Bilan

Macron réaffirme son credo européen avant son premier sommet

Emmanuel Macron a réaffirmé son credo d'une Europe capable de transformer le monde, dont la France serait un moteur.

L'Europe est "le seul endroit au monde où les libertés individuelles, l'esprit de démocratie et la justice sociale se sont mariés à ce point", a dit M. Macron.

Crédits: AFP

Le président français Emmanuel Macron a réaffirmé son credo d'une Europe capable de transformer le monde, dont la France serait un moteur, espérant que son élection marque "le début d'une renaissance française et européenne".

Pour lui, face à la montée des extrêmes et des régimes autoritaires, face aux inégalités qui s'aggravent dans le monde, c'est à l'Europe de "gagner la bataille" pour "la liberté et la démocratie (...), assurer la justice sociale et préserver notre planète à travers le climat".

La France pourra y avoir "une capacité motrice" mais seulement si elle se réforme d'abord, a-t-il ajouté dans une interview à huit journaux européens, dont "Le Temps", réalisée avant le remaniement de son gouvernement annoncé mercredi soir.

Les crises dans le monde "sont issues pour partie des inégalités profondes engendrées par l'ordre mondial, et du terrorisme islamiste. À ces déséquilibres s'ajoute celui du climat", a-t-il estimé.

"Nous allons gagner cette bataille dont l'Europe porte la responsabilité" car c'est "le seul endroit au monde où les libertés individuelles, l'esprit de démocratie et la justice sociale se sont mariés à ce point".

"Nous pouvons continuer à passer des nuits entières à nous interroger sur l'endroit où se trouvera la prochaine agence européenne ou la manière dont sera dépensé tel ou tel budget... Nous nous placerions alors hors de l'Histoire. Je n'ai pas fait ce choix. Angela Merkel non plus", a-t-il poursuivi.

Il a critiqué "certains dirigeants européens qui tournent le dos à l'Europe", avec "une approche cynique de l'Union qui servirait à dépenser les crédits sans respecter les valeurs".

"L'Europe n'est pas un supermarché. L'Europe est un destin commun", souligne-t-il.

"Les pays d'Europe qui ne respectent pas les règles doivent en tirer toutes les conséquences politiques", a-t-il insisté, "je ne transigerai pas sur la solidarité et les valeurs démocratiques".

La France, elle, "n'aura aucune capacité motrice" sans "renforcer son économie et sa société". Il a plaidé au passage pour des objectifs budgétaires pluriannuels.

Avec l'Allemagne, il veut pour chaque sommet "des positions communes", "sinon l'Europe bégaie".

Il a martelé son souhait d'une "Europe qui protège" avec "une vraie politique de défense et de sécurité commune", une réforme de la protection aux frontières, de la politique migratoire et du droit d'asile, ainsi qu'une coopération accrue contre le terrorisme.

Comme "étape suivante" il veut une "intégration plus forte" des pays de la zone euro, avec un budget et une "gouvernance démocratique".

"La crise de l'imaginaire occidental est un défi immense, et ce n'est pas une personne qui le changera. Mais j'ai la volonté de retrouver le fil de l'Histoire et l'énergie du peuple européen", conclut-il.

Outre "Le Temps", cet entretien a été publié dans "Le Figaro", "Le Soir", "The Guardian", "El Pais", la "Süddeutsche Zeitung", le "Corriere della Serra" et la "Gazeta Wyborcza".

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