Bilan

Pour la NSA, la Suisse est un allié fiable

Selon Ueli Maurer, la Suisse ne collabore pas avec la NSA mais un document d'Edward Snowden contredit cette version. On y découvre que la Suisse fait partie des pays comme l’Espagne ou l'Italie, qui coopèrent.
  • Le document confidentiel publié par Glenn Greenwald dans El Mundo. La Suisse figure dans la catégorie B. (Mercredi 30 octobre 2013)
  • L'entrée de la mission diplomatique américaine à l'ONU à Genève. Le cabanon sur le toit fait désormais l'objet de toutes les spéculations sur une éventuelle installation de la NSA. Crédits: Keystone
  • La mission américaine vue du ciel. Outre les panneaux solaires, on y distingue des antennes de télécommunication et des cabanes de maintenance, dont une particulièrement volumineuse.
  • A relever que les fenêtres du dernier étage ont été condamnées... Crédits: Keystone
  • Le toit de l'ambassade américaine à Berlin, avec des antennes et une cabane sans fenêtre suspecte d'être un centre d'écoutes de la NSA. Crédits: Reuters
Ueli Maurer s'est voulu très clair mercredi 30 octobre: la Suisse ne collabore pas avec la NSA, ni ne transmet des données concernant des politiciens, et la collaboration avec les services secrets américains se limite à la lutte contre le terrorisme.

Mais il n'aura pas fallu longtemps pour que le doute s'insère. Le journal espagnol El Mundo a publié la veille un nouveau document confidentiel mais non daté d'Edward Snowden, remis par le journaliste américain Glenn Greenwald.

Il apparaît que la Suisse figure sur une liste de pays qualifiés par la National Security Agency (NSA) de «Focused Cooperation». Soit la deuxième catégorie après celle de l'alliance des cinq (Five Eyes Alliance) qui réunit la Grande Bretagne, le Canada, l'Australie et la Nouvelle-Zélande.

NSA et CSS sont dans le coup

Outre la NSA, le document comporte également le sigle de la CSS, ou Central Security Service, une agence du Département de la Défense chargée de promouvoir un partenariat total entre la NSA et les éléments cryptologiques de l'armée américaine.

La Suisse figure dans la même catégorie que des pays comme l'Allemagne, l'Italie ou encore l'Espagne. Une vingtaine de nations en tout, principalement en Europe. Des pays que le patron de la NSA, le général Keith Alexander, a qualifié de coopératifs dans le sens où ils n'hésitent pas à échanger des données avec son service.

Le SRC ne collabore pas la NSA

Ueli Maurer sait que ce dossier est potentiellement explosif en Suisse, où le scandale des fiches en 1991 et de l'Etat fouineur n'est pas encore oublié. Son Département n'a pas voulu commenter l'article. «Nous ne savons pas de quel document il s'agit. Il n'est pas vérifiable», a déclaré son porte-parole Renato Kalbermatten au Blick.

De son côté, le Service de renseignement de la Confédération (SRC) dément toute collaboration avec l'agence américaine. « Le SRC ne coopère pas avec la NSA, avec qui il ne procède par ailleurs à aucun échange direct de données. Les contacts occasionnels que le SRC a eu par le passé avec la NSA – dont les derniers datent d’il y a un peu plus d’un an – n’avaient abouti à aucune coopération», a précisé à Newsnet Isabelle Graber, suppléante du chef de la communication.



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