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L’intégrité des Suisses sur le CV? Peut mieux faire...

La réputation des Suisses à l’échelle mondiale est bonne, notamment au niveau du travail. Pourtant, presque la moitié de leurs CV comportent des erreurs plus ou moins graves.

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Sur quoi les Suisses ont-ils le plus tendance à mentir dans leurs CV? Pour répondre à cette question, le cabinet Aequivalent, spécialisé dans le screening, a analysé 3311 dossiers. Si 45% d’entre eux correspondaient parfaitement à la déclaration de l’employé, 46,8% comportaient des points problématiques et 8,15% n’étaient tout simplement pas conformes.

Le cabinet yverdonnois est allé plus dans le détail. Il constate que l’intégrité financière était source de mensonge pour 42% des dossiers non-conformes. Autre point d’infraction: la déclaration d’adresse, incorrecte dans 25% de ces mêmes dossiers. «Si vous donnez une fausse adresse et amenez l'extrait de l'office des poursuites de cette adresse, cela peut être vide», lance Michael Platen, directeur d'Aequivalent.

Les cas de dissimulation d’activités accessoires et de conflits d’intérêts concernent une personne sur cinq lorsque le dossier a été classé comme non-conforme par Aequivalent. Les flagrants mensonges sur les diplômes et qualifications professionnelles sont moindres dans cette catégorie.

Les différentes catégories d'erreurs factuelles au sein des CV non-conformes.Crédits: Aequivalent.

Attention

Qui sont ces candidats dont le CV était entre le juste et l'inexact? «Ce sont ceux qui mettent qu'ils étaient à l'université de telle ou telle année, mais qui ne précisent pas qu'ils n'ont pas eu le diplôme», affirme Michael Platen, CEO d'Aequivalent. Plus modéré que les mensonges flagrants: les inexactitudes.

Les CV ont régulièrement des petites erreurs. Celles sur les expériences professionnelles sont particulièrement récurrentes et concernent trois dossiers inexacts sur quatre. Les inexactitudes sur les diplômes sont présentes dans presque trois dossiers sur dix. Parfois les dates ne correspondent pas à la réalité, le taux d’occupation est faux ou le titre du poste n’est pas celui sur le contrat. L’absence de certificat de travail est également un point d’attention aux yeux du cabinet yverdonnois, tout comme le refus d’un candidat d’une prise de contact avec son ancien employeur.

Graphique de plusieurs points d'attention lors du screening. Crédits: Aequivalent.

L’un des constats clairs d’Aequivalent est le suivant: plus de la moitié des dossiers renvoient à des profils internet qui présentent un risque de réputation. Autrement dit: en farfouillant un peu sur Internet, l’employeur peut vite trouver de quoi s’inquiéter sur le profil d’un candidat sur deux. Sept points en particulier retiennent l’attention: les incohérences avec le CV, la divulgation d’informations confidentielles, la divulgation de contenus problématiques, les critiques sur l’employeur, les remarques discriminatoires, les groupes controversés ou enfin une présence média négative. Cela concerne plusieurs types de réseaux, de YouTube à LinkedIn en passant par Instagram.

Et par rapport à l’an dernier?

Aequivalent précise que plusieurs tendances sont stables ou en hausse par rapport aux années précédentes. La e-réputation est un problème potentiel pour 53% des dossiers étudiés en 2019, elle l’était pour 37% de ceux étudiés en 2018. Le cabinet yverdonnois explique partiellement cette hausse par le perfectionnement des outils et méthodes de recherche.

La proportion des personnes qui cachent leur intégrité financière reste relativement stable alors que les situations de non-conformité liée aux activités annexes a augmenté de 5 points (de 14% à 19%) entre 2018 et 2019.

La représentation de l'âge des candidats, des CV conformes ou non. Crédits: Aequivalent.

Tendanciellement, les jeunes semblent moins prêter attention aux inexactitudes de leur CV et de leur réputation en ligne. Michael Platen estime que les candidats sont peut-être moins rigoureux lorsqu'ils remplissent les champs de LinkedIn que lorsqu'ils doivent signer un document officiel. Les hommes ont quant à eux été plus justes que les femmes dans leur CV. Ce résultat est l’inverse de celui de l’an dernier, lorsque les femmes présentaient des CV davantage conformes.

A noter que le cabinet de screening yverdonnois travaille notamment avec des entreprises du secteur bancaire, mais aussi avec des assurances maladies, des organisations à but non lucratif, des entreprises du luxe ou encore de la sécurité.

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

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Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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