Bilan

Pour le Centre Patronal Vaudois, la Suisse doit exploiter le gaz de schiste

Le syndicat estime que le forage à la recherche de gaz dans les sous-sols rocheux est une bonne option pour sécuriser l'approvisionnement énergétique de la Suisse, en dépit des arguments écologistes.

Face aux critiques sur les dégâts environnementaux liés à l'exploitation par fracturation, le Centre patronal note qu'il semble possible de remplacer l'eau par du propane liquide, sans additifs chimiques. Cela permettrait "d'extraire un véritable trésor sans inconvénients majeurs".

Crédits: Keystone

La Suisse doit pouvoir exploiter le gaz de schiste malgré les critiques des écologistes, estime le Centre patronal vaudois. Les récents accrochages meurtriers entre la Russie et l'Ukraine montrent la nécessité de diversifier son approvisionnement énergétique. La fracturation "à l'américaine" est exclue, rétorque Martial de Montmollin, présidents des Verts vaudois.

"La Suisse et ses cantons, souverains en matière d'hydrocarbures, ne doivent pas pour des raisons purement idéologiques s'interdire de prospecter du 'gaz serré', à savoir des gaz pris dans une roche peu poreuse, voire du gaz de schiste", affirme mercredi le Centre patronal (CP) vaudois dans sa note d'information.

SORTIR DU NUCLÉAIRE

En clair, le CP demande aux autorités de "faire barrage aux tentatives des écologistes visant à interdire de fait toute exploitation du gaz suisse". Surtout lorsque Berne veut progressivement sortir du nucléaire et que le gaz représenterait une énergie de transition.

De manière plus large, l'exploitation de ces types de gaz représente une diversification plus que nécessaire, selon le CP. La guerre à l'est de l'Ukraine montre que la dépendance énergétique de l'Europe vis-à-vis de la Russie "pose un problème de plus en plus sérieux". Moscou livre 30% du gaz consommé dans l'Union européenne.

La Suisse importe indirectement du gaz russe via des sociétés allemandes. De plus, la part du gaz a passé de 1% en 1970 à 13,5% en 2013 dans la consommation finale des Helvètes, selon le Centre patronal vaudois.

TRÉSOR SOUS LE LÉMAN ?

Laisser la porte ouverte au gaz de schiste serait en outre très judicieux puisque le sous-sol suisse pourrait contenir des quantités importantes de gaz. L'un des responsables de la société de prospection sous le Léman a déclaré que ce gisement pourrait représenter un volume considérable correspondant à près de 25 ans de consommation suisse.

Face aux critiques sur les dégâts environnementaux liés à cette exploitation par fracturation, le Centre patronal note qu'il semble possible de remplacer l'eau par du propane liquide, sans additifs chimiques. Cela permettrait "d'extraire un véritable trésor sans inconvénients majeurs".

Interrogé par l'ats, Martial de Montmollin exclut le gaz de schiste avec des techniques de fracturation "à l'américaine", avec injection de produits chimiques. Le président des Verts vaudois insiste sur la nécessité de prendre le problème énergétique par l'autre bout.

ENERGIES RENOUVELABLES

Au lieu de tout entreprendre pour augmenter l'énergie disponible, il faut entamer sérieusement un processus d'économie. Une fois parvenu à ce stade, on pourra discuter du mix énergétique, poursuit Martial de Montmollin. Les Verts sont favorables aux énergies renouvelables et non pas à l'augmentation de production de gaz, surtout dans des conditions risquées pour l'environnement.

En septembre 2011, le Conseil d'Etat vaudois a décidé de ne pas autoriser de travaux de prospection orientés vers l'exploitation de gaz de schistes. La société Petrosvibri, qui a foré sous le Léman depuis Noville (VD) en 2009, a demandé au canton le renouvellement de son permis de forage en surface et un nouveau permis en profondeur pour des investigations complémentaires, a expliqué mercredi Philippe Petitpierre, président du groupe Holdigaz et président de Petrosvibri.

STIMULATION ET PAS FRACTURATION

Il y a déjà eu des rencontres avec le canton qui voulait des précisions. L'étude d'impact sur l'environnement a été faite et Petrosvibri attend désormais la réponse du canton. "Le mot de fracturation ne figure sur aucun document. On ne fait pas de la fracturation, il s'agit de stimulation, ça n'a rien à voir en intensité, en pression et en durée, et je ne joue pas sur les mots", affirme Philippe Petitpierre.

Petrosvibri a visiblement découvert des quantités de gaz. Du gaz serré dans "une structure fondamentalement différente de celle du gaz de schiste. Ici c'est une structure conventionnelle", souligne Philippe Petitpierre.

Ailleurs en Suisse, le canton de Berne va interdire le forage par fracturation hydraulique pour trouver des gisements de gaz et les Verts bernois ont déposé une initiative intitulée "Stop fracking". Neuchâtel va se pencher pour sa part sur un projet de loi visant à instaurer un moratoire de dix ans.

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