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Paris-2024: les hôteliers outrés par le partenariat entre les JO et Airbnb

Ce contrat, qui court jusqu'en 2028, permettra à la plateforme d'afficher sa marque aux abords des sites de compétition à Paris, alors que la Ville de Paris ne cesse de dénoncer son rôle dans la hausse des loyers, le rétrécissement de l'offre de logements et la concurrence pour l'hôtellerie dans la capitale et d'autres grandes villes.

L'arrivée du géant de la location de logements entre particuliers parmi les principaux sponsors du Comité international olympique (CIO) a suscité la polémique.

Crédits: AFP

Les hôteliers réunis à Biarritz pour le 67e congrès de l'Umih, principale organisation patronale du secteur, ont qualifié d'"outrageux" le choix du Comité international olympique (CIO) de nouer un partenariat avec Airbnb, jugeant que la plateforme "joue de la dérèglementation dans tous les pays".

"Où est la moralité?", s'est interrogé mercredi Roland Héguy, président de l'Umih, lors du congrès qui se tient jusqu'à jeudi. "Nous avons été très surpris", a-t-il déclaré à l'AFP, "alors que nous avons travaillé depuis la phase de candidature avec l'équipe d'organisation des Jeux olympiques 2024 à Paris".

Tensions

Un tel partenariat avec la plateforme de locations touristiques que les hôteliers accusent de concurrence illégale, est "totalement irrespectueux envers les professionnels de l'hôtellerie", très impliqués dans cette phase préparatoire, et alors que "l'offre hôtelière parisienne et francilienne était un atout dans le dossier de candidature de la ville de Paris", estime l'Umih.

"Ce partenariat est inopportun et il est outrageux de faire de cette entreprise qui joue de la dérèglementation dans tous les pays du monde un partenaire mondial du CIO", ont ainsi affirmé dans une déclaration commune M. Héguy, Laurent Duc, président de la branche hôtellerie de l'Umih et Jean-Virgile Crance, président du GNC.

"Faut-il revenir sur les contrats globalisés passés entre les hôteliers et l'équipe d'organisation des JO?", s'interrogeait l'Umih.

De son côté, le GNI, qui représente les indépendants de l'hôtellerie et de la restauration, a estimé qu'Airbnb, qui "ne respecte pas les règles, doit être disqualifié!" et affirmé son intention de saisir le Comité d'éthique du CIO tout comme le comité d'organisation des Jeux olympiques (Cojo) de Paris-2024.

Sollicité, Airbnb a estimé mercredi que "cet accord historique vise à permettre aux villes hôtes d'accueillir les Jeux de manière plus locale, authentique et durable".

Rappelant avoir déjà soutenu les Jeux olympiques Rio 2016 et les Jeux olympiques d'hiver PyeongChang 2018 en tant que sponsor national, la plateforme affirme que ses "valeurs sont en phase avec celles du mouvement olympique", dans une déclaration transmise à l'AFP.

Polémique

L'arrivée du géant de la location de logements entre particuliers parmi les principaux sponsors du Comité international olympique (CIO) a suscité la polémique lundi.

Ce contrat qui court jusqu'en 2028, évalué par des médias spécialisés à environ 500 millions de dollars (450 millions d'euros), permettra à la plateforme d'afficher sa marque aux abords des sites de compétition à Paris, alors que la Ville de Paris ne cesse de dénoncer son rôle dans la hausse des loyers, le rétrécissement de l'offre de logements et la concurrence pour l'hôtellerie dans la capitale et d'autres grandes villes.

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