Bilan

Plus vertes, connectées et sociales: les écoles s’adaptent à la nouvelle génération

La génération Z est comme ci, les jeunes d’aujourd’hui réclament cela. Les études au sujet des attentes des uns et des autres sont nombreuses. Western Union Business Solutions s’est intéressé à ce que les étudiants attendent d’une école et de son campus. Les tendances déjà amorcées se renforcent: elles n’ont rien en commun avec ce qu’il y avait il y a 30 ans.

Crédits: DR

Cinq profils: les greener graduates, les social engineers, les mindful scholars, les digital learners et les hybrid thinkers. L’étude de Western Union Business Solutions (WUBS) a résumé les principales attentes des étudiants internationaux en cinq pôles. Entre ceux qui placent l’environnement au centre de leurs préoccupations, ceux qui soignent leur bien-être ou encore ceux qui veulent de la diversité, la génération à l’étude risque bel et bien de bouleverser les habitudes établies.

«Tous veulent une forme de commodité», résume Beat Merkli, directeur suisse de Western Union Business Solutions. Lui qui évolue dans le milieu des paiements depuis de nombreuses années, a vu l’évolution et les différentes pratiques. «Ils doivent être en mesure d’effectuer leurs paiements de manière simple et efficace», explique-t-il.

D’où l’intérêt pour les campus d’être connectés et de comprendre les infrastructures nécessaires à leurs étudiants. «Ces digital natives réclament des expériences personnalisées telles que celles auxquelles ils sont habitués en dehors de leurs études, à travers des interactions avec des acteurs comme Amazon et WeChat», estime l'étude.

Le profil-type des greener graduates: l'utilisation des transports publics et la réduction des déchets. Crédits: WUBS.

Laisser tomber les bons vieux manuels

Les campus connectés représentent un enjeu relativement important. Pour des personnes qui viennent de l’étranger, il n’est pas toujours facile de trouver les bonnes informations. Parmi les idées suggérées, dont certaines sont déjà en place dans de grandes écoles et universités, des alertes directement sur le téléphone pour signaler des changements ou annulations de cours. Il existe aussi des cartes intégrées pour les lieux dans lesquels aller, des connexions qui permettent d’appeler la famille restée au pays.

64% des étudiants venant d'Asie s'attendent à de l'enseignement numérique. 50% s'attendent à des paiements numériques pour les frais de scolarité et le logement. 56% attendent des paiements numériques sur le campus. 78% sont attirés par un campus intelligent. Crédits: WUBS.

Outre les infrastructures, les méthodes et thématiques d’enseignement font l’objet d’attentes particulières. Les étudiants internationaux interrogés aimeraient évoluer dans des valeurs qui leur correspondent.

Les étudiants veulent des écoles en accord avec leurs valeurs.
Crédits: WUBS.

«Avant, vous saviez que pour travailler dans une banque vous deviez faire un certain cursus, et que vous alliez probablement rester dans ce secteur durant toute votre carrière», commente Beat Merkli. «Aujourd’hui vous ne savez pas quels emplois il y aura dans 20 ans». La flexibilité et l’adaptabilité sont donc primordiales pour beaucoup de personnes en études.

«Les étudiants internationaux voient un diplôme de quatre ans comme une accumulation de différentes expériences. Ce qu’ils font l’été en fait intégralement partie et pourtant, nous continuons à nous comporter en tant qu’institutions fonctionnant neuf mois par année», affirme dans l’étude Jane Edwards, rectrice au sein de la prestigieuse université de Yale. Les cursus pourraient à l’avenir débuter à différents moments de l’année.

Aussi, la manière de travailler pourrait totalement changer. «Nous ne sommes plus à une époque où un professeur détient le livre et le lit» résume encore Beat Merkli. Apprendre en faisant, travailler sur des projets de groupe, échouer et retenter sont autant d’approches qui reflètent davantage le monde du travail. «Beaucoup voyagent pendant une longue période et cherchent leur voie… pour ensuite s’adapter», affirme Beat Merkli, en prenant l’exemple de l’un de ses enfants.

Les interactions entre les différents secteurs d’activités sont désormais monnaie courante - y compris en Suisse. Des écoles comme celles polytechniques de Lausanne et Zurich, des universités mais aussi les privées comme l’Ecole Hotelière de Lausanne (EHL) ou celle de Glion encouragent ce mélange des cultures et des compétences.

Des personnes spécialisées dans l’alimentaire discutent avec ceux dans les machines de micromécanique. Ceux en école de commerce s’allient avec les hôteliers. Tout cela crée des idées et des projets. Des projets qui pourraient voir le jour plus tard, sous forme de start-up ou en étant intégrés à des entreprises déjà existantes.

Une question de réputation

Evidemment, les étudiants internationaux s’intéressent encore au classement des écoles. Savoir quels établissements leur donnent les meilleures perspectives est primordial. «La réputation reste très importante», remarque le directeur de WUBS Suisse. Les écoles américaines ainsi que britanniques restent en très bonne position: Yale, Harvard, Oxford ou Berkeley par exemple.

D’autres destinations tirent toutefois leur épingle du jeu. «Nous voyons beaucoup plus de compétition pour les instituts, globalement» affirme Hans de Wit, directeur du Center for International Higher Education (CIHE) au Boston College (US). «La direction traditionnelle était le Royaume-Uni, les Etats-Unis, l’Australie, le Canada, la France et l’Allemagne. Désormais nous voyons beaucoup plus de diversité dans les études avec Singapour, la Chine, les Pays-Bas, la Scandinavie, la Russie, l’Afrique du Sud, la Malaisie ou encore l’Inde qui entrent en compétition sur ce marché international.»

Les écoles qui séduisent depuis des décennies doivent s’adapter à leur public - et beaucoup semblent le faire. La présence numérique s’est par exemple musclée. Le Covid-19 a d’ailleurs largement renforcé les tendances qui se dessinaient déjà. «Elles sont là pour rester» constate Beat Merkli. Des employés de tous secteurs ont pu s’essayer au télétravail, et l’expérience a démontré pour certaines entreprises que c’était bel et bien possible. La Suisse dispose de très bonnes écoles mais elle est limitée par sa taille pour attirer autant que les cadors mondiaux. Le campus de l’EPFL est plus petit que celui d’Oxford. Qu’à cela ne tienne, ce n’est peut-être plus ce que recherchent les étudiants.

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

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Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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