Bilan

Quel modèle d'avenir pour les médias en Suisse?

Le forum Allmedia 18 qui s'est tenu à Genève a fait salle comble alors qu’un vent de panique souffle au sein de la SSR à moins de deux mois de la votation sur l'initiative No Billag.

La baisse des revenus publicitaires met en danger les médias privés alors que l'initiative No Billag menace l'audiovisuel public.

Crédits: Keystone

Ils étaient venus en nombre à Genève, les principaux acteurs du monde des médias, du marketing et de la publicité, à l’événement Allmedia 18. L’avènement du brand safety, l’abandon de formats publicitaires par Google ou encore le prochain vote sur l'initiative No Billag ont attiré les professionnels du secteur. En ouverture de cette journée, François Besençon, président de la section romande de KS/CS Communication Suisse, a aussi rappelé le prochain vote visant à interdire complètement l’affichage publicitaire sur le domaine public en Ville de Genève. Une menace à prendre très au sérieux selon lui.

Lire aussi: Les médias se calquent-ils sur les réseaux sociaux?

 A 15 jours de l’ouverture des Jeux olympiques en Corée du Sud, Nicolas Bideau, le directeur de Présence Suisse, a rappelé que la marque «Suisse» a été évaluée à 5 milliards de francs par HEC Saint-Gall: «Une valeur objective qui s’appuie sur un panier de valeurs calculables», a-t-il tenu à souligner. Ce «nation brander» comme on les appelle a déniché un produit d’appel pour la Suisse: les drones, dont la technologie fait l’objet de développements très pointus au sein des écoles polytechniques notamment. «Nous avons développé une campagne autour du slogan "Swiss nation of drones". Nous allons l’utiliser dans plusieurs salons internationaux», a-t-il indiqué.

Autre atout qu’il désire vendre: l’aventure Sion 2026, soit la candidature de la Suisse aux Jeux Olympiques d'hiver. Un vote devrait intervenir à ce propos le 3 mars prochain. «Cela permettrait de positionner la Suisse de manière durable», affirme-t-il.

Entre baisse des revenus et initiative No Billag

Mais le dossier qui a largement occupé les esprits en cette fin du mois de janvier, c'est la votation qui se tiendra dans moins de deux mois sur l'initiative No Billag. L’une des tables-rondes de l'événement Allmedia 18 était consacrée à l’avenir des médias en Suisse romande à l’heure du numérique. Jacques Pilet, qui a notamment fondé plusieurs titres aujourd'hui disparus (L’Hebdo, Le Nouveau Quotidien, et Emois) et du nouveau site d’information Bon pour la tête, devait y participer mais a eu un empêchement. C'est donc avec Ralph Büchi, à la tête du joint-venture suisse Axel Springer-Ringier, Geoffrey Moret, fondateur de Kapaw, Stéphane Babey, rédacteur en chef de Vigousse, et Olivier Glassey, maître d'enseignement et de recherche à l'Université de Lausanne, que les échanges se sont tenus. Comme l’a rappelé en introduction Patrick Zanello, organisateur de cette journée, «Le marché publicitaire suisse a perdu 1 milliard de francs de revenus en sept ans».

A la tête du pôle qui regroupe Le Temps, Bilanz, PME Magazine ou encore L’Illustré, Ralph Büchi a rappelé que «le monopole des médias a été brisé par l’internet. La concurrence s’est atomisée». En réponse à une question sur son envie de bénéficier d’une aide du secteur public, le patron de presse a réaffirmé son refus de toute subvention publique. Et juste avant l’intervention de Gilles Marchand, le directeur général de la SSR, il a ajouté de manière incisive: «Vous croyez vraiment que nous aurions envie d’attendre le 4 mars pour savoir si nos médias peuvent continuer ou non? Le premier garant d’une indépendance journalistique c’est l’indépendance économique». Enfin, interrogé par Ariane Dayer, rédactrice en chef du Matin Dimanche, et Fabien Muhiedinne, rédacteur en chef adjoint au Matin Dimanche, Gilles Marchand, directeur général de la SSR, a réaffirmé «qu’il n’y a pas de plan B, ni pour la SSR, ni pour moi» en cas d'acceptation par les électeurs de l'initiative No Billag en mars prochain.

Lire aussi: Plus de 5000 artistes suisses appellent à rejeter "No Billag"

Serge Guertchakoff

RÉDACTEUR EN CHEF DE BILAN

Lui écrire

Serge Guertchakoff est rédacteur en chef de Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également à l'initiative du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches. Après avoir été rédacteur en chef adjoint de Bilan de 2014 à 2019, il a pris la succession de Myret Zaki en juin de cette année.

Du même auteur:

Le capital-investissement connaît un renouveau en Suisse
Le Geneva Business Center de Procter & Gamble récompensé pour ses RH

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."