Bilan

Présidentielle en France: les affaires judiciaires de la campagne

Les trois principaux candidats des élections présidentielles françaises ont impliqués ou cités dans des affaires judiciaires.
  • Le candidat de la droite a été inculpé mardi pour détournement de fonds publics, complicité et recel de détournement de fonds publics.

    Crédits: AFP
  • La candidate de l'extrême droite a refusé de répondre à une convocation des juges d'instruction, arguant de son immunité de parlementaire européenne. 

     

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  • Le parquet de Paris a ouvert une enquête sur des soupçons de favoritisme autour d'un déplacement ministériel organisé en janvier 2016 par M. Macron.

     

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Fait inédit dans l'histoire des élections présidentielles en France, les trois principaux candidats en tête dans les intentions de vote au premier tour le 23 avril sont impliqués ou cités dans des affaires judiciaires. 

Voici un point par ordre alphabétique: 

A droite, François Fillon, 63 ans 

Le candidat de la droite a été inculpé mardi pour détournement de fonds publics, complicité et recel de détournement de fonds publics, recel et complicité d'abus de bien sociaux et manquement aux obligations de déclaration à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).

L'inculpation pour détournements de fonds publics correspond aux soupçons d'emplois fictifs de son épouse, Penelope, et de deux de ses cinq enfants, Charles et Marie, qui ont bénéficié de salaires d'assistants parlementaires pour des centaines de milliers d'euros.

Employée entre 1986 et 2013 par François Fillon et par son suppléant Marc Joulaud (2002-2007), Penelope Fillon a perçu 680.380 euros net, soit environ 3.600 euros mensuels net, selon l'hebdomadaire Canard Enchainé. François Fillon a lui-même révélé avoir employé ses enfants entre 2005 et 2007 quand il était sénateur, pour 3.000 euros par mois en moyenne.

De mai 2012 à décembre 2013, Mme Fillon a aussi été salariée comme conseillère littéraire par la "Revue des deux mondes", appartenant à un homme d'affaires proche de son époux, le richissime Marc Ladreit de Lacharrière. Ce volet correspond à l'inculpation pour recel et complicité d'abus de biens sociaux.

Enfin, François Fillon a été inculpé pour n'avoir pas déclaré un prêt de 50.000 euros sans intérêt accordé par Marc Ladreit de Lacharrière. 

Par ailleurs, le déontologue de l'Assemblée nationale s'est saisi de la question des costumes de luxe offerts à François Fillon par "un ami", les montants en jeu (48.500 euros depuis 2012 selon l'hebdomadaire JDD) dépassant largement les dons autorisés par le code de déontologie du Parlement. 

A l'extrême droite, Marine Le Pen, 48 ans

Visée par des affaires d'emplois fictifs et de financement illégal de campagne électorale, la candidate de l'extrême droite a refusé de répondre à une convocation des juges d'instruction, arguant de son immunité de parlementaire européenne. 

Un de ses proches, Frédéric Chatillon, a été inculpé le 25 février pour "abus de biens sociaux" dans le cadre d'une enquête sur le financement des campagnes de 2014 et 2015 (élections municipales, européennes et départementales). Les enquêteurs soupçonnent des frais gonflés et des prestations surfacturées pour bénéfier des remboursements de l'Etat. Ce système vaut déjà à M. Chatillon et deux responsables du parti un renvoi au tribunal pour les campagnes de 2012.

Par ailleurs, la cheffe de cabinet de Mme Le Pen a été inculpée pour "recel d'abus de confiance": Catherine Griset est soupçonnée d'avoir été employée fictivement comme assistante de Mme Le Pen au Parlement européen de 2010 à 2016. Les investigations en cours visent à prouver l'existence d'un système conçu par le Front National pour faire payer les salaires de ses collaborateurs en France par des fonds publics européens, via des contrats d'assistants au Parlement européen.

Le parquet financier a aussi ouvert une enquête préliminaire pour vérifier des soupçons de "sous-évaluation" du patrimoine immobilier de Marine Le Pen. La candidate fait l'objet de deux procédures de redressement fiscal, selon le quotidien Le Monde.

Enfin, les juges ont obtenu une levée de l'immunité parlementaire de Marine Le Pen dans le cadre d'une enquête sur la diffusion de photographies de décapitation et de morts violentes du groupe Etat islamique publiées sur son compte twitter en décembre 2015.

Au centre, Emmanuel Macron, 39 ans

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire sur des soupçons de favoritisme autour d'un déplacement ministériel organisé en janvier 2016 par celui qui était alors ministre de l'Economie au sein du gouvernement socialiste de François Hollande.

Cette enquête pour "favoritisme, complicité et recel" fait suite à un rapport d'inspection évoquant des dysfonctionnements dans l'organisation de cette opération, confiée au géant français de la communication Havas sans appel d'offres préalable par une agence dépendant du ministère des Finances, Business France. L'agence a reconnu sa responsabilité dans les possibles irrégularités. 

Selon l'hebdomadaire Le Canard enchaîné, qui a révélé l'affaire, le coût de la soirée aurait atteint 381.759 euros, dont 100.000 euros en frais d'hôtel. 

L'association anticorruption Anticor a par ailleurs demandé à la HATVP de "vérifier le caractère exact et sincère" des déclarations de l'ancien banquier d'affaires sur son patrimoine (évalué à 200.000 euros, après soustraction d'1 million d'euros d'endettement) au regard de ses revenus (3,3 millions d'euros avant impôt entre 2009 et 2014).

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