Bilan

Quand la nanotechnologie allège notre quotidien

La Nano Swiss Convention se tient jeudi et vendredi à Bâle. De toute la Suisse, les spécialistes des innovations issues de l'infiniment petit se retrouvent pour évoquer leurs projets.
Et s'il fallait chercher la croissance de demain sous le prisme d'un microscope? Le dynamisme et le potentiel des nanosciences et des nanotechnologies laissent entrevoir des réserves de développement inversement proportionnelles à la taille des composants.

Pendant deux jours, chercheurs, ingénieurs et développeurs se retrouvent à la Messe de Bâle pour partager leurs expériences, mettre en commun leurs questionnements et envisager les pistes d'avenir. La Nano Swiss Convention fait escale sur le Rhin après une première édition à Baden en 2011 puis une incursion à Lausanne voici un an.

De nombreuses applications

«Avant d'être un moment purement scientifique, cet événement permet de faire le lien entre la recherche, les autorités politiques et le grand public, qui connaît encore trop peu les applications et les potentiels des nanotechnologies», analyse Heinrich Hofmann, professeur à l'EPFL et spécialiste des nanotechnologies.

Et de citer les nombreuses applications déjà présentes dans le quotidien des Suisses: des textiles antibactérien, des équipements sportifs (raquettes de tennis, bateaux) aux polymères traités pour renforcer leur résistance, des crèmes solaires qui absorbent mieux les rayonnements UV, des emballages pour la nourriture et les médicaments qui bloquent la lumière du jour et prolongent la durée de consommation ou d'utilisation,...

Diagnostics et lutte contre le cancer

«Dans les cinq à dix ans qui viennent, on peut attendre des progrès basés sur les nanoparticules pour les diagnostics, avec des agents de contrastes, les rayons X, la délivrance des médicaments», estime Heinrich Hofmann.

Le domaine médical est justement l'un des secteurs les plus prometteurs: Les nanoparticules peuvent orienter les substances actives vers les organes ciblés afin de gagner en efficacité. Une autre piste est l'hyperthermie: un champ magnétique chauffe des nanoparticules injectées dans l'organisme et cela permet de lutter notamment contre les cancers de la prostate et du cerveau, sans opération, prévoit le professeur de l'EPFL.

Les possibilités sont donc vastes. A l'image du nombre de laboratoires et de centres de recherche qui travaillent sur l'infiniment petit en Suisse. En dehors du pôle bâlois, à la pointe dans ce domaine en Suisse, des unités se distinguent à l'EPFL, à l'Université et à l'hôpital de Genève, à l'ETH Zurich et à l'EMPA. «En tout, entre 1000 et 2000 chercheurs au moins travaillent dans cette branche et cela augmente régulièrement», note Heinrich Hofmann.

Des formations spécifiques

Pour permettre à tous ces personnels scientifiques de se former à la base, un Swiss Master of Advanced Studies Nano & Micro Technology a été mis sur pied: ce diplôme délivré par la Haute Ecole Spécialisée – Suisse Occidentale (HES-SO) «s’adresse aux ingénieurs des secteurs techniques tel que l’électronique, microtechnique, mécanique fine, matériaux, revêtements, horlogerie, chimie, physique, biomédical», explique la directrice du programme, Silvia Schintke.

La palette des secteurs concernés laisse deviner l'étendue des applications de ces recherches dans le quotidien des années à venir: de la montre bracelet aux vêtements, des thérapies aux écrans tactiles, les nanotechnologies pourraient devenir courantes dans de nombreux domaines.

Les nanotechnologies ne font toutefois pas l'unanimité. Certains chercheurs mettent en avant les dangers que pourraient comporter des particules de si petite taille pour la santé de l'homme, comme le montre cette vidéo.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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