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Macron: quel Premier ministre pour quelle politique économique?

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Anne-Marie Idrac.
Le choix du Premier ministre sera le premier révélateur des orientations économiques que prendra Emmanuel Macron au terme d'une campagne au cours de laquelle il a maintenu le flou sur de nombreux points.
Jean-Louis Borloo.

Christine Lagarde: la mondialiste tempérée

---> Libérale assumée mais avec une forte conscience des enjeux sociaux, elle milite pour des politiques économiques coordonnées et pourrait s'inscrire dans la volonté d'Emmanuel Macron de collaborer avec les autres puissances européennes.

Jean-Louis Borloo: le retour du centre social

---> Favorable à une politique destinée à attirer les investisseurs et les entreprises internationales en France, il veut s'en servir pour favoriser l'entrepreneuriat local: un message en phase avec celui d'Emmanuel Macron pendant sa campagne, même s'il est de la génération d'avant.

François Bayrou: l'humaniste des régions

---> Ce partisan d'un renforcement de la construction européenne avec des contraintes pour les banques et institutions financières d'injecter une large part de la création monétaire dans l'économie réelle apporterait une caution humaniste et morale au premier gouvernement Macron, mais pourrait sembler un peu daté.

Sylvie Goulard: l'europhile exigeante

---> En dépit de son manque de notoriété, Sylvie Goulard correspond assez bien au programme politique défini par Emmanuel Macron. Son inexpérience dans le secteur privé pourrait lui faire défaut, mais elle pourrait incarner une autre Europe aux yeux des Français, plus exigeante vis-à-vis des banques tout en étant plus rigoureuse sur le plan budgétaire.

Laurence Parisot: la patronne pragmatique

---> Dénuée d'expérience politique et vue avec méfiance à gauche, Laurence Parisot n'a que peu de chances d'accéder à Matignon. Mais son expérience du dialogue social et sa réussite dans le secteur privé feraient d'elle une carte majeure pour encourager l'investissement des entreprises en France.

Richard Ferrand: le fidèle parmi les fidèles

---> Cet adversaire de l'écotaxe prévue par les gouvernements Fillon et Ayrault serait sans doute apprécié des PME. Mais il aurait sans doute davantage sa place dans un ministère qu'à Matignon dans un premier temps, afin de se construire une notoriété et de gagner de l'expérience avec les partenaires sociaux et économiques.

Jean-Yves Le Drian: le poids-lourd social-démocrate

---> Sa nomination rallierait nombre de socialistes, mais pourrait symboliser une continuité Hollande-Macron que ce dernier ne souhaite pas. De plus, ce spécialiste des questions de défense est relativement peu connu dans les milieux économiques et financiers (hors du secteur de l'armement). Avantage: il se focaliserait sur les questions de sécurité et de défense et laisserait le leadership sur les sujets économiques à Emmanuel Macron.

Xavier Bertrand: le ralliement rêvé

---> Avec cet ancien sarkozyste, Emmanuel Macron marquerait des points dans l'électorat de droite. Du côté des entreprises et des patrons, la figure de Xavier Bertrand rassure, sans cependant rebuter les syndicats. Ses positions «Macron-compatibles» dans le domaine économique et sa capacité à rassembler des élus de droite sont cependant légèrement tempérées par l'implication indirecte de plusieurs de ses anciens collaborateurs dans le scandale du Mediator avec les laboratoires Servier.

Bruno Le Maire: la passerelle vers la droite

---> Ce «néo-gaulliste» (comme le qualifie le politologue Pascal Perrineau) est le plus proche actuellement de rallier le gouvernement. Mais les 2,4% réalisés à la primaire de la droite lui permettront-ils d'infléchir la politique économique du quinquennat Macron vers davantage de libéralisme encore que les axes annoncés?

Edouard Philippe: le juppéiste compatible

---> L'estime réciproque entre les deux hommes et une convergence des idées sur une flexibilité accrue du marché du travail ainsi qu'une relance de la construction européenne pourrait favoriser cette collaboration entre deux figures atypiques de leurs camps d'origine respectifs. Reste à voir si l'ambition des deux ne risque pas de créer des tensions entre Matignon et l'Elysée. Sans oublier que le maire du Havre serait une «prise de guerre» moins prestigieuse qu'un Estrosi ou un Bertrand pour Emmanuel Macron.

Anne-Marie Idrac: l'outsider oubliée

---> Son profil de technicienne experte des dossiers correspond parfaitement au portrait-type dessiné par Emmanuel Macron ces derniers jours. Seul hic pour elle: elle a peu d'expérience de conduite d'un groupe d'élus et pourrait se retrouver désarmée face aux luttes intestines au sein d'une majorité éventuelle.