: Image: DR
  • Les revenus du Real Madrid.

    Crédits: Image: Deloitte
  • 4. Bayern Munich: le club bavarois a réussi à passer de 474 à 592 millions d'euros de chiffre d'affaires.

    Crédits: Image: AFP
  • Les revenus du Bayern Munich.

    Crédits: Image: Deloitte
  • 5. Manchester City: le deuxième club mancunien a vu son chiffre d'affaires augmenter, passant de 463,5 à 524,9 millions d'euros.

    Crédits: Image: AFP
  • Les revenus de Manchester City.

    Crédits: Image: Deloitte
  • 6. Paris Saint-Germain: le seul club français du top 20 mondial a vu son chiffre d'affaires passer de 480,8 à 520,9 millions d'euros.

    Crédits: Image: AFP
  • Les revenus du Paris-Saint-Germain.

    Crédits: Image: Deloitte
  • 7. Arsenal FC: le club de Londres a vu son chiffre d'affaires passer de 435,5 à 468,5 millions d'euros.

    Crédits: Image: DR
  • Les revenus d'Arsenal.

    Crédits: Image: Deloitte
  • 8. Chelsea FC: le club de Roman Abramovitch a vu son chiffre d'affaires passer de 420 à 447,4 millions d'euros.

    Crédits: Image: AFP
  • Les revenus de Chelsea.

    Crédits: Image: Deloitte
  • 9. Liverpool FC: les Reds ont connu une hausse minime de leur chiffre d'affaires, celui-ci passant de 391,8 à 403,8 millions d'euros.

    Crédits: Image: DR
  • Les revenus du Liverpool FC.

    Crédits: Image: Deloitte
  • 10. Juventus de Turin: le club piémontais a légèrement augmenté son chiffre d'affaires, passant de 323,9 à 341,1 millions d'euros.

    Crédits: Image: AFP
  • Les revenus de la Juventus de Turin.

    Crédits: Image: Deloitte

Des investisseurs chinois qui rachètent le Milan AC à Silvio Berlusconi, l'Américain Frank McCourt qui reprend l'Olympique de Marseille à Margarita Louis-Dreyfus, le luxembourgo-espagnol Gérard Lopez qui rachète le Lille Olympique Sporting Club (LOSC) au Français Michel Seydoux... Ces rachats opérés sur les six derniers mois viennent s'ajouter aux acquisitions des dernières années de clubs britanniques (Chelsea, Arsenal, Manchester United et Manchester City,...), espagnols (Malaga, Valence), italiens (Inter Milan, Napoli) ou français (Paris-Saint-Germain, AS Monaco). Des pétromonarchies du Golfe aux conglomérats chinois en passant par les milliardaires américains, les clubs de football européens suscitent les convoitises et concentrent les capitaux. Les montants des droits de retransmission télévisuelle ont grimpé en flèche aussi, et les partenariats ont suivi la tendance. D'où des clubs de plus en plus riches. Y compris en Allemagne où les textes interdisent la prise de contrôle d'un club à plus de 50% par un investisseur étranger.

Lire aussi: Football Leaks: l'AS Monaco redressée par le fisc espagnol

Cet afflux de capitaux a majoritairement profité à certains clubs. En premier lieu ceux du top 4 anglais (Manchester United, Chelsea, Arsenal, Liverpool), mais aussi les autres clubs rachetés, aussi bien en Angleterre (la Premiere League est le championnat le plus diffusé au monde) qu'en Espagne, en Italie ou en France. Et les répercussions ont permis aux clubs qui n'ont pas été rachetés de voir leur richesse augmenter par le biais de contrats de sponsorings, de naming des stades ou de partenariats revus à la hausse. Sans oublier la valorisation accrue des joueurs et donc des gains accrus lors des transferts. Ainsi, le FC Barcelone, le Real Madrid, le Bayern Munich ou encore la Juventus de Turin ont profité par ricochet de cette manne financière.

Podium inchangé, ordre bouleversé

Dans son édition 2017 de l'étude Football Money League, le cabinet Deloitte révise son classement annuel des 20 clubs les plus riches au monde. Pour sa vingtième édition, le Football Money League ne déroge pas à la tradition avec le même podium depuis la première publication du rapport en 1997: Manchester United, le FC Barcelone et le Real Madrid ont trusté les trois premières places depuis deux décennies et continuent de régner sur le football européen, versant financier. Changement notable toutefois: Manchester United retrouve la 1ère place (que le club n'avait pas connue depuis 2004), devançant le FC Barcelone et reléguant le Real Madrid à la troisième place. Le club madrilène avait dominé les onze dernières éditions du classement et a vu son chiffre d'affaires augmenter de 7% sur le dernier exercice, gagnant notamment la Ligue des Champions et la Liga, pour atteindre 620,1 millions d'euros. Insuffisant pour devancer le FC Barcelone et ses 620,2 millions d'euros acquis notamment via une hausse de la fréquentation du stade, le célèbre Camp Nou, et la bagatelle de 200 nouveaux contrats de partenariat et sponsoring. Et surtout à bonne distance de Manchester United et ses 689 millions d'euros: un montant record permis notamment par la signature de contrats faramineux avec Chevrolet et Adidas.

Lire aussi: Adidas confirme son objectif record en 2016 et restructure Reebok

Au pied du podium se trouve le plus grand club allemand: le Bayern Munich a enregistré 592 millions d'euros sur le dernier exercice, malgré des résultats décevants sur la scène européenne. Le 25e titre de champion d'Allemagne et de lucratifs contrats de partenariats ont permis de faire bondir de 25% le chiffre d'affaires du club bavarois. Avec un actionnariat assis sur ses fans (72,5%) et quelques groupes industriels régionaux (Adidas 10%, Audi 9%, Allianz 8%), le club de Franz Beckenbauer et Uli Hoeness reste un modèle de gestion durable.

La cinquième place revient à un club anglais: Manchester City a vu sa richesse augmenter ces dernières années sous l'impulsion de ses repreneurs d'Abu Dhabi. Et les résultats sportifs ont suivi: l'an dernier, le club a atteint les demi-finales de la lucrative Champion's League. Et cette année, le club intègre le top 5 du classement Deloitte pour la première fois avec 524,9 millions d'euros de chiffre d'affaires sur le dernier exercice.

Le PSG sort du top 5 mondial

Au 6e rang: le Paris-Saint-Germain, qui ne réussit pas à intégrer le top 5 du classement Deloitte dans l'édition 2017, une première depuis le rachat du club par les Qataris en 2011. Le nouveau titre de champion de France conquis en mai 2016 n'a pas suffi à compenser la perte que représente le joueur-star de l'effectif: Zlatan Ibrahimovic est parti libre et n'a donc pu être valorisé. Le PSG présente un chiffre d'affaires de 520,9 millions d'euros. Le club français s'était longtemps classé au 5e rang (de 2012 à 2015) avant de se hisser au 4e rang du palmarès en 2016.

Vient ensuite le club londonien d'Arsenal, qui termine 7e du classement avec 486,5 millions d'euros. Sevré de titres majeurs (Premier League ou Champion's League) depuis une décennie, le club entraîné par Arsène Wenger a réussi à se maintenir dans le top 10 grâce aux revenus du stade: les tarifs des places (billets et abonnements) à l'Emirates Stadium figurent parmi les plus élevés de Premier League, et l'enceinte de l'équipe rapporte de nombreux revenus annexes (loges, catering, commerces,...).

Lire aussi: Nike signe un nouvel accord avec le Barça pour 150 millions

A quelques centaines de mètres de l'Emirates Stadium, rendez-vous à Stamford Bridge pour le 8e club du classement: le Chelsea de Roman Abramovitch a enregistré un chiffre d'affaires de 447,3 millions d'euros l'an dernier. Les mauvais résultats sportifs de la saison 2015-2016 menaçaient Chelsea qui aurait pu voir Liverpool dépasser le club londonien. Mais si l'équipe venait à remporter la Premier League (elle caracole en tête actuellement), elle pourrait sauver sa place dans le top 10 mondial de Deloitte.

Liverpool devant la Juventus

Toujours en Angleterre: le Liverpool FC n'a pas été champion depuis près de trois décennies. Mais Anfield Road (le stade mythique de Liverpool) reste une place forte du football, aussi bien en terme de ferveur populaire qu'en termes de puissance financière. Sur le dernier exercice, Liverpool a enregistré un chiffre d'affaires de 403,8 millions d'euros.

Et c'est un club italien qui clôt ce top 10: la Juventus de Turin a réalisé un chiffre d'affaires de 341,1 millions d'euros sur l'année écoulée. Le club phare d'Italie sur la décennie écoulée continue de régner sans partage sur la péninsule et est bien parti pour accrocher un nouveau titre en fin de saison. De quoi assurer encore l'avenir et renforcer la puissance du club, qui n'a pas hésité à investir massivement l'été dernier pour renforcer l'équipe avec notamment le buteur argentin Gonzalo Higuain, débauché du Napoli pour près de 90 millions d'euros.

Lire aussi: L'horlogerie suisse envahit le terrain du football en Europe

Pour établir ce classement, Deloitte s'appuie essentiellement sur le chiffre d'affaires des clubs et décortique l'origine des revenus et les évaluations de valeurs des joueurs pour estimer le capital disponible. Sur la dernière saison analysée (2015-2016), le chiffre d'affaires cumulé des vingt clubs les plus riches au monde a atteint 7,4 milliards d'euros, en hausse de 12% par rapport à la saison 2014-2015. Pour mesurer l'écart entre le football de la fin du XXe siècle et celui de 2016-2017, un chiffre est parlant: le top 3 des clubs les plus riches est resté composé des mêmes équipes avec le Real Madrid, le FC Barcelone et Manchester United, mais ce trio génère aujourd'hui sept fois plus de revenus qu'en 1996-1997.

La montée en puissance des clubs chinois

Un top 20 qui reste largement dominé par la Premier League: le championnat anglais place huit représentants dans les vingt plus riches équipes au monde, devant l'Italie avec quatre représentants, l'Espagne et l'Allemagne (trois chacun), et la France et la Russie (un club). D'année en année, la présence anglais est plus forte. Depuis 1996-1997, quatre clubs anglais ont toujours été présents (Manchester United, Arsenal, Liverpool et Tottenham), contre trois italiens (Milan AC, Inter de Milan et Juventus de Turin), deux espagnols (FC Barcelone et Real Madrid) et un allemand (Bayern Munich).

En deux décennies, 42 clubs différents ont été intégrés dans ce top 20 par les enquêteurs de Deloitte. Un seul club non européen (brésilien) a réussi à se faufiler dans ce palmarès quasi-exclusivement européen (deux clubs turcs ont aussi été nommés, mais la Turquie joue les compétitions européennes). Une hégémonie européenne qui pourrait toutefois toucher à sa fin. Ces derniers mois, de nombreux clubs chinois ont lancé une offensive sans précédent pour rafler les meilleurs joueurs des grands clubs européens, en proposant des sommes astronomiques pour les transferts et les salaires. La force nouvelle de ces acteurs plus habitués jusqu'à présent à recruter des joueurs en fin de carrière pourrait bouleverser les équilibres. Soutenus par des conglomérats et encouragés par les autorités chinoises (qui voudraient développer le football en vue de la Coupe du Monde 2030), ces clubs chinois pourraient faire leur entrée dans le classement Deloitte dès l'édition 2018.

Lire aussi: Le jour où la Chine aura la Coupe du monde

 

Les données clefs de l'étude Deloitte Football Money League 2017

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

Du même auteur:

Offshore, Consortium, paradis fiscal: des clefs pour comprendre
RUAG vend sa division Mechanical Engineering

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."