Bilan

Pheed, le nouveau réseau social qui cartonne

Facebook peine à conserver son jeune public, qui se tourne toujours plus vers d’autres réseaux sociaux. Dernière plate-forme à cartonner aux Etats-Unis: Pheed.
Facebook l’avoue lui-même: «Nous sommes conscients que nos utilisateurs, et en particulier les plus jeunes, ont un engagement moins fort sur notre site, et que cela profite à d’autres», écrivent les administrateurs du réseau social dans leur rapport annuel 2012.

Et parmi ces autres sites, il y a Pheed. Le réseau social lancé en octobre 2012 est parvenu en février à placer son application iOS devant les applis Facebook et Twitter, d’après les classements de l’App Store. En quelques semaines, la nouvelle plate-forme qualifiée de «Twitter avec business plan» par le magazine économique Forbes, a dépassé le million d’utilisateurs.

Pheed, réseau social multi-usage

Alors que d’autres réseaux sociaux mettant l’accent sur des fonctions spécifiques de Facebook, comme le partage de photos sur Pinterest et tumblr ou de musique avec le nouveau MySpace, Pheed fait exactement le contraire.

Il fait ce que font Facebook et Twitter, et se synchronise avec les listes d’amis ou d’abonnés déjà existants pour un démarrage rapide. Vampire assumé, Pheed permet de mettre à jour directement son statut Facebook ou d’envoyer directement un tweet sans quitter le site.

Plus adulte

Le réseau social, qui accueille l’internaute avec la photo d’une personne tatouée et piercée, se la joue lascar et alternatif; il a trouvé son public principalement chez les 15-24 ans (84% des utilisateurs). En plus de pouvoir partager une grande variété de contenus, de mettre en favori ou de «liker» ces contenus, les utilisateurs peuvent aussi dire qu’ils ne les aiment pas. Le vieux rêve des utilisateurs de Facebook devient réalité.

Fidèles à cette image adulte, les comptes du nouveau réseau social peuvent être réservés à un public plus ou moins âgé. Et puis, Pheed parle directement d’argent. Les contenus à forte valeur ajoutée peuvent être monétisés par leurs propriétaires, ce qui a attiré des artistes comme David Guetta. Les autres utilisateurs décident alors combien ils veulent donner pour une galerie, un article, etc. C’est là que le réseau social entend gagner de l’argent.

Pas de messagerie instantanée

Les jeunes se laisseront-ils séduire par cette alternative? L’absence de messagerie instantanée, un service très prisé par les ados, est un sérieux handicap. On sait que les déçus de Facebook plébiscitent les applications mobile WhatsApp ou Snapchat justement pour cette fonction.

Et des déçus, il y en a. En Suisse, les chiffres sont parlants: entre mars 2012 et mars 2013, près de 50'000 utilisateurs de moins de 20 ans ont fermé leur compte Facebook, selon les chiffres de l’agence Bernet. Avec 523'500 personnes, ils représentent toujours un tiers des utilisateurs suisses, mais leur nombre a diminué de près de 9% en un an.

Entre la routine, la présence des parents sur le même réseau et une utilisation jugée trop compliquée, les facteurs qui expliquent l’exode des plus jeunes sont multiples et difficilement quantifiables.

Facebook ne reste pas les bras croisés. Le réseau a racheté le très populaire et photographique Instagram. Il envisage d’introduire des hashtag, ces mots-clés copiés de Twitter, et vient de lancer avec Facebook Home une énorme offensive sur les mobiles, un marché où les ados sont de grands consommateurs.

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