Bilan

L’innovation «verte» exposée à Lausanne

Plus de 80 entreprises suisses et européennes viendront présenter leurs solutions en matière environnementale les 12 et 13 février à l’occasion du Salon du climat à Beaulieu. L’opportunité de rencontrer le public et convaincre les investisseurs, encore prudents, du potentiel des cleantech.

Après une première édition prometteuse, le Salon du climat revient pour une deuxième édition en 2019 à Lausanne.

Crédits: DR

La thématique est sur toutes les lèvres et la fréquentation du Salon du climat devrait s’en ressentir. Près de 3000 personnes sont attendues entre mercredi et jeudi au Palais de Beaulieu à Lausanne, trois fois plus que lors de la première édition. Les étudiants, qui manifestent chaque samedi pour la cause climatique, sont notamment ciblés par l’organisation avec un parcours éducatif détaillant les grands enjeux environnementaux. Un volet grand public marqué par les interventions de l’explorateur Mike Horn ainsi que du navigateur franco-suisse Yvan Bourgnon, de retour sur le devant de la scène internationale avec son projet The Sea Cleaners destiné à la récupération du plastique des océans.

Le temps de l’action

Au-delà de la présence de personnalités médiatiques, ce sont avant tout 83 entreprises -des startups des technologies vertes aux PME traditionnelles- qui viendront présenter au public et aux professionnels des solutions pour réduire l’impact des émissions de carbone. Une orientation concrète voulue par le salon, selon Nadia Plata, organisatrice: «On n’en est plus au stade de la réflexion sur l’urgence climatique mais à la mise en place de solutions directement applicables. Ces solutions existent déjà et couvrent une grande variété de secteurs comme l’agriculture, le bâtiment, la mobilité ou l’énergie. Pour continuer à se développer elles doivent trouver des marchés et viser une taille critique.» Pour ce faire, le site internet ClimateShowMarket est créé en parallèle pour proposer à la vente les innovations présentées au Salon, et restera actif après l’événement.

>> À lire aussi: Climat, biodiversité, développement: quelle place pour les acteurs économiques?

Parmi ces petites entreprises qui développent une activité verte, le fabricant de pièces mécaniques Schmid dans le canton de Berne s’est lancé dans la conception d’un système de cogénération qui produit de l’électricité en récupérant la chaleur engendrée pour le chauffage. Son chef d’entreprise Rolf Schmid vient pour rencontrer des professionnels du secteur: «Nous cherchons à nouer un partenariat avec une société capable de produire des séries de plusieurs milliers d’appareils destinés à toute l’Europe, ce qu’un petit atelier comme le nôtre ne peut pas faire.»

Force de frappe des fondations

Rolf Schmid fait partie des sociétés soutenues par la Fondation suisse pour le climat. Depuis 2008, la fondation a financé près de 1400 entreprises en Suisse et au Liechtenstein pour un montant global de 20 millions de francs sur des projets «contribuant à la protection du climat». Parmi la vingtaine d’initiatives présentées sur l’événement, la romande Ecorobotix, une technologie limitant l’épandage de pesticide, côtoiera des startups actives dans l’éclairage autonome, la gestion de l’énergie dans les bâtiments ou encore des capteurs solaires thermiques air-air. Les organisateurs compteront également sur la présence de Climate-KIC, un partenariat public privé européen pour l’action environnementale parmi les plus importants au monde, et dont le programme d’accélération a déjà bénéficié à 2000 startups dont 100 suisses.

En termes de capital d’amorçage, les projets à impact écologique peuvent également compter sur des subventions de la Confédération. Des représentants de l’Office fédéral de l’environnement viendront sur le salon préciser la marche à suivre pour y être éligible. Une étape difficile reste cependant à franchir pour le secteur: celle de convaincre les capital-risqueurs d’investir des sommes plus importantes nécessaires à la R&D et au développement de marchés. Et le chemin est encore long.

Des investisseurs à convaincre

Selon le récent Swiss Venture Capital Report, seuls 3 millions ont été investis en capital risque dans les cleantech en Suisse en 2017. Une goutte d’eau en comparaison des 400 millions enregistrés par les technologies biomédicales ou les 320 millions placés sur les technologies de l’information. En cause selon plusieurs acteurs du secteur interrogés, une «aversion au risque» plus marquée chez l’investisseur suisse, hésitant à s’engager sur un marché encore volatile qui a vu beaucoup de sociétés naitre et disparaître ces dernières années.

Consciente de la difficulté des technologies vertes à drainer des financements, l’organisation du salon a mis en place une session de «speed dating» entre une dizaine d’investisseurs qui feront le déplacement et les entreprises. Adriano Bürgi, responsable du programme d’accélération de Climate-KIC Switzerland introduira plusieurs projets et voit des raisons d’être optimiste: «On sent qu’on arrive à un tournant dans l’intérêt des investisseurs pour les cleantech. La société zurichoise Climeworks, qui travaille sur la captation du carbone de l’air a levé plus de 30 millions en equity en 2018, notamment auprès de VC et d’une banque suisses. Des montants jamais encore vu sur le secteur dans le pays. Reste à savoir si le cas restera isolé ou non.»

Joan Plancade
Joan Plancade

JOURNALISTE

Lui écrire

Diplômé du master en management de l’Ecole supérieure de Commerce de Nantes, Joan a exercé pendant sept ans dans le domaine du recrutement, auprès de plusieurs agences de placement en France et en Suisse romande. Collaborateur externe pour Bilan, Il travaille en particulier sur des sujets liés à l’entreprise, l’innovation et l’actualité économique.

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