Bilan

Pierre Maudet aurait favorisé un dossier au Service du commerce

Après une troisième perquisition, l’enquête pourrait désormais prendre une nouvelle tournure, d'après les informations de la Tribune de Genève.

Des documents ont été retirés ces dernières semaines du dossier de l’Escobar, d’après les sources de la Tribune de Genève.

Crédits: keystone

Pour la troisième fois en un mois, une perquisition a eu lieu au service de Police du commerce et de lutte contre le travail au noir (PCTN), a appris la Tribune de Genève. Trois personnes, dont le directeur, ont été entendues comme témoins jusqu’à tard hier soir au Ministère public.

Cette opération menée par trois procureurs et plusieurs policiers montre l’intérêt porté à un aspect de l’enquête pénale visant le conseiller d’Etat Pierre Maudet et son ancien bras droit Patrick Baud-Lavigne. Ce volet concerne l’autorisation d’ouverture d’un bar lié à leur ami commun, l’entrepreneur genevois Antoine Daher. Le même qui a participé à l’organisation de leur mystérieux voyage à Abu Dhabi en 2015. L’enquête pourrait désormais prendre une nouvelle tournure, toujours selon la Tribune de Genève.

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Ce petit bar au cœur des investigations, c’est l’Escobar, situé aux Grottes, précise le journal. Sa demande d’ouverture faite l’an passé auprès du PCTN, rattaché alors au Département de la sécurité et de l’économie, chapeauté par Pierre Maudet, n’a pas seulement bénéficié d’une intervention, durant le processus, du haut cadre Patrick Baud-Lavigne, comme la Tribune de Genève l'avait révélé le 28 septembre dernier. L’autorisation a été délivrée alors que le dossier était incomplet, tous les préavis n’ayant pas été réunis, d’après les sources du quotidien genevois.

L’opinion négative d’une fonctionnaire chargée du dossier n’y a rien fait. Sa subalterne lui a adressé un e-mail indiquant que Pierre Maudet lui-même avait donné l’instruction au directeur du Service du commerce de donner son feu vert. Ce dernier a finalement signé l’autorisation d’ouverture, de manière exceptionnelle. Voilà pourquoi, sur la base de données interne du service, figure la mention «Autorisation WORD», indiquant que celle-ci a été rédigée sur mesure. Avec cette précision importante: «À la demande du magistrat.» L’autorisation a ainsi pu être délivrée en neuf jours, un délai rapide à Genève. Ce n’est pas tout. Des documents ont été retirés ces dernières semaines du dossier de l’Escobar, d’après les sources du journal. 

Marjorie Thery
Marjorie Théry

JOURNALISTE À BILAN

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