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Marco Simeoni: Race for Water «fait de la chirurgie de guerre»

Marco Simeoni, fondateur de Race for Water (la fondation suisse qui lutte contre la pollution des océans) évoque les solutions novatrices qu’il a mises au point avec son équipe pour empêcher les déchets plastiques d’atteindre les milieux marins, dont celle, très prometteuse, qui les transforment en énergie électrique.

Anciennement PlanetSolar, le bateau Race for Water a parcouru les océans depuis quelques mois.

Crédits: Julien Girardot

L’entrepreneur suisse Marco Simeoni, fondateur de Veltigroup, l’une des trois grandes sociétés spécialisées en conseil informatique de Suisse romande, était présent à Lausanne en ce début de mois de décembre pour faire le point sur son périple autour du monde baptisé l’Odyssée 2017-2021, en compagnie de son sponsor principal la marque horlogère suisse Breguet. Le but de cette opération planifiée sur cinq ans? Démontrer que la transition énergétique est une réalité. 

Marco Simeoni. (Julien Girardot)
Marco Simeoni. (Julien Girardot)

Bien qu’une prise de conscience mondiale des enjeux climatiques soit désormais acquise auprès des populations, suite aux vagues de chaleur et catastrophes naturelles qui ont sévi cette année, la mise en œuvre des politiques gouvernementales reste compliquée. Marco Simeoni en témoigne: «Il n’y a pas assez de pouvoirs publics qui s’intéressent et investissent dans cette cause, dans l’éducation des plus jeunes et la mise en œuvre des solutions pour la protection des océans. Elles comptent sur le travail et les ressources que les ONG sont capables d’engranger pour faire le travail à leur place, alors qu’elles ont un rôle central à jouer. Je rencontre constamment des responsables de collectivités publiques, mais leur engagement est décevant. Les moyens et les solutions viennent avant tout du privé. Le bateau «Race for Water» sur lequel nous naviguons a été donné en 2015 à la fondation et a été transformé. Précédemment connu sous le nom PlanetSolar, sa construction révolutionnaire avait été rendue possible grâce à l’initiative d’un richissime mécène. Aujourd’hui, le catamaran navigue pour une nouvelle expédition sur les océans du globe grâce à l’aide précieuse de la marque Breguet. Le bateau accueille de nouvelles technologies en matière d’énergies renouvelables : un mix du solaire, de l’hydrogène et de la voile kite. Grâce à l’accumulation d’énergie et à la production d’énergie hydrogène à bord, le bateau est capable de naviguer pendant 8 jours sans soleil ni vent».

Empêcher les déchets d'arriver aux océans

Mais la plus grande des innovations que Marco Simeoni est venu présenter à Lausanne réside dans la machine à transformer le plastique en énergie électrique. Marco Simeoni explique: «La solution est à terre, en ramassant les déchets avant qu’ils n’atteignent les océans. Je ne crois pas dans les projets qui proposent de nettoyer les océans, car seuls 1% des plastiques flottent à la surface de l’eau, le reste est sous l’eau, sous forme de microplastiques souvent invisibles à l’œil nu. Il n’y a pas de 6ème continent constitué de plastique flottant, comme on avait pu le croire par le passé. Nos observations confirment que ces microplastiques forment une sorte de soupe impossible à collecter.»

Sa solution? Collecter les déchets sur terre. En 2016, son équipe réfléchit à une machine capable de brûler par pyrolyse les différents types de plastiques à très haute température, puis à transformer le gaz produit en énergie électrique.

Produire de l’énergie électrique pour 50'000 personnes

«La machine baptisée Unité Biogreen 300, composée de containers facilement installés peut transformer 5 tonnes de plastiques par jour et produire de l’énergie électrique pour 50'000 personnes. L’énergie produite peut engendrer des revenus qui peuvent servir à rémunérer des collecteurs de plastique. Aujourd’hui, le plastique n’est pas collecté car n’a pas de valeur. Ce système peut en créer et devenir une solution viable. Mais si l’on ne fait rien, il y aura plus de plastique que de poisson dans l’océan en 2050, car chaque minute, c’est l’équivalent d’un camion poubelle remplit de plastique qui se déverse dans les océans. C’est un désastre ! Ce que nous faisons sur place avec Race for Water, c’est de la chirurgie de guerre!».

Depuis le début de l’Odyssée, 4 machines ont déjà été installée dans des zones reculées de la planète qui subissent massivement la pollution plastique, dont Santo Domingo en République Dominicaine ou l’Île de Pâques. La création de valeur économique grâce au plastique est déjà en marche.

L'équipage de Race for Water. (Julien Girardot)
L'équipage de Race for Water. (Julien Girardot)

Cristina d'Agostino

RÉDACTRICE EN CHEF ADJOINTE EN CHARGE DE BILAN LUXE

Lui écrire

Licenciée en Sciences politiques à l’Université de Lausanne puis spécialisée en marketing et économie à HEC Lausanne en 1992, Cristina d’Agostino débute sa carrière dans l’industrie du luxe, et occupe les fonctions de responsable marketing et communication pour diverses marques horlogères. En 2008, elle décide de changer radicalement d’orientation, et débute une carrière de journaliste. En freelance d’abord, elle collabore aux titres Bilan, Bilan Luxe, Encore, avant d’intégrer la rédaction de Bilan en 2012. Depuis 2012, elle occupe la fonction de rédactrice en chef adjointe et responsable des hors-série Bilan Luxe.

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