Bilan

Paulo Coelho: "Je ne suis pas à Genève pour des raisons fiscales"

L'auteur brésilien aux 175 millions de livres vendus vient de publier son nouveau roman "Adultère" qui se déroule à Genève, sa ville d'adoption depuis 8 ans.

L'auteur brésilien Paulo Coelho vient de publier "Adultère".

Crédits: AFP

Dans le premier paragraphe de son dernier livre "Adultère", Paulo Coelho mentionne Bilan. Nous avons voulu savoir si, comme pour le personnage principal de son roman, l'auteur brésilien avait découvert « avec grand déplaisir » que Bilan l'avait intégré dans son classement des 300 personnalités les plus fortunées de Suisse. Il n'a pas souhaité répondre à cette question.

 

Bilan a estimé votre fortune entre 100 et 200 millions de francs. Ce montant est-il en dessus ou en deçà de la réalité ?

Je n’ai pas de déclaration à faire sur ces montants et je préfère rester discret sur ce sujet. C’est vous la journaliste, donc c’est à vous de chercher pour savoir si vous avez sous ou sur-estimé ma fortune.

Dites-nous quelques mots sur Genève.

J’adore Genève. J’y vis depuis 8 ans. Dans mon livre, le personnage principal critique Genève, mais cela ne veut pas dire que c’est mon opinion. Chaque fois que je voyage, la ville me manque, je me sens très à l’aise ici.

Les Suisses et les Genevois voteront prochainement sur l’abolition des forfaits fiscaux. Si la votation devait passer, quitteriez-vous Genève ?

Non, je ne quitterai pas Genève car je le répète encore une fois, je ne suis pas ici pour des raisons fiscales, mais bien parce que j’apprécie cette ville. Par ailleurs, contrairement à d’autres forfaitaires, je vis ici, je n’y ai pas seulement acheté une résidence.

La Suisse est un des rares pays où les gens peuvent parler d’argent sans complexe. Qu’en pensez-vous?

Non, je trouve au contraire que personne ne parle d’argent ici comparé au Brésil ou aux Etats-Unis. Les Suisses sont discrets. L’argent n’est pas un sujet de conversation, et je trouve cela très bien.

Vous venez de monter une fondation à Genève. Dans quel but ?

La fondation a pour mission de cataloguer tous mes documents et tout mon passé. J’ai donc acheté un bureau à Genève qui vient de recevoir par containers toutes mes archives qui seront ensuite accessibles à tout le monde.

Dans Adultère, vous portez un regard critique mais réaliste sur la politique suisse. Suivez-vous tout ce qui s’y passe?

Je suis ce qui s'y passe mais je refuse de donner mon opinion sur la politique suisse car je ne suis pas Suisse. Je n’aimerais pas que quelqu’un commente la politique du Brésil s’il n’était pas Brésilien.

Votre livre a suscité les critiques de certains médias romands qui ont jugé que votre roman était truffé d’inexactitudes et trop sévère avec votre ville d’adoption. Que leur répondez-vous ?

Je ne veux pas m’engager dans des polémiques, mais j’ai twitté la semaine dernière mes remerciements à la Tribune de Genève et au Matin pour l’énorme pub (gratuite) qu’ils ont fait pour mon livre. Par ailleurs, le point de vue de L’Hebdo et du Temps était complètement différent des deux premiers quotidiens.

Revenons à votre livre. L’héroïne rencontre un écrivain au début du livre qui lui fait prendre conscience de sa vie ordinaire. « Je m’en moque d’être heureux. Je préfère être toujours amoureux. » Cet écrivain, c’est vous, Paulo Coelho ?

Oui, l’écrivain qu’elle rencontre, c’est moi. Et comme lui, je préfère être toujours amoureux plutôt qu’heureux car la passion est la chose la plus importante dans la vie.

Et vous, êtes-vous heureux ? Ou pensez-vous qu’il faut transgresser les règles pour être heureux ?

Je ne suis pas heureux, mais j’ai la joie. Concernant les règles, certaines sont positives, d’autres le sont moins. Certains pays ont trop de lois restrictives, comme le Brésil. Par exemple, mon pays d’origine avait instauré durant la dictature militaire (1964-1982) une loi qui interdit un rassemblement de plus de cinq personnes, considérant cela comme une manif. C’est absurde !

« Tout le monde a un côté obscur », selon le personnage principal de votre roman. Quel est votre côté obscur ?

Oui, tout le monde a un côté obscur, moi aussi. Mais j’essaie de le maîtriser au mieux.

Vous dites dans votre livre que les journalistes n’ont rien à se mettre sous la dent à Genève. Pouvez-vous dès lors nous donner un scoop pour avoir quelque chose de croustillant à raconter ?

Le scoop, c’est mon dernier roman. Vous avez vu comme tous les journaux en parlent !

Etes-vous prêt pour la prochaine Coupe du monde de football ?

Je suis prêt ! J’ai des billets pour tous les matchs, mais je n’irai pas au Brésil. J’étais dans la délégation officielle, mais je suis déçu, car les politiciens n’ont pas tenu leurs promesses. Je me suis senti manipulé. Dès lors, je regarderai les matchs depuis mon canapé dans mon appartement de Champel.

 

Chantal Mathez

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