Bilan

Meyer Burger mise sur une jeune pousse britannique pour redresser la barre

Suite aux difficultés de l'année passée, l'industriel bernois du solaire, Meyer Burger, a misé sur Oxford PV afin de devenir son actionnaire majoritaire.

L'industriel bernois vise dans un premier temps une participation de 18,8% et compte financer l'opération en émettant jusqu'à 62,2 millions de nouveaux titres.

Crédits: Keystone

L'équipementier de l'industrie solaire Meyer Burger, une nouvelle fois à la peine l'an dernier, entend procéder à une augmentation de près de 10% de son capital en circulation pour devenir le premier actionnaire du développeur britannique de cellules solaires de nouvelle génération Oxford PV.


L'industriel bernois vise dans un premier temps une participation de 18,8% et compte financer l'opération en émettant jusqu'à 62,2 millions de nouveaux titres issus de son capital autorisé, représentant au cours de jeudi matin près de 37 millions de francs.

Combinaison de compétences

Le contrat de collaboration conclu entre les deux sociétés prévoit par ailleurs une option d'extension de participation jusqu'à 31,6% du capital et 24,0% des droits de vote d'Oxford PV. Le directeur général (CEO) Hans Brändle, disposera d'un fauteuil au conseil d'administration de la société anglaise, indique un communiqué paru jeudi.


Sur le plan stratégique, Meyer Burger et Oxford PV ont convenu de combiner leurs compétences pour accélérer le développement de technologies de production de masse dans le domaine du pérovskite pour cellules solaires tandem. L'industriel thounois livrera pour un montant non précisé à son partenaire une ligne de production de cellules tandem à hétérojonction (HJT) de 200 MW.

Les cellules tandem pérovskite développées par Oxford PV disposent d'une limite théorique d'efficacité de 43%, contre 29% pour les cellules solaires traditionnelles à jonction unique, selon les indications de Meyer Burger.

Nouvelle perte nette

Le groupe bernois revient par ailleurs sur un nouvel exercice délicat en 2018, assorti de perspectives pour le moins floues pour l'année en cours. Des correctifs de valeurs sur des impôts différés ont en effet bridé toute velléité de retour à l'équilibre.

Ajusté de la vente de l'unité Solar Systems en juin dernier, le chiffre d'affaires s'est tassé de quelque 15% à 407,0 millions de francs. L'excédent brut d'exploitation (Ebitda) a été multiplié par plus de deux à 26,1 millions et le résultat opérationnel (Ebit) est repassé du bon côté de la barre à 1,8 million, contre -19,3 millions un an plus tôt.


Grevé à hauteur de 52,1 millions par des correctifs d'impôts différés, le résultat net est demeuré déficitaire de 59,4 millions, contre -79,4 millions en 2017. La performance 2018 s'avère nettement inférieure aux projections concoctées par les analystes. Le consensus AWP articulait un chiffre d'affaires de 425,8 millions, un Ebitda de 38,0 millions et un bénéfice net de 5,7 millions.

Les entrées de commandes ont fondu à 326,8 millions, contre encore 560,7 millions en 2017. La demande a notamment souffert de la dispute sino-américaine sur les droits de douanes, des coupes dans les subventions chinoises à l'industrie solaire, ainsi qu'une tendance des clients chinois a préférer les équipements locaux.

Pas d'objectifs en cours

Le groupe renonce à formuler des objectifs pour l'année en cours, évoquant un manque de visibilité. La cession attendue sous peu des activités de gaufrage doit générer un produit unique de 50 millions de francs.

Le patron Hans Brändle s'est voulu rassurant en conférence de presse quant à un rétablissement de l'industrie solaire, sans toutefois s'avancer sur l'ampleur ou le calendrier de cette embellie. «Après avoir traversé la Vallée des larmes en 2018, nous regardons l'avenir avec confiance».


Son bras droit financier Manfred Hänser a tenu à rappeler que la perte nette répondait à des facteurs exceptionnels, et que la performance opérationnelle s'était inscrite - bien que de justesse - dans le vert.

Investisseurs échaudés

L'absence de feuille de route laisse augurer pour UBS un élagage du consensus de jusqu'à 15%. Vontobel note néanmoins que les entrées de commandes ont reculé dans une moindre mesure que redouté, grâce à un regain de demande sur la fin de l'exercice.

La banque de gestion zurichoise salue par ailleurs un partenariat stratégique qui doit permettre à Meyer Burger d'asseoir son avantage technologique sur la concurrence, mais dont les retombées financières demeurent difficiles à évaluer.


Le partenariat avec Oxford OV et des prémices d'accélération dans divers domaines devraient permettre aux investisseurs de passer l'éponge sur des résultats 2018 objectivement décevants, nuance pour sa part la Banque cantonale de Zurich (ZKB). La première moitié de l'année en cours ne s'en annonce pas moins compliquée. A 11h30, la nominative Meyer Burger cédait 5,9% à 61 centimes, dans un SPI en recul de 0,18%.

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