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Papy- boom: les vieux prennent le pouvoir!

L’arrivée massive des baby-boomers à la retraite d’ici à 2030 va profondément modifier la démographie et l’économie Suisses. De nouvelles opportunités de business sont à saisir.

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  • Le coach sportif Jean-Marie Castaing s’est réorienté vers le renforcement musculaire des seniors.

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Les retraités transforment l’économie

A 65 ans, la belle vie commence. C’est en tout cas l’image idéalisée de la retraite dans l’opinion publique. Une image juste, mais sous certaines conditions. Avoir 65 ans en 2020, c’est avoir encore 20 ans d’espérance de vie devant soi (selon l’Office fédéral de la statistique, OFS). La Suisse est en effet vice-championne du monde de la longévité, derrière le Japon. Alors qu’en 1948, date de la création de l’AVS, l’espérance de vie était de 65 ans! Le retraité a donc aujourd’hui à la fois du temps devant lui pour réaliser ses rêves et, souvent, de l’argent.

Dans son étude La silver économie, une opportunité pour le canton (mai 2019), le canton de Vaud a calculé que la «fortune médiane des plus de 65 ans est six fois plus élevée que celle des actifs». Les seniors vaudois représentaient, à eux seuls, 22% des revenus et 49% de la fortune totale de la population vaudoise en 2018. Une richesse qui s’explique en partie par le versement du 2e pilier (de 382 000 fr. en moyenne pour un couple) sous forme de capital au moment du départ à la retraite, pour ceux qui choisissent cette option. La fortune bondit alors pour redescendre par la suite. Au-delà des 3 piliers de la prévoyance, les retraités ont aussi souvent constitué un «bas de laine» personnel, n’ont plus d’enfants à charge et sont, à plus de 50%, propriétaires de leur logement. «Cette différence de fortune entre les seniors et les plus jeunes devrait encore s’accentuer dans les prochaines années car les héritages surviennent plus tardivement avec l’allongement de la vie, et la durée d’épargne est aussi plus longue», détaille l’étude vaudoise.

65 ans: se faire plaisir

Que recherchent alors les jeunes (et souvent riches) retraités suisses? «Ils veulent d’abord voyager», répond Frédéric Serrière. Cet expert et consultant en silver économie travaille depuis vingt ans sur l’économie des populations âgées en Allemagne et en France. «Aujourd’hui, quand on parle de silver économie, pour les banques, c’est 55 ans, c’est-à-dire l’âge de la préparation du départ à la retraite. Dans le tourisme, c’est 62 ou 65 ans, c’est-à-dire l’âge du départ à la retraite. Et pour le secteur privé, la silver économie commence plutôt à 75 ans et plus. Dans la première période de leur retraite, les jeunes seniors veulent vivre des expériences nouvelles. Leur priorité est de profiter au maximum de leur liberté», estime l’expert qui distingue le premier âge de la retraite (60-75 ans) des autres. A Neuchâtel, l’agence Rubis Voyages s’est ainsi spécialisée dans les voyages pour seniors. Elle monte des groupes de retraités, trouve des hôtels adaptés pour leur mobilité et des itinéraires en dehors des plages et des sites bondés.

Les jeunes soixantenaires consomment les mêmes biens que le reste de la population, souvent en plus haut de gamme. «A cet âge précoce de la retraite, on veut surtout se faire plaisir, se récompenser. On achète des voitures et on ne pense pas encore à la chaise roulante», ironise Frédéric Serrière. Une belle voiture, de beaux voyages (en bateau, comme le montre l’engouement pour les croisières fluviales ou autour du monde), des balades à vélo (électrique), tous les moyens de locomotion sont bons pour les retraités dynamiques qui veulent bouger en toute liberté.

Sans surprise, «la part attribuée aux loisirs augmente dès que l’on franchit la barre des 65 ans. Les jeunes retraités fréquentent davantage les musées que le reste de la population. Et leur pouvoir d’achat va continuer à augmenter», avance encore l’étude du canton de Vaud, ajoutant que la «consommation directe des seniors vaudois peut être aujourd’hui estimée à 4 milliards de francs. D’ici à 2040, elle pourrait s’élever à 7 milliards de francs sur la base des évolutions démographiques». C’est une certitude: «Le nombre de retraités va fortement augmenter. La population de la Suisse connaîtra un vieillissement prononcé lors des prochaines décennies, quelles que soient les migrations observées à l’avenir», confirme l’OFS.

En 2020, c’est au tour des personnes nées en 1955 d’arrêter le travail. La cadence des départs en retraite continuera à augmenter chaque année pour atteindre un pic en 2029. Toujours selon l’OFS, la Suisse comptera 2,7 millions de retraités en 2045 (pour environ 10 millions d’habitants), contre 1,5 million en 2016. Cet afflux de seniors, issus du baby-boom d’après-guerre, transforme déjà la pyramide des âges: dans 21 cantons sur 26, on compte désormais plus de personnes âgées (65 ans et plus) que de jeunes de moins de 20 ans. C’est une pyramide inversée à laquelle seules les grandes villes de Suisse échappent encore. «Toute l’Europe doit faire face au défi du passage à la retraite des générations massives de baby-boomers», analyse Michel Oris, démographe et professeur à l’Université de Genève «mais la Suisse est plutôt bien placée en termes de démographie».

Mobiles et actifs

Si la retraite fait rêver quand on est actif, certains seniors préfèrent continuer à travailler plutôt que de se retirer. En 2018, les départs à la retraite se situaient en moyenne à 65,5 ans, donc au-delà de l’âge légal (65 ans pour les hommes et 64 ans pour les femmes). C’est un des âges les plus élevés depuis le début des années 90. A 74 ans, 14% des hommes et 6% des femmes travaillent encore en Suisse. Par choix ou par contrainte, la valeur travail, très ancrée dans les mentalités, conserve son attractivité bien au-delà de l’âge légal de la retraite. «Ces vingt dernières années, le taux d’activité a augmenté en particulier chez les femmes âgées de 50 à 74 ans, du fait entre autres que l’âge légal de la retraite a été relevé en 2001 et en 2005», analyse l’OFS.

La recherche de revenus complémentaires aux rentes vieillesse, souvent considérées comme insuffisantes, motivent les retraités à continuer leur activité, mais le travail est aussi «une source d’épanouissement personnel dans une population qui a de l’énergie et le désir de rester actif», analyse encore l’étude vaudoise sur la silver économie. La plateforme Seniors à votre service, présente dans 4 pays francophones dont la Suisse, reflète bien cette tendance. Ce site internet met en relation seniors/candidats et particuliers/employeurs autour de services à domicile aussi variés que le bricolage, le soutien scolaire, le gardiennage de maison, ou même... l’aide aux personnes âgées!

Cette résistance des aînés face au vieillissement, en restant actifs et mobiles, Frédéric Serrière la constate aussi au sein de la silver économie. Avant l’âge de 70 ans, les jeunes retraités ignorent les biens et les services destinés au grand âge. Ils ne veulent pas entendre parler de prothèses auditives ou de services de téléassistance, ni même de logement adapté en prévision d’une réduction de leur mobilité. Ils veulent continuer à bouger sans penser aux béquilles de demain.

«C’est vrai que les seniors eux-mêmes sont réticents à acheter des services ou des produits stigmatisants, destinés au grand âge, reconnaît Frédéric Serrière. Les entreprises privées ont aussi du mal à aborder ce marché, le considérant comme trop peu sexy. De nombreuses marques ne veulent pas être associées aux plus de 65 ans. C’est encore un marché difficile.» Si les PME orientées vers la silver économie peinent à décoller, du côté du Secrétariat d’Etat à l’économie, on prédit que le vieillissement de la population «aura des effets positifs surtout sur les branches de services proches de l’Etat comme la santé, l’hébergement médico-social et l’action sociale. La branche pharmaceutique sera la plus positivement impactée puisqu’elle verra sa part à la valeur ajoutée de l’ensemble de l’économie augmenter de 2,8%, tandis que les services financiers baisseront, eux, de 1% sur la même période.» «Autant le 3e âge de 65 à 75 ans est idéalisé et magnifié, explique encore le démographe Michel Oris, autant le 4e âge (80 ans et plus) est devenu le refuge de toutes nos peurs. On redoute la dépendance et la perte d’autonomie.»

Le 4e âge: l’âge d’or de la silver économie

Le site internet de référence SilverEco.fr voit dans l’économie des cheveux blancs une «véritable lame de fond qui va avoir un impact sur toutes les branches: loisirs, transport, alimentation, sécurité, tourisme, santé, domicile, habitat collectif, assurance, assistance, téléphonie, internet, sport, urbanisme. Tous ces marchés commencent à être impactés par le vieillissement de la population et le bien vieillir…»

Mais «cette silver économie se consomme surtout chez les grands seniors, explique Frédéric Serrière: la vague démographique des baby-boomers a d’abord touché les biens de confort, le tourisme, la mobilité. Progressivement, cette génération du baby-boom va consommer les services de la silver économie (téléassistance, soins à domicile, alimentation consacrée) au fur et à mesure qu’elle avancera en âge. On n’en est qu’au début. On a besoin de produits spécifiques à partir du moment où on commence à être fragilisé, généralement autour de 75 ans. On rejoint à cet âge des EMS et, si ce n’est pas le cas, on aménage son domicile.»

Michel Oris, observe, lui, «un vieillissement dans le vieillissement: les 80 ans et plus augmentent bien plus vite que les 65 ans et plus. Cette progression du nombre de grands vieillards est associée à la croissance des maladies neurodégénératives, très redoutées dans la population.» L’OFS confirme: «Le nombre de personnes de 80 ans ou plus va passer de près de 420 000 en 2015 à 1,06 million en 2045. Environ 39% des seniors auront un âge égal ou supérieur à 80 ans en 2045.»

Et à 80 ans?

«Après un ou plusieurs épisodes de santé, on accepte d’aménager sa maison pour ne pas chuter (une douche à la place de la baignoire, installation de la téléassistance…). La priorité devient la santé», analyse Frédéric Serrière. Le logement, la construction, la sécurité avec les objets connectés vont profiter de la vague des retraités du baby-boom.

A Bullet (VD), le plus grand centre européen taoïste, baptisé Ming Shan, vient d’ouvrir fin 2019. Fondé par le médecin Fabrice Jordan, originaire d’Yverdon, acupuncteur et professeur de tai-chi, ce centre a coûté 5 millions de francs (financé en partie par le canton de Vaud) et espère accueillir 5000 visiteurs par an. «Le taoïsme s’intéresse depuis 2000 ans à la notion d’immortalité et les techniques de longévité sont légion dans son enseignement. Pour reprendre un terme plus moderne, cette notion pourrait rejoindre ce que nous appelons aujourd’hui «l’anti-aging», ou techniques de lutte et prévention des signes du vieillissement», explique le fondateur. En clair, bien vieillir en pratiquant un art martial ou en faisant un sport adapté.

A Genève, le coach sportif Jean-Marie Castaing, 62 ans, s’est réorienté vers les seniors. Après une longue carrière dans le body-building puis le fitness, il explique sa reconversion: «A partir de la cinquantaine, on perd en moyenne 1% de masse musculaire chaque année, c’est un phénomène commun à tous les êtres humains. Si on ne fait rien et avec un mode de vie sédentaire et une mauvaise alimentation, cela peut engendrer une maladie: la sarcopénie ou la détérioration de la force musculaire, qui provoque des chutes, des fractures, explique le coach. J’observe chez mes clients que la perte de masse musculaire est surtout localisée sur les jambes et les fessiers, c’est-à-dire dans les membres inférieurs. Les personnes âgées perdent l’équilibre car elles ont des jambes sans muscles, alors qu’elles ont conservé un haut du corps plus épais avec souvent de l’embonpoint. Beaucoup de personnes, à un âge avancé, ne sont plus capables de se lever ou de s’asseoir ou même de monter et descendre les escaliers sans s’appuyer ou s’aider, poursuit le coach genevois. Pour prévenir ce problème, je travaille sur le renforcement musculaire du bas du corps, sur les muscles fessiers et aussi sur la posture et le dos. Pour qu’ils ne finissent pas courbés au niveau du bassin ou des épaules.» Son client le plus âgé est une femme de 85 ans, qui a commencé à se muscler il y a seulement trois ans. «Il n’y a pas d’âge pour commencer.»

Pour être efficace, le sport doit être associé à une alimentation adaptée. L’alimentation pour seniors est un autre secteur très prometteur de la silver économie (voir interview page 31). «A partir de 50 ans, il faut augmenter sa ration de protéines et en consommer aux trois repas quotidiens», conseille encore Jean-Marie Castaing. A 69 ans, Guillaume, banquier toujours actif, fait partie de sa clientèle: «En vieillissant, on devient plus sage et raisonnable. Ca ne me gêne pas du tout de me dire que mes performances sont moindres qu’avant. J’adapte mon sport. Et de façon générale, j’évite maintenant les excès dans tout: dans l’alimentation, les activités physiques. J’essaie de retrouver une sorte d’équilibre général et une sagesse qui va avec mes cheveux blancs…»


OK Boomer!

L’expression «OK boomer» a fait le tour du monde et des réseaux sociaux fin 2019, après avoir été popularisée par une jeune députée écologiste néo-zélandaise de 25 ans, qui a rétorqué «OK boomer» en plein discours à ’assemblée à un collègue plus âgé qui cherchait à la déstabiliser.

OK boomer est devenu un mème internet incarnant le nouveau conflit générationnel. Cette formulation, que l’on pourrait traduire par «ferme-la, vieux con», est destinée

à ridiculiser des jugements perçus comme dépassés, attribués la plupart du temps aux personnes de la génération des baby-boomers (nés entre 1946 et 1964). Le terme est surtout utilisé par les millennials (nés entre 1980 et 2000) et la génération Z (nés après 2000) pour répliquer aux personnes plus âgées qu’ils considèrent comme résistantes au changement (technologique et climatique).

Depuis, certains voient dans ce mème l’expression d’une forme d’âgisme (discrimination par l’âge). En 1968, les jeunes voulaient «jouir sans entraves». Aujourd’hui, les millennials leur reprochent d’avoir joui un peu trop: la consommation que leur offrait le plein-emploi pendant les Trente Glorieuses (1946-1976) aurait massacré les ressources de la planète.


Les animaux de compagnie, un secteur lucratif

Les retraités adorent les animaux de compagnie, dont les bienfaits pour contrer le stress et la solitude ont été prouvés. Aux Etats-Unis, 32% des baby-boomers (nés entre 1946 et 1964) possèdent un animal de compagnie, contre 23% pour l’ensemble de la population, d’après l’institut de sondage GfK. Chaque année, les propriétaires d’animaux dépensent en moyenne 1500 dollars pour un chien et 1000 dollars pour un chat, d’après la même étude.

Avec le vieillissement de la population, «le secteur offre un fort potentiel de hausse et des opportunités de placements attrayantes», analyse Credit Suisse dans une étude publiée en août 2019. Le marché des aliments haut de gamme pour animaux domestiques enregistre une progression particulièrement forte, comme chez le leader mondial du «pet food» Purina, propriété de Nestlé. Les experts de la silver économie voient dans ce secteur des innovations possibles comme la généralisation des assurances maladie pour animaux, des litières autonettoyantes ou encore des services aux propriétaires d’animaux domestiques (gardes ou prises en charge des animaux pendant les hospitalisations).


(Crédits: Vanessa Cardoso)

Une startup réinvente l’alimentation

A Lausanne, Emotion Food a mis au point un procédé innovant qui redonne de l’appétit aux plus âgés et aux personnes atteintes de dysphagie.

C’est une pépite suisse de la silver économie: depuis 2012, Emotion Food s’attaque à la problématique de l’alimentation auprès des personnes atteintes de dysphagie. Longtemps sous-estimé, ce trouble touche des patients qui ne peuvent plus déglutir ou mastiquer après un AVC, à la suite d’un traitement anticancéreux ainsi qu’en raison d’un âge avancé. La perte d’appétit liée à ce trouble les menace de dénutrition. A Lausanne, Gabriel Serero, 43 ans, traiteur spécialisé en «science et cuisine», a repris le principe des textures modifiées de la cuisine moléculaire pour mettre au point un procédé révolutionnaire.

Votre startup a inventé et breveté un gélifiant qui permet de recréer la forme des aliments. De n’importe quel aliment?

Oui, nous avons baptisé ce gélifiant Easy-Base+, il est fait à base d’algues, de racines et de graines. Le principe est simple: vous mélangez ce gélifiant à la nourriture de votre choix dans un robot mixeur. A chaud ou à froid, vous mixez le tout puis vous versez le résultat obtenu dans un moule. Quelques minutes plus tard, vous obtenez visuellement l’illusion de vrais aliments comme des carottes ou des fraises, mais ce sont des purées.

Quelle est la différence avec les purées que l’on mange à l’hôpital?

La plupart des repas en établissements de soin sont standardisés, épaissis avec des amidons de tous types ou dilués avec de la crème et des œufs. Le problème lorsqu’on vieillit, c’est que l’on perd une partie de sa perception gustative. Après 80 ans, il faudrait saler 12 fois plus les aliments pour ressentir le même goût salé qu’une personne plus jeune. Ce n’est évidemment pas possible. La solution est de renforcer la saveur de chaque aliment pour stimuler le goût chez le mangeur âgé. Il ne faut donc surtout pas diluer les ingrédients ou les mélanger. Le plaisir de manger, c’est souvent tout ce qu’il nous reste quand on est très vieux avec plusieurs pathologies. Le repas revêt une importance fondamentale dans les journées d’un résident, c’est ce qui va rythmer la qualité de vie de sa journée.

Vous fournissez les EMS et les hôpitaux avec votre technique. Quels résultats obtenez-vous?

Nous fournissons, à ce jour, une centaine d’établissements: hôpitaux, EMS et foyers de handicaps dans toute la Suisse, mais aussi en France et en Espagne. Nous leur vendons notre gélifiant et des outils pour la reconstitution des aliments.

Catherine Nivez
Catherine Nivez

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste en France depuis 1990, d’abord comme reporter et journaliste dans le secteur de la musique, puis dans les nouvelles technologies, internet et l’entrepreneuriat. Après 20 ans en France, elle migre en Suisse et à Genève où elle vit et travaille désormais sur sa nouvelle passion: l’alimentation et la santé.

Elle a fait l’essentiel de son parcours dans l’audiovisuel français (France Inter, France Info, Europe1, ou encore Canal+). Désormais journaliste freelance en Suisse, elle a signé une série d’articles pour le quotidien suisse romand Le Temps et travaille désormais pour Bilan.

Vous pouvez aussi retrouver ses blogs : www.suisse-entrepreneurs.com, galerie de portraits des entrepreneurs qu'elle côtoie en Suisse, et sur LE BONJUS son nouveau blog consacré aux jus et à l’alimentation.

Du même auteur:

Philip Queffelec, l’avion dans le sang
Xavier Casile, le pubard de la Suisse

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