Bilan

LuxLeaks: un des lanceurs d'alerte dit avoir fait son devoir de citoyen

Un des lanceurs d'alerte des "LuxLeaks" a expliqué vendredi lors du procès à Luxembourg être "choqué" par les pratiques d'optimisation fiscale des firmes multinationales.

Il s'est avéré que l'enquête journalistique était basée sur des documents fournis par un autre employé de PwC, Antoine Deltour (photo).

Crédits: AFP

Un des lanceurs d'alerte qui a permis de révéler au grand jour le scandale des "LuxLeaks" a expliqué vendredi lors du procès à Luxembourg avoir fait son devoir de citoyen, "choqué" par les pratiques d'optimisation fiscale des firmes multinationales.

Raphaël Halet, l'un des trois Français sur le banc des accusés pour la fuite de milliers de documents fiscaux du cabinet d'audit PricewaterhouseCoopers, est revenu sur de précédentes déclarations sur sa relation avec le journaliste Edouard Perrin.

"Au bout d'un moment, j'assume mes actes", a répondu M. Halet à la question de savoir les raisons d'un "tel revirement".

Manifestement fragilisé par les multiples interrogatoires, il affirme avoir exercé son "devoir d'alerte" en tant que "citoyen", après avoir vu un reportage de l'émission Cash investigation sur la télévision publique France 2.

Il s'est avéré que l'enquête journalistique menée par Edouard Perrin était basée sur des documents fournis par un autre employé de PwC, Antoine Deltour.

"Après le reportage, j'ai davantage compris le contenu des documents qu'on voyait passer (chez PwC). Ce sont des pratiques qui me choquent", a témoigné M. Halet.

L'ancien responsable de la numérisation des documents de PwC est accusé de vol domestique, divulgation de secrets d'affaires, violation de secret professionnel et blanchiment pour avoir confié à Edouard Perrin 16 rapports fiscaux confidentiels, tout comme Antoine Deltour.

Le journaliste est poursuivi pour les mêmes chefs d'accusation, en tant que complice.

Depuis une audition de M. Halet devant le juge d'instruction en 2014, la justice luxembourgeoise le soupçonne d'avoir guidé la sortie de documents de la firme PwC.

Le procès des trois hommes, accusés d'avoir fait fuiter près de 30.000 pages éclairant les pratiques fiscales de multinationales établies au Grand-duché, a commencé mardi. Ils encourent jusqu'à 10 ans d'emprisonnement.

L'audience a été suspendue à l'issue du témoignage de M. Halet et reprendra mardi avec l'audition Antoine Deltour, le plus emblématique des accusés.

PwC avait déposé une plainte en juin 2012, déclenchant une enquête qui avait rebondi en 2014 après la publication des documents par l'ICIJ, le Consortium international des journalistes d'investigation.

Si les récents "Panama Papers" ont mis au jour des montages complexes de sociétés pour dissimuler des avoirs, le scandale des "LuxLeaks" a lui dévoilé les pratiques fiscales de firmes comme Apple, Ikea et Pepsi pour économiser des milliards de dollars d'impôts.

Les "rescrits fiscaux", généreusement accordés par l'administration, étaient négociés par la firme PwC pour le compte de ses clients.

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