Bilan

L'Italie en récession après une chute de 12,4% de son PIB au 2e trimestre

L'Italie a enregistré une chute record de 12,4% de son Produit intérieur brut (PIB) au deuxième trimestre par rapport au précédent en raison de la pandémie de coronavirus, entrant ainsi en récession, mais a néanmoins fait mieux qu'attendu.

L'Italie, premier pays touché en Europe par l'épidémie, a imposé de strictes mesures de confinement en mars et avril, paralysant une grande partie de son activité économique.

Crédits: AFP

Avec cette chute "sans précédent" qui fait suite à un recul de 5,4% au premier trimestre, le PIB italien atteint son niveau "le plus bas depuis le premier trimestre 1995", a souligné l'Institut national des statistiques (Istat) dans un communiqué.

Comparé au deuxième trimestre 2019, le plongeon de la troisième économie de la zone euro est encore plus vertigineux, à -17,3%.

Sur les six premiers mois de l'année, la baisse atteint 14,3%.

Néanmoins, l'Italie a limité les dégâts.

Les chutes enregistrées sont "inférieures aux prévisions. Cela peut être lié à l'assouplissement des mesures de confinement dans la dernière partie du trimestre", a commenté l'ancien économiste en chef du Trésor italien et fondateur du cabinet LC Macro Advisors, Lorenzo Codogno.

"Il y aura un fort effet de base au troisième trimestre, ce qui permettra un rebond important, peut-être même plus que dans d'autres pays", a-t-il ajouté, en précisant que par conséquent il révisait sa prévision pour l'année à un recul de 11% du PIB italien, contre 12,9% précédemment.

De plus, a-t-il souligné, alors que l'Italie figure généralement parmi les plus mauvais élèves européens, elle a fait mieux que d'autres pays.

Les Etats-Unis ont ainsi vu leur PIB chuter de 32,9%, l'Espagne de 18,5%, le Mexique de 17,3% et la France de 13,8%.

L'Italie, premier pays touché en Europe par l'épidémie, a imposé de strictes mesures de confinement en mars et avril, paralysant une grande partie de son activité économique.

La péninsule devrait subir cette année sa pire récession depuis la Seconde Guerre mondiale, avec un plongeon du PIB estimé, selon les experts et les scénarios, entre 8 et 14%.

"Les estimations publiées aujourd'hui par l'Istat sur le PIB du deuxième trimestre, bien que négatives (...), indiquent une baisse moins grave que prévue par la plupart des prévisions", s'est félicité le ministre de l'Economie, Roberto Gualtieri, dans un communiqué.

"Cela témoigne de la solidité des mesures mises en oeuvre par le gouvernement et de la possibilité pour l'Italie de poursuivre sur la voie d'une reprise progressive et constante de l'activité économique", a-t-il ajouté.

Pour soutenir la reprise, le gouvernement italien va engager des dépenses supplémentaires de 25 milliards d'euros au titre du budget 2020, portant le déficit public à 11,9% du PIB, le plus élevé de la zone euro.

Annoncée au lendemain de l'accord historique conclu par l'UE sur un plan de relance post-coronavirus dont l'Italie est un des principaux bénéficiaires, cette rallonge budgétaire va creuser la dette italienne à 157,6% du PIB.

"Le gouvernement juge de la plus grande importance, dans les circonstances actuelles, de continuer à assurer le soutien au système productif et au pouvoir d'achat des citoyens, de soutenir la reprise et d'intervenir quand c'est nécessaire pour préserver l'emploi", a-t-il indiqué.

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