Bilan

Que deviennent les entreprises après un crowdfunding?

La plateforme Raizers publie un suivi plutôt encourageant du développement des projets qui ont été financés, de l’horlogerie aux panneaux solaires, en passant par l’immobilier.

Financé via la plateforme Raizers, Czapek a remporté le prix du public au Grand Prix de l’Horlogerie à Genève en 2016

Crédits: Czapek & Cie

Dans le monde du financement participatif, on entend souvent parler des projets et entreprises pendant leur campagne de levée de fonds. Logique: il faut tenter d’attirer un maximum d’investisseurs... Mais que deviennent ces entreprises par la suite?

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A l’occasion de sa journée investisseurs, qui se tiendra le mois prochain à Genève, Raizers a réalisé un exercice de suivi d’un panel de projets qu’elle a financés. La plateforme propose d’investir dans des entreprises, soit entrant au capital (crowdequity), soit en accordant un prêt (crowdlending). Basée en Suisse, en France et en Belgique, la plateforme sélectionne des projets au niveau européen, et enregistre une trentaine d’opérations pour plus de 13 millions d’euros levés. Sélection du suivi de quelques projets présentés à cette occasion.

Les horlogers nouvelle génération

Parmi les entreprises suisses, trois horlogers nouvelle génération se sont distingués. A commencer par Klokers, qui avait réalisé une campagne de financement au-delà des attentes avec plus de 450'000 francs, afin de lancer sa Klok-08, un modèle unisexe inspiré par les années 1960, au design caractéristique. La marque a largement étendu son réseau de distribution depuis et est aujourd’hui présente dans plus de 200 boutiques à travers 20 pays.

La marque Reservoir, qui met en avant son identité Swiss Made et ses montres automatiques à trois complications, s’est quant à elle fait une place au sein de distributeurs de prestige comme le Printemps Haussmann. Elle a également développé un réseau d’agents aux Etats-Unis, au Benelux, en Suisse et en Angleterre. Des projets sont en cours pour s’étendre vers d’autres pays européens, mais aussi au Moyen-Orient et en Asie.

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Quant à la renaissance de Czapek, marque horlogère bicentenaire, elle a été rendue possible grâce à trois entrepreneurs passionnés. La valorisation de l’entreprise a été multipliée par deux à la suite du crowdfunding et elle cumule les bons points. La marque haut de gamme, par ailleurs vainqueur du prix du public au Grand Prix de l’Horlogerie à Genève en 2016, a vendu plus de 200 montres en 15 mois, d’après les documents de Raizers.

Prise de participations et développement de la R&D

Les projets ont connu des développements favorables à différents niveaux. Certains ont eu les faveurs de grands investisseurs, à l’image de Mon Maitre Carré, une plateforme qui permet de mettre au concours des projets pour faire appel à des décorateurs et architectes d’intérieurs. Le groupe français Saint-Gobain a pris une participation majoritaire dans l’entreprise et souhaite développer cette solution avec des partenaires.

Dans un autre registre, on peut citer Alver, qui avait levé près de 300'000 francs. L’entreprise conçoit et commercialise en Suisse une gamme de poudres d’algues et de produits finis à base de super-aliments, en l’occurrence la Golden Chlorella, qui est composée à 63% de protéines. L’entreprise étudie plusieurs pistes pour sa distribution et a remporté fin 2017 un prix de Naturex, leader mondial des ingrédients naturel, qui lui offre six mois d’accès privilégié à ses équipements et laboratoires pilotes.

Citons encore un exemple dans l’immobilier, où le crowdfunding est en plein développement. Suite à la levée de fonds, une opération de promotion immobilière a été réalisée par MJ Developpement et Citizen k. Il s’agit d’un programme de 40 logements dans la région de Montpellier, dans le sud de la France. D’après Raizers, cette opération a été remboursée par anticipation au bout de 12 mois, avec une rentabilité annuelle de 10%.

Bonnes perspectives pour 2018

Actuellement, deux projets suisses sont listés sur la plateforme: Skillspotting (Genève) et BTsun (Montreux). Le premier développe un logiciel de ressources humaines axée sur la gestion des talents 2.0. Quant à BTsun, le bureau d’étude propose l’installation clé en main de panneaux photovoltaïques et de solutions d’économies d’énergie.  

D’après une étude de la Haute Ecole de Lucerne, 128  millions de francs ont été levés en 2016 en Suisse, soit un montant multiplié par quatre en l’espace d’une année, grâce aux contributions de plus de 100'000 personnes. Cette somme pourrait atteindre jusqu’à 400  millions de francs pour le total de 2017 et poursuivre sa forte croissance en 2018.

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Marjorie Thery
Marjorie Théry

JOURNALISTE À BILAN

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