Bilan

Pour les Brexiters, la Suisse est un modèle à suivre

La Grande-Bretagne doit suivre l’exemple de la Suisse qui n’a pas plié face aux mesures prises par l’Union européenne pour la contraindre à signer l’accord-cadre institutionnel.

Le Royaume-Uni sortira-t-il de l'UE sans accord?

Crédits: AFP

Si la Suisse peut tenir tête à l’Union européenne (UE), le Royaume-Uni devrait lui aussi pouvoir y parvenir. Selon l’agence de presse Bloomberg, c’est la leçon que les Brexiters, qui veulent quitter l’UE avec ou sans accord le 31 octobre prochain, tirent du bras de fer opposant Berne à Bruxelles autour de l’accord-cadre institutionnel.

La bourse au coeur des tensions

A la fin du mois de juin, l’UE a refusé de prolonger l’équivalence boursière dont bénéficie l’opérateur boursier helvétique – SIX Swiss Exchange. Autrement dit, depuis le 1er juillet dernier, les acteurs financiers européens ne peuvent plus échanger des actions cotées en Suisse. Le Département fédéral des finances a répliqué en prenant des mesures pour empêcher le négoce des actions de sociétés suisses sur les bourses européennes.

Pour ne pas perturber les transactions, SIX avait affirmé qu’il avait tissé des liens directs avec tous ses clients. D’après les données publiées récemment, la décision de l’UE n’a pas eu de conséquences négatives. En juillet, les volumes échangés à la Bourse suisse ont augmenté par rapport au mois précédent de 26% à 138,1 milliards de francs, alors que le nombre de transactions s’est envolé de 71,4% pour s'établir à 6,9 millions.

Pour les Brexiters, c’est la preuve qu’on peut résister au diktat européen. «Ils ont tiré un coup de feu, et le coup de feu n'a pas atteint la cible», affirme à Bloomberg Ben Habib, un membre du Brexit Party élu cette année au Parlement européen à Bruxelles. «C'est évidemment très encourageant pour ceux d'entre nous qui croient au Brexit et pour ceux d'entre nous qui croient que notre gouvernement a été timide dans ses relations avec l'UE», ajoute-t-il.

De son côté, Jake Pugh, un autre eurodéputé du Brexit Party, constate que Bruxelles utilise l'accès aux marchés financiers comme un «outil politique» au lieu de suivre les règles établies. «On ne peut que conclure que l'UE ne peut plus être considérée comme une organisation qui respecte l'ordre fondé sur des règles», lance Jake Pugh à l’agence de presse.

Un souci mineur

En revanche, Graham Bishop, un consultant spécialité dans l’intégration européenne, estime qu'il y a un risque de trop interpréter la situation helvétique. L'accès au négoce des actions n’est qu’un souci mineur dans la tension politique accrue entre la Suisse et l'UE. Selon ce dernier, le rôle de la City de Londres en tant que plaque tournante financière de l'Europe est beaucoup plus complexe.

«Si quelques semaines de négociation n'ont pas fait chuter massivement les actions suisses, il serait erroné de conclure que le Royaume-Uni sera en mesure de faire face à une perte d'équivalence à long terme dans le secteur financier et dans d’autres secteurs», insiste Graham Bishop.

Jean Philippe Buchs
Jean-Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

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Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

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