Bilan

Luciana Vaccaro, une pionnière à la tête de la HES-SO

Pour la première fois, une femme va diriger la Haute école spécialisée de Suisse Occidentale (HES-SO): Luciana Vaccaro vient d'être nommée à la succession de Marc-André Berclaz, président durant dix ans.
De l'EPFL à la HES-SO: Luciana Vaccaro reste dans son domaine de prédilection, l'enseignement supérieur et la recherche. Mais dès le mois d'octobre, cette Napolitaine née à Genève dirigera le vaste réseau de la HES-SO: 19'000 étudiants répartis dans 27 hautes écoles et sept cantons.

Après dix ans, Marc-André Berclaz passera le relais à celle qui dirige actuellement le Grants Office de l’EPFL, unité chargée de l'accompagnement des projets scientifiques vers leur objectif économique.

Une formation de physicienne

«A la base, je suis une scientifique, rappelle celle qui a une formation de physicienne. Mais à un certain moment, j'ai cherché à savoir comment le savoir est mis à disposition de la société en général.» Dans un premier temps, c'est au sein de l'Université de Lausanne qu'elle s'est penchée sur les questions de la formation universitaire dans l'économie de la santé.

En 2009, elle a changé de campus, passant de l'UNIL à l'EPFL. Au cœur de son quotidien figure une question: comment restituer à la société cet argent qui est investi dans la formation et la recherche? Et un leitmotiv: offrir une vue d'ensemble des problématiques de la branche aux personnes en formation.

Le passé, l'existant et les défis de demain

«En Italie, au début des années 1990, le virage de ces formations pratiques post-maturité a été raté», analyse sans concession la Transalpine qui veut s'engager afin que la Suisse ne reproduise pas l'erreur de sa voisine du Sud.

S'inspirer du passé et «s'appuyer sur ce qui existe et qui a été bien fait depuis plus de quinze ans». Mais aussi se projeter résolument dans l'avenir: «Il faut fournir à la société les profils en lien avec les besoins actuels et ceux des vingt prochaines années», énonce-t-elle.

Et de cibler une série de grands enjeux: le virage énergétique, qui ne concerne pas seulement le développement des énergies renouvelables mais aussi le changement des mentalités; la mutation démographique, qui dépasse le simple phénomène du vieillissement de la population; l'aménagement du territoire, pour voir au-delà de la simple problématique des transports...

Plus une étiquette de scientifique qu'une étiquette de femme

Luciana Vaccaro fait figure de pionnière. Elle ne sera certes pas la première femme à diriger une HES (Lucerne a déjà eu sa directrice et plusieurs hautes écoles affiliées à la HES-SO ont une femme à leur tête). Mais elle s'aventure dans des fonctions de direction faîtière traditionnellement dévolues majoritairement aux hommes.

«Je ne sais pas s'il existe une manière féminine de diriger une équipe. Ce que je sais, c'est que j'ai toujours évolué dans des milieux traditionnellement masculins: jamais je n'ai été remise en cause parce que j'étais une femme; quand j'ai fait face à des doutes, c'était plus en lien avec mon parcours de scientifique dans un milieu du management», constate-t-elle.

L'égalité des chances à la HES-SO

Et si sa nomination est due aux compétences qu'elle a dû prouver au cours d'un long processus de sélection, il n'est pas illogique qu'elle intervienne dans une structure qui a fait de l'égalité des chances une de ses priorités dans l’ensemble de ses activités.

«Très à l’aise dans le monde académique, elle cultive depuis longtemps d’excellents contacts avec l’économie. Elle apporte aussi un grand sens de la négociation et une capacité de décision dans la mise en œuvre d’une vision stratégique»: le constat est signé Philippe Gnaegi, président du Comité gouvernemental pour la HES-SO (et ex-conseiller d'Etat neuchâtelois) jusqu'à la fin du mois mai.

Un compliment en forme de lettre de mission: le défi est vaste pour Luciana Vaccaro. Mais la première femme à diriger la Haute école aime ce genre de défis.
Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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