Bilan

Libre-échange: la Suisse perd du terrain

La conclusion de nouveaux accords commerciaux par l’Union européenne risque d’entraver la compétitivité des entreprises helvétiques.

Les paysans suisses s'opposent à une plus grande ouverture des frontières aux produits étrangers.

Crédits: Keystone

C’est une mauvaise nouvelle pour la Suisse! La politique commerciale de l’Union européenne (UE) prend un virage qui risque de nuire aux activités des entreprises helvétiques dans plusieurs pays. Trois mois après l’entrée en vigueur provisoire d’un accord économique et commercial avec le Canada, l’UE a finalisé en décembre 2017 un traité de libre-échange avec le Japon.

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Jusqu’à maintenant, les entreprises helvétiques possédaient un avantage compétitif grâce aux traités conclus entre la Suisse et ces deux pays. Désormais, ce ne sera plus le cas. «Cette situation conforte notre politique. Les accords que nous avons signés dans le passé évitent que nos entreprises soient discriminées par rapport à leurs concurrentes européennes à cause des nouveaux accords conclus par l’UE. C’est un atout primordial», affirmait l’ambassadeur Christian Etter, délégué du Conseil fédéral aux accords commerciaux, dans une interview publiée par Bilan en été 2017.

Les discussions avec le Mercosur ne font que débuter

Ce n’est pas tout. Dans la courant de cette année, l’UE s’apprête à moderniser son accord avec le Mexique et espère conclure avec le Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay et Paraguay). Et elle négocie aussi avec l’Indonésie et l’Inde. Or, la Suisse cherche également à actualiser son traité avec le Mexique, alors que les discussions avec le Mercosur ne font que débuter. De même, elle se heurte à plusieurs difficultés (protection de la propriété intellectuelle) avec l’Inde.

Tant pour la Suisse que pour l’UE, l’obstacle principal à surmonter avec le Mexique et le Mercosur réside dans l’ouverture de leur frontière aux produits agricoles. Ces derniers cherchent en effet à exporter davantage de viande, de sucre, de fruits, etc. vers les pays européens à fort pouvoir d’achat.

Les paysans suisses opposés à plus d'ouverture

«Nos partenaires lient de plus en plus la réduction des droits de douane que nous postulons pour nos produits industriels à l’ouverture de nos frontières pour les produits issus de l’agriculture. Il faut voir au cas par cas si on peut trouver des compromis», constatait Christian Etter dans la même interview.

Selon le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann, «la conclusion d’accords de libre-échange est dans l’intérêt de notre économie dans son ensemble. Elle est supportable pour l’agriculture si on l’accompagne de mesures de soutien.» Mais les paysans helvétiques s’opposent à une plus grande ouverture des frontières prévue par la politique agricole 2022. Ils estiment que celle-ci veut «sacrifier l’agriculture» sur l’autel du commerce.

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Jean Philippe Buchs
Jean-Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

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Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

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