Bilan

L'Union européenne va débattre d'un nouveau report du Brexit

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a réussi mardi soir à faire approuver par la Chambre des communes le principe du nouvel accord de sortie qu'il a conclu avec Bruxelles, mais les députés ont refusé le calendrier à marche forcée qu'il voulait leur imposer pour se prononcer d'ici à jeudi sur un texte de 110 pages.

Boris Johnson a perdu sa majorité depuis le mois de septembre.

Crédits: DR

Le président du Conseil européen Donald Tusk a recommandé aux Etats membres de l'UE d'accepter un troisième report du Brexit après un vote à double tranchant des députés britanniques qui pourrait déboucher sur des élections anticipées.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a réussi mardi soir à faire approuver par la Chambre des communes le principe du nouvel accord de sortie qu'il a conclu avec Bruxelles, mais les députés ont refusé le calendrier à marche forcée qu'il voulait leur imposer pour se prononcer d'ici à jeudi sur un texte de 110 pages.

Boris Johnson a en conséquence annoncé qu'il suspendait l'examen de l'accord par le Parlement jusqu'à ce que l'Union européenne prenne une décision sur un report de la date du divorce, fixée en principe au 31 octobre.

Nouveau report

A la suite du vote britannique, le président du Conseil européen Donald Tusk a recommandé aux dirigeants de l'UE "d'accepter la demande britannique pour un nouveau report de la date de sortie" du Royaume-Uni et proposé "que cela soit décidé par procédure écrite", sans besoin de convoquer un sommet", dans un tweet. Il n'a évoqué aucune durée pour ce report.

Si les 27 décident d'accorder à Londres un report de trois mois, délai que Boris Johnson a été contraint par le Parlement de solliciter, le Premier ministre pourrait tenter de déclencher des élections législatives anticipées. Un tel scrutin "semble être le seul moyen de sortir de l'impasse", a souligné sur la BBC le ministre de la Justice Robert Buckland.

"Notre position reste que nous ne devrions pas faire de report, que nous devrions quitter l'UE le 31 octobre", a-t-il martelé devant le parlement.

Le Labour, principal parti d'opposition, a répété ces dernières semaines qu'il soutiendrait l'organisation d'un tel scrutin dès que le risque d'une sortie sans accord serait écarté.

Les derniers sondages donnent aux conservateurs dix points d'avance devant le Labour (35% contre 25%). Si cette tendance se confirmait dans les urnes, les conservateurs auraient une majorité de 20 sièges, a expliqué le spécialiste des sondages John Curtice sur la BBC.

Boris Johnson a perdu sa majorité depuis le mois de septembre.

«Problème de calendrier»

Une réunion des ambassadeurs des pays membres auprès de l'UE a été planifiée mercredi pour discuter de la recommandation de Donald Tusk, a indiqué l'un des représentants à l'AFP.

Mais il n'est pas question de décider dès mercredi, a averti ce représentant. Il s'agira, a-t-il expliqué, de vérifier si l'ensemble des pays membres partagent la même analyse de la situation et de voir si un nouveau report est nécessaire.

"La bonne nouvelle est que Boris Johnson a trouvé une majorité et elle n'est pas courte. Il a réussi son pari. Mais le Parlement a bloqué le calendrier. Nous ne sommes pas dans une situation de crise, mais face à un problème de calendrier devenu trop serré", a expliqué à l'AFP un responsable européen.

La durée de la prolongation doit être décidée par les Européens en concertation avec Londres, a soutenu le responsable européen. "L'UE est disposée à accepter une prolongation, mais elle décidera ce qui est nécessaire, et sa durée exacte devra faire l'objet d'échanges politiques", a-t-il commenté. "Un report de trois mois n'est pas acceptable. Il doit être limité", a-t-il estimé.

La France s'est elle aussi déclarée prête à accepter un court report "technique" de "quelques jours" du Brexit pour que la procédure parlementaire puisse s'achever à Londres, mais a exclu toute rediscussion de l'accord.

Extension purement technique

"En fin de semaine, nous verrons si une extension purement technique de quelques jours se justifie, pour que le Parlement britannique puisse achever sa procédure parlementaire", a déclaré la secrétaire d'Etat française aux Affaires européennes Amélie de Montchalin. "En dehors d'une telle perspective, une extension destinée à gagner du temps ou à rediscuter de l'accord est exclue", a-t-elle ajouté.

L'accord règle les conditions du divorce entre le Royaume-Uni et l'UE après 46 ans de vie commune et permet une sortie négociée assortie d'une période de transition courant au moins jusqu'à fin 2020. Une fois approuvé par le Parlement britannique, il devra aussi être adopté par le Parlement européen.

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."