Bilan

Petit guide du survivaliste en 10 points

Suite aux déclarations d'André Blattmann, chef de l'armée suisse, la semaine dernière, focus sur le survivalisme. Ou comment se préparer à survivre à une catastrophe sociale, environnementale ou économique.
  • Comment survivre en cas de catastrophe? Les survivalistes donnent des clefs pour survivre.

    Crédits: Image: Stringer/AFP
  • 1. Toujours préférer les équipements mécaniques aux équipements électriques. Et si certains équipements ont malgré tout besoin de courant, penser à faire provision de piles et batteries de toutes les catégories. Un chargeur (solaire ou par dynamo) peut s'avérer utile si des piles rechargeables sont choisies.

    Crédits: Image: Sandro Campardo/Keystone
  • 2. Stocker un maximum d'eau: l'être humain peut survivre plusieurs semaines sans manger, mais seulement trois à quatre jours au maximum sans boire. L'eau sert également à la cuisson, à la toilette,... Mais il est important de renouveler le stock régulièrement car l'eau contenue dans les bouteilles en plastique peut être altérée par des éléments du contenant.

    Crédits: Image: Mike F. Alquinto/Keystone
  • 3. Si l'eau est cruciale, stocker la nourriture l'est tout autant. Il s'agit toujours de préférer les produits à longue conservation et à forte valeur nutritionnelle. Ainsi, pâtes et riz, même s'ils exigent de l'eau pour leur cuisson, sont de bons choix. Et les boites de conserves constituent un achat idéal, non seulement car la conservation et le goût des aliments sont optimaux, mais aussi car elles renferment de l'eau. Ecueil à éviter: stocker la nourriture et la laisser à l'écart; il faut toujours penser à consommer et renouveler le stock, afin que les dates de péremption soient les plus éloignées possible.

    Crédits: Image: Lukas Lehmann/Keystone
  • 4. Disposer d'un abri, d'un lieu où se sentir en sécurité, où stocker ses réserves et qui puisse être fermé de l'intérieur. Qu'il s'agisse d'un abri collectif (et la Suisse est championne dans ce domaine) ou d'un refuge personnel ou familial, il est indispensable de disposer d'un lieu  où se replier. La sûreté offerte par les anciens abris peut paraître désuète face à une attaque à l'arme nucléaire ou bactériologique, mais sa protection reste certaine face aux menaces plus conventionnelles et elle reste une garantie lors d'une tempête.

    Crédits: Image: Dominic Favre/Keystone
  • 5. Prévoir des vêtements de nature à faire face à toutes circonstances, chauds mais respirants. L'idéal résidant sans doute dans les tenues de randonnée et de sports outdoor. Evidemment, ces vêtements étant encombrants, il faudra les stocker avec l'eau et la nourriture.

    Crédits: Image: Arno Balzarini/Keystone
  • 6. Prévoir un moyen de s'éclairer en cas de rupture de l'alimentation électrique. Deux écoles s'affrontent là: ceux qui privilégient les bougies, qui permettent de chauffer mais consomment l'oxygène, et ceux qui préfèrent les lampes torches, dont la lumière est directionnelle mais qui nécessite un stock important de piles. Les lampes à dynamo peuvent constituer une option également.

    Crédits: Image: Adel Hana/Keystone
  • 6. Garder à portée de main une trousse de premiers secours, avec des produits et médicaments de base dont la date limite d'utilisation est la plus éloignée possible. Quelques connaissances en soins de base, voire un stage de premiers secours, sont également très utiles.

    Crédits: Image: Martin Ruetschi/Keystone
  • 8. Suivre un stage de survie. De nombreux tours operators et agences spécialisées proposent des vacances "aventures" et stages de découverte des techniques de survie. Comment se débrouiller en pleine nature, allumer un feu sans allumettes ni briquet, fabriquer un abri,... Une bonne alternative pour ceux pour qui le passage par l'armée n'a pas suffi.

    Crédits: Image: Anupam Nath/Keystone
  • 9. Disposer d'un maximum d'écrits sur papier, qu'il s'agisse de livres pour se distraire et s'occuper en cas d'enfermement prolongé, mais surtout de manuels et d'instructions de survie. En effet, la connexion au web pourrait être l'un des premiers éléments à être perturbé en cas de crise grave ou de catastrophe.

    Crédits: Image: Frank Rumpenhorst/Keystone
  • 10. Toujours prévoir un plan B, une alternative au cas où le repli ou refuge prévu initialement ne puisse être choisi. Evidemment, cette deuxième option devra être plus légère et plus souple que l'abri prévu à la base. Mais il ne s'agit pas de négliger ce plan B qui peut sauver des vies.

    Crédits: Image: Arno Balzarini/Keystone

La chute du Mur de Berlin en 1989 semblait avoir repoussé loin des frontières suisses le risque d'un conflit. Mais, pour André Blattmann, chef de l'armée de la Confédération, tout danger n'est pas éliminé: «Je suis sensible aux nouvelles menaces depuis deux ou trois ans», affirmait-il voici quelques jours au journal alémanique Schweiz am Sonntag. Et de conseiller à ses compatriotes de faire de même.

Si le gradé mettait alors l'accent sur les réserves d'eau et de nourriture, d'autres précautions sont bonnes à prendre pour qui veut se prémunir contre une situation de chaos. Celle-ci pourrait non seulement résulter d'un conflit aux portes de la Suisse (comme l'envisage André Blattmann), mais aussi d'un accident nucléaire, d'une tempête ou autre catastrophe climatique, voire d'une situation de chaos résultant d'une grave crise économique. Et pour les extrémistes religieux, l'apocalypse pourrait réunir toutes ces caractéristiques.

Quatre millions de survivalistes aux USA

Certains sont convaincus que ces situations peuvent survenir du jour au lendemain et se préparent sans cesse à y faire face. Ce sont les survivalistes. Selon certaines estimations, ils seraient près de quatre millions aux Etats-Unis, depuis le paysan de l'Iowa qui stocke une partie de ses réserves pour ses besoins personnels jusqu'aux miliciens paramilitaires qui ne se déplacent qu'armés et en treillis.

En Europe, cette tendance est moins répandue. Mais pas absente pour autant. Pendant plusieurs décennies, chaque citoyen suisse avait sa place dans un abri. Et ce début du XXIe siècle voit resurgir des craintes en tous genres: troubles sociaux, crises économiques à répétition, événements météorologiques d'ampleur avec le changement climatique... le tout favorisé par la diffusion à l'échelle planétaire de blogs et de sites survivalistes.

Téléréalité et Preppers

Si certains sont le fait d'adeptes de la théorie du complot ou de bricoleurs plus amusants qu'inquiétants, certains déploient des moyens pour diffuser de véritables vademecums de survie basée sur des expériences dans l'armée, dans des sociétés de mercenaires ou lors d'expériences de survie en milieu hostile. Cette tendance se retrouve d'ailleurs dans certaines émissions télévisées comme Man VS Wild ou Survivorman, qui ont même inspiré des émissions de téléréalité (Koh-Lanta, Survivor).

Pour se démarquer de l'imagerie Rambo attachée aux survivalistes de la deuxième moitié du XXe siècle, le survivalisme a évolué. Jusque dans le vocabulaire: les survivalistes américains préfèrent désormais souvent être appelés Preppers (ceux qui se préparent) et adoptent une démarche de groupe (solidarité avec ses voisins, ses amis) afin de faire face à une éventuelle agression extérieure en nombre.

C'est au fil d'entretiens avec des Preppers, mais aussi de questions à des militaires ou à des animateurs de stages de survie que ce petit vademecum en dix points a été réalisé. Il ne prétend pas être une bible exhaustive pour faire face à tous les imprévus, mais seulement rappeler quelques points fondamentaux pour qui souhaite se ménager un abri en cas de catastrophe.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

Du même auteur:

Offshore, Consortium, paradis fiscal: des clefs pour comprendre
RUAG vend sa division Mechanical Engineering

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."