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Partir assouvir ses pulsions sportives

Tout au long de l'été, Bilan explore les tendances du tourisme: sciences, musique, pèlerinages, architecture, oenologie, agritourisme, vélo,... Des focus à retrouver deux fois par semaine sur notre site web.

Que ce soit pour du surf, de la wingsuit ou du ski freeride, nombreux sont les Suisses qui décident de voyager pour pratiquer leur passion. Cette forme de tourisme est constituée de bon nombre de marchés de niche.

Pour partir surfer, dévaler les pentes en VTT ou gravir des montagnes, de nombreuses services existent.

Crédits: DR

Son inspiration? La nature et les beaux sommets ainsi que les personnes et leur culture. Géraldine Fasnacht voyage à travers le monde pour pratiquer son sport: la wingsuit. Si elle admet régulièrement se sentir comme un poisson dans l’eau - ou un aigle dans le ciel - dans les Alpes, elle ne rechigne pas à sortir de ce cadre.

Comme la Valaisanne, amateurs comme confirmés se plaisent à choisir leur lieu de vacances en fonction de leur sport. Les amoureux de vélo iront suivre les traces du Giro, en Italie, de la Vuelta en Espagne ou du Tour de France dans l'Hexagone. Les surfeurs iront chercher des îles en Indonésie. Les skieurs descendront les glaciers américains. Tous sont à la recherche de sensations fortes.

Facilitateurs

La start-up Kooloco, basée à Lausanne, a fondé son modèle sur ce tourisme d’expérience. «Les gens cherchent souvent des choses originales. Ils en ont marre des cours de ski, et veulent une aventure», estime Romain Magnin, l’un des fondateurs de la start-up. Le ski est un exemple parmi d’autres, puisqu’il existe toutes sortes d’aventures. Romain Magnin a bon espoir de rencontrer le succès avec ce projet, même s’il a comme concurrent un mastodonte du milieu du voyage.

Airbnb a récemment lancé une plateforme similaire, avec Airbnb Adventures. Les aventuriers en herbe peuvent choisir leur parcours, qui a lui même été pensé par un expert. Une excursion de deux jours dans un abri de neige au Canada peut par exemple coûter 125 francs suisses. Les sommes déboursées par le client varient fortement selon le lieu, la saison, la durée ou encore l’accompagnement voulu.

Au final, chacun tente de tirer son épingle du jeu. «Nous nous concentrons sur des destinations que personne ne connaît», explique le cofondateur de Kooloco. «Avec des amis, nous faisons un séjour de surf chaque année et nous évitons les classiques comme Bali, l’Espagne ou le Portugal… nous avons trouvé une île indonésienne parfaite et ce n’était pas forcément compliqué d’y aller» raconte-t-il.

Au niveau du prix, la concurrence oblige les différents facilitateurs de voyages à se montrer compétitifs. Les modèles de paiement varient, avec des plateformes qui prennent directement une commission à chaque transaction. Là, le but est d’avoir suffisamment de volume pour faire tourner l’entreprise.

Trouver le Graal

Si de nombreux acteurs tentent de fournir les services attendus par ces aventuriers, une majorité d’entre eux n’en a pas besoin. Dans son livre «The Long Tail of Tourism: Holiday Niches and their impact on Mainstream Tourism», Alexis Papathanessis estime que «beaucoup de touristes de sport extrême organisent leurs vacances sportives tout seuls.»

Internet est une mine d’or pour trouver sa destination. La spécialiste de la wingsuit Géraldine Fasnacht s’inspire par exemple de magazines, mais aussi de Google Earth. Ensuite seulement, elle se renseigne de manière davantage pratique sur sa destination.

Pour cela, il est facile de trouver des communautés de passionnés qui partagent leurs bons plans. Les forums spécialisés de certains sports, les groupes Facebook, les blogs et sites dédiés à un sport ou l’autre sont autant de ressources à exploiter. Pour lutter contre cette pléthore d’informations, les fondateurs de Kooloco ont misé sur la réalité virtuelle pour mettre en valeur les expériences. «Cela permet de se projeter et d’avoir un avant-goût de ce que l’on aura» se réjouit Romain Magnin.

Quant au fait d’utiliser ses vacances pour assouvir sa passion: «Le but d’un séjour est de se faire plaisir, donc je fais des vacances qui me font plaisir en découvrant des nouvelles montagnes magnifiques et partager de bons moments avec des gens riches d’histoires vécues.»

Et dans l’avion ?

La compagnie aérienne Swiss indique que le volume de bagages spéciaux transporté est resté stable au cours des dernières années. «En moyenne, moins d’un pourcent des passagers enregistrent un bagage spécial/sport», affirme une porte-parole. Quant aux bagages en question, il permettent de transporter wakeboards, skis ou encore VTT. Les destinations les plus prisées avec ces équipements sont notamment les Etats-Unis, l’Allemagne, l’Espagne, la Suède et l’Italie.

Pour un second bagage, les prix varient fortement suivant la destination et la taille de l'équipement. Crédits: Swiss.

A noter que la location sur place est aussi développée. En témoignent de nombreux magasins en Valais, les clients trouvent du matériel directement en station. Les prix varient selon la gamme du matériel. Il est possible de trouver des vélos de descente pour quelques dizaines de francs la journée. A cela s’ajoute ce qui est consommé sur place ainsi que les billets des remontées mécaniques.

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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