Bilan

Propositions de financements en masse pour la reconstitution de Notre-Dame

Sauvegardée pendant plus de 800 ans, la cathédrale de Notre-Dame a succombé sous les flammes ce lundi. Les raisons de l'incident restent inconnues mais les offres de financements se sont multipliées depuis hier.

L’Etat français a d’ores et déjà annoncé consacrer 40 millions d’euros pour la reconstitution de la cathédrale.

Crédits: Bertrand GUAY / AFP

«Le vrai miracle, c’est que la charpente de la cathédrale n’ait pas brûlé durant plus de 800 ans», s’étonne Thomas Büchi, maître-charpentier genevois. Tout comme ce passionné, l’incendie de Notre-Dame de Paris survenu lundi soir a ému le monde entier.  

Si les raisons du drame sont encore floues, le financement de la reconstruction de l’édifice est quant à lui discuté de toute part. Le chantier estimé à 60 millions d'euros sur dix ans, rien que pour la charpente, doit encore être expertisé pour décider si la structure en pierre a souffert. Néanmoins, en à peine 24 heures, la mobilisation financière est importante.

Une pluie de dons

L’Etat français a d’ores et déjà annoncé consacrer 40 millions d’euros pour la reconstitution de la cathédrale. Pour les 20 millions restants, des propositions telles que «faire payer l’entrée aux touristes» sont ressorties, bien que le recteur de Notre-Dame y soit fermement opposé. Ce dernier opterait davantage pour un «appel aux mécènes français».

«J'irai aussi chercher un peu de mécénat aux Etats-Unis», a divulgué Monseigneur Patrick Chauvet aux médias français.

Des mécènes français qui ont rapidement réagi. Le groupe LVMH et la famille Arnault ont promis une donation de 200 millions d’euros. Se disant «solidaires de cette tragédie nationale» et «s’associant à la reconstruction de cette extraordinaire cathédrale, symbole de la France, de son patrimoine, de son unité», ont-ils communiqué à l’Agence de presse française.

La famille d’industriels français Pinault, qui préside le groupe de luxe Kering, a suivi le mouvement et a offert dans la foulée 100 millions d’euros. Dans un communiqué, le président de la holding familiale s’est exprimé, «cette tragédie frappe tous les Français et bien au-delà, tous ceux qui sont attachés aux valeurs spirituelles. Face à un tel drame, chacun souhaite redonner vie au plus vite à ce joyau de notre patrimoine.»

La population met la main à la poche

Toiture sinistrée, charpente ravagée, voûte et flèche effondrées, le bilan matériel est dramatique. Le coût des travaux pourrait ainsi s’envoler dans les jours à venir. Des internautes ont décidé de prendre les devants et d’apporter leur pierre à l’édifice via des cagnottes en ligne.

Plusieurs campagnes en faveur de la cathédrale ont ainsi vu le jour sur des plateformes réputées comme Leetchi ou Lepotcommun. La collecte de fonds la plus plébiscitée lundi soir étant: «Notre-Dame de Paris Je t’aime», impulsée par le site Dartagnans, spécialisé dans le financement participatif pour patrimoine. Avec 22'000 euros récoltés mardi matin, la mobilisation populaire est au rendez-vous.

Un autre essai réussi, «Financement des réparations de Notre Dame» comptabilisait à l’aurore, 11'000 euros pour un compte anonyme. Les personnes plus méfiantes sur la destination de ces dons, ont pu quant à elles se retourner sur des cagnottes lancées par des institutions. La Fondation du patrimoine dédiée à la préservation du patrimoine ouvre notamment sa propre collecte ce mardi.

Un élan de solidarité international

L’Unesco sera en charge de chapeauter les dons provenant du monde entier. A New York, l’organisation French Heritage Society, a démarré elle aussi une collecte pour la restauration du monument.

Le site de financement participatif Go Fund Me a aussi été mis à contribution à travers les continents, avec plus de cinquante campagnes initiées depuis hier. Une générosité qui bouleverse Thomas Büchi. «Visiter les combles de la cathédrale il y a trente ans, m’a donné l’envie de faire ce métier» confie le maître-charpentier réputé à Genève. «Quand je pense qu’il a fallu défricher une forêt entière d’Île-de-France, pas moins de 1'500 chênes pour construire cette charpente, et ce chef d’œuvre est parti en fumée.»

Convaincu que ce type d’incident est fréquent sur les chantiers, du fait de la poussière omniprésente et de la décoration en plombs qui rajoutent de la charge thermique, Thomas Büchi n’est est pas moins accablé. L’expert genevois espère à l’avenir, que les responsables de la reconstitution prendront davantage de précautions pour protéger ce patrimoine.

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