Bilan

Menace de grève chez la reine d'Angleterre

Le personnel du château de Windsor, qui fait partie des résidences de la reine Elisabeth II, menace de se mettre en grève pour obtenir de meilleures rémunérations.
  • Les visites guidées du château (ici les cuisines) sont effectuées par le personnel de Windsor sans être l'objet d'une rétribution.

    Crédits: Image: JKHNelson
  • Le château de Windsor a accueilli 1,1 million de visiteurs en 2014, qui ont rapporté 17 millions de livres Sterling à la couronne britannique.

    Crédits: Image: David Iliff
  • Sollicitée par les médias britanniques, la reine s'est refusée à tout commentaire sur cette menace de grève du personnel du château.

    Crédits: Image: Ibagli

Ce serait une première dans l'histoire britannique et un épisode inattendu pour la monarchie: le personnel du château de Windsor pourrait se mettre en grève dans quelques semaines si des négociations ne sont pas engagées en vue de réévaluer à la hausse les rémunérations.

Le quotidien britannique The Daily Telegraph explique que les rémunérations du personnel rattaché au château qui a donné son nom à la dynastie «commencent à 14 400 livres (20'000 francs) par an, ce qui est moins que le salaire minimum, mais ils doivent exécuter des extras sans recevoir d'argent supplémentaire, comme le fait d'effectuer des visites guidées ou de jouer le rôle d'interprètes». Or, les visites guidées sont payantes et contribuent donc aux revenus de la famille royale.

Conscient que des négociations sur une réévaluation globale des barêmes salariaux serait difficile, le principal syndicat des personnels du château, le Public and Commercial Services Union (PCS, qui regroupe 120 des 200 membres du personnel du château), a lancé un préavis de grève des «extras» (visites guidées, travaux de traduction,...) pour fin avril si aucune négociation n'est ouverte pour aboutir à une rétribution de ces activités.

Promesse non tenue selon le syndicat

Les personnels concernés sont les employés en uniforme qui guident les visiteurs, leur ouvrent les portes des différents espaces ouverts au public, leur fournissent les explications, mais aussi vendent les billets d'entrée, tiennent le vestiaire, vendent les souvenirs, ou proposent le catering aux groupes et individuels présents. Ces derniers, par la voix de leur syndicat, affirment avoir accepté un accord sur la rémunération 2014 avec des salaires sans augmentation, en échange d'une rétribution ou de bonus pour les activités effectuées gracieusement jusqu'alors. Mais cette promesse n'aurait pas été tenue par les responsables.

Pour Mark Serwotka, secrétaire général du PCS, «ces travailleurs sont loyaux envers leur employeur et focalisés sur leur mission d'offrir aux visiteurs un service royal, (...) mais il est scandaleux que l'équipe soit payée à des tarifs aussi effroyables et astreints à des tâches effectuées gratuitement alors qu'elles rapportent de l'argent à la famille royale». En 2014, 1,1 million de visiteurs ont découvert le château et rapporté 17 millions de livres Sterling à la reine. Selon les documents officiels, cette somme est dévolue à l'entretien des palais et châteaux de la couronne britannique.

Pas de réaction de la reine

D'autres documents officiels insistent sur l'aspect volontaire des prises en charge des visites guidées et des travaux de traduction par le personnel, qui a ainsi «la possibilité d'acquérir, améliorer et exercer des qualifications additionnelles». Sans oublier la gratification du repas gratuit proposé au château. Quant au barême salarial, un communiqué de presse de la direction du personnel du château de Windsor assure que le traitement «est basé sur les revenus médians et le coût de la vie dans la région de Windsor, Berkshire». Et les responsables affirment ne pas craindre qu'une grève se produise dans cette demeure royale.

Les médias ont sollicité une réaction de la part de la famille royale mais aucun commentaire n'a été fait au sujet de cette menace d'une grève dans le château.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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