Bilan

Macron élu président à plus de 60% des voix

Selon les premiers sondages, Emmanuel Macron arriverait largement en tête, avec plus de 60% en France métropolitaine. Dans les territoires d'outre-mer, le candidat d'En Marche! obtiendrait encore de meilleurs résultats.

 Emmanuel Macron a été l’un des principaux conseillers de François Hollande de 2012 à 2014.

 Emmanuel Macron a été élu dimanche président de la République en battant largement la candidate d'extrême droite Marine Le Pen lors d'un second tour marqué par une forte abstention, mais de nombreux défis attendent cet homme jeune à l'ascension fulgurante, à commencer par l'obtention d'une majorité à l'Assemblée.

Le candidat d'En Marche!, 39 ans, va devenir le huitième président de la Ve République en obtenant entre 65 et 66,1% des voix face à Marine Le Pen (33,9% à 35%), selon les premières estimations disponibles dimanche soir. Les deux dirigeants ont eu un échange téléphonique "bref" et "cordial", selon l'entourage du vainqueur, plus jeune chef de l'Etat que la France ait connu.

"Une nouvelle page s'ouvre", "celle de l'espoir et de la confiance retrouvés", a affirmé le président élu dans une déclaration à l'AFP.

Malgré la nette défaite, Marine Le Pen, qui avait rassemblé son camp dans le bois de Vincennes, s'est réjouie de son "résultat historique et massif". Selon les sondeurs, elle devrait totaliser plus de 10 millions de voix, largement au-delà du précédent record du FN datant du premier tour (plus de 7,6 millions de voix). Son père Jean-Marie Le Pen, lui, n'avait quasiment pas progressé face à Jacques Chirac entre les deux tours en 2002 (17,79%).

Le second tour a été marqué par la plus forte abstention depuis 1969, qui devrait selon les sondeurs dépasser les 25%. Contrairement à 2002 où la présence du Front national avait mobilisé, la participation recule nettement par rapport au 1er tour (22,23%).

Les blancs et nuls approchent les 9% des inscrits, un record pour une présidentielle.

Une explosion de joie a accompagné l'annonce de ces résultats devant la pyramide du Louvre où s'étaient rassemblées quelques milliers de partisans du nouveau président. La nouvelle a été salué par des coups de klaxon et drapeaux français agités aux fenêtres des voitures sur les Champs-Elysées, par des huées des sympathisants FN au bois de Vincennes.

A l'Elysée, François Hollande a "félicité chaleureusement" son ex-conseiller dont la "large victoire" confirme l'attachement "aux valeurs de la République, à l'Union européenne comme à l'ouverture de la France dans le monde".

A l'étranger, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker s'est réjoui que les Français aient "choisi un avenir européen", tandis que la chancelière Merkel a salué via un porte-parole une "victoire pour une Europe forte et unie".

Emmanuel Macron accomplit un des plus retentissants exploits de l'histoire politique française. Jamais élu auparavant, comme Charles de Gaulle; et plus jeune des 25 présidents de la République juste devant le premier d'entre eux, Louis Napoléon-Bonaparte (40 ans en 1848).

Ce natif d'Amiens, énarque promotion 2004, inspecteur des finances puis associé-gérant de la Banque Rothschild, accède à la magistrature suprême sans jamais avoir été parlementaire. Rapporteur adjoint d'une commission pour la croissance sous la présidence Sarkozy en 2008, secrétaire général adjoint et conseiller économique du président Hollande depuis 2012, il était encore inconnu du grand public avant sa nomination comme ministre de l'Economie en août 2014 où il est resté moins de deux ans.

Passation le week-end prochain

A la tête de son mouvement politique, En Marche! créé il y a tout juste un an, avec son programme "et de droite, et de gauche", il a écarté les deux grands partis de gouvernement, le PS et Les Républicains (LR), boutés hors de l'Elysée pour la première fois depuis 1981.

Sa rivale battue, Madame Le Pen, s'est elle félicitée que son parti soit "devenu la première force d'opposition".

Mais malgré le renfort du souverainiste Nicolas Dupont-Aignan et un début d'entre-deux tours poussif de M. Macron, la leader du parti d'extrême droite a lourdement buté sur la dernière marche, avec une prestation lors du duel télévisé qui a déçu jusque dans ses propres rangs.

Le mandat de François Hollande expire officiellement dimanche prochain et la passation aura lieu durant le week-end.

M. Macron devrait auparavant être présent aux côtés de M. Hollande dès lundi sous l'Arc de Triomphe pour les commémorations du 8 mai 1945; ainsi qu'à la Journée nationale des mémoires de l'esclavage mercredi dans les jardins du Luxembourg à Paris, juste après le dernier Conseil des ministres du quinquennat Hollande.

Une immense tâche attend Emmanuel Macron, qui doit annoncer le choix de son Premier ministre et la composition de son gouvernement avant de solliciter une majorité à l'occasion des législatives des 11 et 18 juin. "La moitié du chemin a été faite", a estimé le secrétaire général d'En Marche!, Richard Ferrand.

"Je n'aurai pas d'état de grâce, je ne pourrai pas présider comme on préside depuis 1958", a-t-il lui-même prévenu vendredi.

Le nouveau président a également indiqué avoir arrêté son choix pour Matignon. Celui ou celle-ci devra avoir "la compétence et la capacité de diriger un gouvernement et une majorité", donc a priori une certaine expérience parlementaire.

Quel Premier ministre ?

De son côté, le gouvernement devrait, selon les dires de M. Macron, comporter une quinzaine de ministres mêlant politiques et figures de la "société civile", et un nombre non défini de secrétaires d'Etat.

Parmi les premières mesures annoncées figurent le dépôt d'une loi sur la "moralisation politique". M. Macron souhaite par ailleurs "dès l'été" réformer le droit du travail par ordonnances, ce qui suscite d'ores et déjà l'opposition du PS, du PCF et de la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon.

Au sein d'En Marche!, "toutes les investitures" pour les législatives doivent intervenir cette semaine, avec force place laissée au "renouvellement". Les partisans de M. Macron tablent sur la "cohérence" des électeurs pour fournir au nouveau président une majorité absolue. Plusieurs figures à droite (Christian Estrosi) ou à gauche (Manuel Valls) ont d'ores et déjà signalé leur disponibilité.

Principal parti de l'Assemblée sortante mais balayé de la présidentielle avec les 6% récoltés par Benoît Hamon, le PS est en grand danger, pris en tenaille entre MM. Macron et Mélenchon. "La gauche de gouvernement (...) doit apporter sa contribution à la réussite du pays et du quinquennat qui commence", a réagi dès 20H00 le Premier ministre Bernard Cazeneuve.

Absente du second tour pour la première fois depuis 1958 après l'élimination de François Fillon, la droite tentera d'imposer à M. Macron une cohabitation, avec François Baroin comme meneur de campagne.

Le vice-président des Républicains Laurent Wauquiez a évoqué dimanche soir "un président élu sans envie ni enthousiasme".

Le Front national, qui n'a que deux élus sortants dans l'Assemblée, vise a minima l'obtention d'un groupe parlementaire.

Marine Le Pen va proposer "une transformation profonde de notre mouvement afin de composer une nouvelle force politique", a-t-elle dit, en appelant "tous les patriotes" à la rejoindre.

 

 

 


 

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