Bilan

Qu'attend la Suisse pour plonger dans l'e-sport?

L'e-sport est une phénomène toujours grandissant en Suisse. En marge de son étude sur les sponsors suisses, le cabinet Sponsorize a relevé une ambivalence: d'un côté les marques veulent occuper cette niche. De l'autre, elles sont loin de s'engager durablement avec les structures locales.

La Geneva Gaming Convention a connu deux éditions... avant que la société organisatrice fasse faillite.

Crédits: Palexpo

Comment la Suisse se positionne face au phénomène mondial de l’e-sport ? Il faut reconnaître que le développement suisse affiche une position encore timide face au développement international. C'est ce qu'a constaté Sponsorize, qui estime qu'il est donc judicieux de relever des opportunités entrepreneuriales en terme d’innovation sur ce marché encore restreint. Les clubs de foot suisses l’ont bien compris et surf actuellement sur cette vague. St-Gall, Lausanne, Bâle, Genève Servette et le FC Sion ont chacun investi dans l’esport en créant leur propre division e-sportive.

Parmi ces clubs, certains comme le FC Bâle, souhaitent uniquement se focaliser sur les jeux de sport comme FIFA. D’autres, comme le Lausanne Sport, s’engagent déjà dans d’autres parties de jeux comme LoL (League of Legends – best-seller). Il n’y a donc pas que sur FIFA que les divisions e-sportives se lancent. Le but est de mettre en avant les valeurs collectives, l’esprit de compétition à travers des jeux à forte notoriété.  

Depuis, l’esport continue à se développer en Suisse romande grâce à la mise en place d’événements de gaming tels que la Geneva Gaming Convention qui a connu deux éditions à Palexpo ainsi qu’avec l’International Gaming Show à Lausanne, ou encore la SwitzerLAN organisée chaque année à Berne. La pratique régulière et compétitive d’un jeu en LAN (tournoi) ou online attire de plus en plus l’attention des médias suisse et gentiment celle des sponsors.

En ce qui concerne la Suisse, les sponsors gaming sont quasiment inexistants. Si des bars comme le Qwertz (Lausanne) ou le Meltdown (Genève) attirent des joueurs lors de certains tournois, ils ne bénéficient pas de gros sponsorings au niveau des prix, comme certains établissements à l'étranger. Les aides de la part des marques sont principalement matérielles, avec par exemple un stock de claviers pour des équipes semi-professionnelles. Beaucoup de gens ont de la peine à considérer l’e-sport comme un sport à part entière et se méfient de la tendance.

Phénomène porteur ou non ?

Nouvel eldorado des marques, l’e-sport connaît une croissance incomparable avec 320 millions de participants et spectateurs à travers le monde. Le sponsoring gaming est donc un nouveau territoire de communication touchant un public jeune (60% des jeunes entre 18 et 34 ans), plutôt masculin, connecté et actif sur le digital.

La médiatisation de l’e-sport attire de plus en plus de spectateurs en live ou en ligne. Le sport électronique représente 892 millions de dollars et dans certaines pays les jeux sont même diffusé en direct à la télévision. Le marché du gaming touche 90 milliards de dollars et devrait générer 1,6 milliards d’ici 2021. Malgré ces chiffres importants, ce qui l’intérêt ne se trouve pas dans la taille de l’audience mais dans sa démographie composée des jeunes hommes âgés de 15 à 35 ans. Ce public représente des opportunités en terme de marketing:

●   La possibilité de toucher un public jeune et connecté, qui est d’ailleurs de plus en plus difficile à atteindre à cause de l’utilisation de bloqueurs publicitaires ;

●   Gagner de la visibilité grâce aux équipes et compétitions de niche sponsorisées.  

L’essor lié à l'esport ne laisse donc pas indifférentes les marques pour lesquelles un éventail de possibilités de visibilité s’y offrent. Sachant que le sponsoring est l’un des plus gros revenu de l’esport avec la publicité, les types de sponsors ont évolué en même temps que le sport électronique. Les premières entreprises sponsors ont été celles proche du milieu de l’esport, comme celles du domaine de l’informatique, du jeu vidéo et de l’high-tech.

Par la suite, les labels plus ou moins attendus ont décidé d’investir, notamment les opérateurs mobiles comme Samsung avec Samsung Galaxy (eSports). Coco Cola sponsorise de nombreuses compétitions et a organisé en 2018 l’eCoca-Cola, un tournoi qualitatif pour la phase finale de la FIFA eWorld Cup. D’autres marques telles que Red Bull, Volvic, Adidas, Axe, Gillette ou encore Bell se sont également tournées vers le marché du sport électronique.

De plus, les initiatives dans le milieu e-sportif se multiplient, à l'image de la campagne participative lancée en janvier par Noetic. La structure fribourgeoise espère créer un centre de formation pour les joueurs. L'espace servira d'une part à sensibiliser et responsabiliser les adeptes des jeux vidéo, en prônant une pratique saine. D'autre part, il sera le théâtre du perfectionnement des joueurs.

Maarten De Winter et Sebastian Chiappero, les deux associés fondateurs du cabinet Sponsorize
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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

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Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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